Trump : Déjà un mois de violence

Dès les premiers jours, le ton belliqueux et méprisant à l’égard du reste du monde confirment le caractère fascisant du nouveau président américain et de son entourage d’extrême droite.

Denis Sieffert  • 8 février 2017
Partager :
Trump : Déjà un mois de violence
© Photo : NICHOLAS KAMM/AFP

L’économiste américain Gerald Epstein ose la comparaison : le programme de Donald Trump présente quelques redoutables parentés avec celui du Dr Schacht, ministre de l’Économie d’Hitler entre 1934 et 1937. Un programme ultra-volontariste qui n’est réalisable que par un pouvoir autoritaire aux mains de personnages sulfureux. Le ton belliqueux et méprisant à l’égard du reste du monde, notamment en matière environnementale, et le sinistre décret discriminatoire interdisant l’entrée des ressortissants de sept pays musulmans confirment le caractère fascisant du nouveau président américain et de son entourage d’extrême droite. Mais un vaste mouvement de résistance s’organise.

Dès sa deuxième semaine à la Maison Blanche, Trump a engagé un bras de fer avec la justice. Un juge de Seattle, James Robart, a bloqué le décret présidentiel. Sa décision a été confortée par la cour d’appel fédérale de San Francisco. Cependant, l’affrontement est loin d’être terminé. Tous les jours, des centaines de milliers de personnes manifestent contre le décret discriminant, c’est-à-dire en fait contre tout ce que représente Trump. Mais gare aux effets d’optique ! Même si le président bat des records d’impopularité au cœur de ce qu’on appelle généralement l’état de grâce, il est toujours soutenu par son électorat blanc du Midwest et du Sud, et par les chômeurs de la région des Grands Lacs.

Les causes de sa victoire n’ont pas disparu. Il ne suffira pas que Trump se rende encore plus haïssable auprès de cette partie de la population qui le déteste de toute façon. Il faudra qu’une politique sociale et écologique alternative devienne lisible pour tous.

À lire dans ce dossier :

• Trump : Des dégâts sur tous les fronts

• Trump ravive la démocratie malgré lui

Gerald Epstein : « Le programme de Trump rappelle celui d’Hitler de 1934 à 1937 »

Monde
Publié dans le dossier
Trump : Déjà un mois de violence
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Récit 12 mars 2026 abonné·es

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande

Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.
Par William Jean
Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron
Analyse 12 mars 2026 abonné·es

Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron

Avec la nouvelle dissuasion avancée, Emmanuel Macron met la doctrine française au cœur du débat stratégique européen. Dans un contexte géopolitique instable, cette évolution se veut être une garantie d’indépendance militaire. Une démonstration de force qui montre aussi ses fragilités.
Par Maxime Sirvins
« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »
Entretien 12 mars 2026

« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »

Dissuasion avancée, intérêts vitaux européens, armes tactiques, désarmement : la chercheuse, Maïlys Mangin, décrypte les ressorts et les limites d’une mise à jour stratégique majeure opérée par Emmanuel Macron dans son discours à l’Île Longue.
Par William Jean
Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump
Monde 11 mars 2026 abonné·es

Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump

Le 11 mars, le président sortant Gabriel Boric a passé officiellement la main à l’ultraconservateur José Antonio Kast, après une période de transition conflictuelle au sujet d’un projet de câble sous-marin avec la Chine. Avec ce nouveau gouvernement, Donald Trump renforce son influence en Amérique latine et accentue les conflits dans la région.  
Par Marion Esnault