Sarkozy se relance à coups d’emprunts

Sous la solennité de la mise en scène, malgré un discours émaillé de références républicaines et de condamnations du capitalisme financier, c’est bien la fin du modèle social français qu’a annoncée le chef de l’État.

Michel Soudais  • 25 juin 2009 abonné·es
Sarkozy se relance à coups d’emprunts

La forme ne doit pas faire oublier le fond. À Versailles, le chef de l’État a sciemment joué de la mise en scène solennelle que lui permet la modification constitutionnelle et de la nouveauté de cette manière de s’adresser au pays, par-delà les parlementaires réduits à un rôle de figuration, pour faire oublier la continuité de son discours libéral. Sur la forme, l’innovation est pourtant limitée. « Depuis 1875, le chef de l’État n’avait pas le droit de venir parler devant les Assemblées. Il ne pouvait communiquer avec elles que par des messages écrits qu’on lisait à sa place » , a d’emblée rappelé Nicolas Sarkozy. Lundi, le président de la République a lu lui-même un ­discours écrit par d’autres. Et sans grand relief. Après quarante-cinq minutes de monologue présidentiel, on cherchait encore la vision présidentielle des évolutions du monde que nous annonçaient les ministres, les dignitaires de l’UMP et les commentateurs patentés. Nicolas Sarkozy n’a rien dit sur les relations internationales. Comme si le domaine réservé du président de la République devait plus que jamais le rester. Rien non plus sur la politique européenne de la France.

En guise de vision, le chef de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 abonné·es

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ces 9, 10 et 11 octobre, les 140 000 inscrits à la primaire de la gauche sociale-démocrate se prononcent au cours d’un scrutin en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : une victoire du coprésident de Place publique serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain
Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne
Analyse • 7 octobre 2026 abonné·es

Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne

Face à un mouvement lycéen d’une ampleur inédite, les partis de gauche se sont unanimement ralliés à la cause lors des manifestations du 6 octobre. Certains, LFI en tête, ont été plus prompts que d’autres à se rendre sur les blocus lycéens.
Par Névil Gagnepain
Affaire Bardella : la « dédiabolisation » du RN à l’épreuve, mais pour quel électorat ?
Analyse • 1 octobre 2026 abonné·es

Affaire Bardella : la « dédiabolisation » du RN à l’épreuve, mais pour quel électorat ?

Après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites attribués à Jordan Bardella, l’affaire pourrait fragiliser les électeurs les plus récemment ralliés au RN, davantage sensibles à l’image de respectabilité que le parti cherche à construire. Une hypothèse qui reste, à ce stade, impossible à mesurer électoralement.
Par William Jean
Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !
Élections • 28 septembre 2026 abonné·es

Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !

Des élections sénatoriales sous haute discrétion au palais du Luxembourg. La droite conserve sa majorité avec 127 sièges, mais l’extrême droite fait une entrée remarquée : RN-UDR passent de 3 à 14 sénateurs, ce qui leur permet de former un groupe autonome. Face à cette arrivée, les ténors de la droite et du centre affichent leur sérénité.
Par William Jean