Gouvernance partagée : soif d’idéal et gueule de bois

Une aspiration à la coopération apparaît en de multiples lieux, des « places occupées » au monde feutré des grandes entreprises. Un mouvement qui interroge et invite les militants du « commun » à certaines précautions.

Erwan Manac'h  • 16 décembre 2020 abonné·es
Gouvernance partagée : soif d’idéal et gueule de bois
© Rodrigo Avellaneda / Anadolu Agency/AFP

Parole d’acteurs de terrain, une vague monte dans la brume, encore sourde mais déjà puissante. « Cela fait vingt ans que je suis impliquée dans les pratiques coopératives et je vois vraiment les choses évoluer ces derniers temps. Beaucoup de gens réfléchissent, tentent de faire les choses différemment », témoigne Daphné Gaspari, psycho--sociologue et formatrice.

Coopérer n’est pas une idée neuve qui aurait attendu les générations Y puis Z, pour émerger. Les entreprises coopératives, l’éducation populaire ou même le socialisme utopique du début du XIXe siècle en avaient fait leurs fondations, en puisant eux-mêmes dans la coutume populaire des formes anciennes de sociabilité fondées sur l’entraide. L’idée semble néanmoins resurgir sous les atours de la nouveauté. On parle de « gouvernance partagée », de « sociocratie », d’« intelligence collective », et toutes les forces progressistes sont tendues vers le « principe du commun ».

Cette nouvelle manière de voir l’action politique, hors des champs du marché ou de l’étatisme, puise sa source dans les écrits de l’économiste Elinor Ostrom, qui publie

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Publié dans le dossier
Gouverner sans chef, c'est possible
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« Dans les grandes métropoles, le RN peine à dépasser les 10 % »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

« Dans les grandes métropoles, le RN peine à dépasser les 10 % »

Le politiste Jérémie Poveda analyse les résultats contrastés du Rassemblement national, révélateurs des limites d’implantation locale du parti, malgré le maintien de ses bastions et des scores très importants, comme à Toulon ou Marseille.
Par Juliette Heinzlef
Dans le Pas-de-Calais, la crainte d’un bassin miné par l’extrême droite
Reportage 16 mars 2026 abonné·es

Dans le Pas-de-Calais, la crainte d’un bassin miné par l’extrême droite

À Lens, après la réélection du maire socialiste, le soulagement est teinté d’inquiétude. Le Rassemblement national a remporté dès le premier tour trois communes alentour et pourrait en gagner d’autres dimanche prochain.
Par Pauline Migevant
À Toulon, les collectifs progressistes veulent empêcher le RN d’obtenir sa prise de guerre
Reportage 16 mars 2026 abonné·es

À Toulon, les collectifs progressistes veulent empêcher le RN d’obtenir sa prise de guerre

Laure Lavalette, candidate RN – mais sans étiquette pour ces élections – est arrivée largement en tête au premier tour. Dès dimanche soir, un front républicain autour de Josée Massi, la maire sortante divers droite, se construit pour éviter le parti d’extrême droite d’emporter la préfecture du Var.
Par Pierre Jequier-Zalc
« Je sais que c’est possible » : à Tours, le maire écolo Emmanuel Denis érige l’union en modèle
Reportage 16 mars 2026 abonné·es

« Je sais que c’est possible » : à Tours, le maire écolo Emmanuel Denis érige l’union en modèle

Élu de cette « vague verte » il y a six ans et précurseur de l’union de la gauche, le maire de Tours défend l’utilité de l’écologie politique. Et plaide fermement pour la nécessité du rassemblement.
Par Lucas Sarafian