Henri Leclerc : « Réduire les libertés ne sert à rien »

Henri Leclerc analyse les effets délétères de l’état d’urgence et la réforme de procédure pénale présentée par le gouvernement, dont il dénonce le discours sécuritaire.

Lena Bjurström  • 10 février 2016 abonné·es
Henri Leclerc : « Réduire les libertés ne sert à rien »
Henri Leclerc Avocat et président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme.
© PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE/AFP

Après le projet de modification de la Constitution, les députés se pencheront le 16 février sur la prolongation de l’état d’urgence. En parallèle, le gouvernement a présenté une réforme de la procédure pénale intégrant certaines mesures réservées jusqu’à présent à cet état d’exception. Pour Henri Leclerc, les projets du gouvernement entraînent la société sur une pente dangereuse.

Le gouvernement entend prolonger l’état d’urgence. Est-ce justifié selon vous ?

Henri Leclerc Cette prolongation n’est évidemment pas justifiée. Certes le gouvernement dispose d’informations que je n’ai pas sur la situation. Mais, si l’état d’urgence peut être nécessaire pour répondre à des crimes comme ceux que nous avons connus le 13 novembre, il doit être extrêmement limité dans le temps. J’étais déjà préoccupé par la première prolongation du 20 novembre, car, à partir du moment où l’on affirme que l’état d’urgence est nécessaire pour éviter un acte terroriste, il est bien évident qu’aucun gouvernement n’osera jamais renoncer à sa prolongation.

Ce discours, qui est celui de Manuel Valls quand il dit que l’état d’urgence sera prolongé tant que la menace de Daech

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
« Les révolutions sont des imaginaires puissants »
Entretien 12 juin 2026 abonné·es

« Les révolutions sont des imaginaires puissants »

Dans un temps marqué par la montée des extrêmes droites, l’historienne Mathilde Larrère s’attarde sur ce que la gauche fait de sa mémoire révolutionnaire, endroit fécond où inventer l’avenir.
Par Juliette Heinzlef
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre