Donald Trump et Ted Cruz ignorent une étude inquiétante de la revue « Nature »

Les deux candidats Républicains américains jurent publiquement qu’ils annuleront toutes les décisions climatiques de Barak Obama au moment où une étude annonce  une sidérante hausse du niveau des mers

Claude-Marie Vadrot  • 1 avril 2016
Partager :
Donald Trump et Ted Cruz ignorent une étude inquiétante de la revue « Nature »
© Photo: Biosphoto / Minden Pictures / Matthias Breiter

Les deux candidats Républicains à la primaire américaine, poursuivant leur virulente campagne climato-sceptique, viennent d’expliquer dans des discours et des communiqués que s’ils étaient élus président, ils feraient immédiatement annuler toutes les décisions de l’administration de Barak Obama destinées à lutter contre le réchauffement de la planète ; et qu’ils s’opposeraient à toute ratification des accords climatiques déjà signés. Au moment où la revue scientifique Nature mettait en ligne une étude montrant que le réchauffement commençait à devenir hors de contrôle dans la zone antarctique (Lire ici).

Dans l’étude publiée cette semaine, les scientifiques qui l’ont menée à bien, expliquent que la hausse du niveau des mers pourrait être de plus de 15 mètres en 2500 et de plus d’un mètre en 2100, si les émissions de gaz à effet de serre continuaient à croître. Éventualité qui entraînerait des situations catastrophiques et ingérables dans de nombreux pays. Y compris aux Etats-Unis où plusieurs grandes villes pourraient être rayées de la carte. On est désormais loin des prévisions qui redoutaient une hausse du niveau de la mer d’une trentaine de centimètres pour 2100, dans la mesure où toutes les observations précédentes paraissent désormais dépassées.

Adam Levy, l’un des scientifiques qui a participé à cette étude et qui se consacre à l’observation de l’évolution de la couche de glace en Antarctique, et son co-auteur Rob DeConto de l’Université du Massachusetts, expliquent que la fonte actuelle « est littéralement en train de modifier les contours des terres émergées de la planète quand on l’observe depuis l’espace ». Les deux chercheurs se sont rendu compte que la situation est telle qu’elle « pourrait entraîner au cours des prochaines décennies un effondrement, impossible à arrêter, des amas glaciaires de glaces autour du Pôle Nord, parce qu’ils se révèlent encore moins stables que nous le pensions ».

D’après DeConto et un autre auteur, David Pollard, chercheur de l’université d’Etat de Pennsylvanie, les principales causes de cette fonte accélérée seraient liées au réchauffement des courants océaniques qui «se glissent sous la glace et la rongent »; effets conjugués avec « la hausse des températures de l’atmosphère qui en fait fondre la surface, créant une multitude de lacs accélérant la fonte et entraînant des réactions en chaîne qui morcelleront la banquise et entraînant l’effondrement des falaises de glace sous leur propre poids ». Ce qui signifie, expliquent les deux scientifiques, « que nos modèles montrent que c’est le réchauffement de l’atmosphère qui affectera le plus la couverture glaciaire de l’Antarctique (…) ce qui explique qu’une fois le processus de désintégration des glaces enclenché il sera pratiquement impossible d’y mettre un terme ». Les scientifiques redoutent que les phénomènes de fonte et d’effondrements qu’ils ont mesurés et constatés au Groenland en train de perdre sa glace permanente, se reproduisent partout dans la région nord de la planète.

Conclusion de Rob DeConto : « l’Humanité est désormais face à un choix qu’il n’est plus possible d’ignorer ». Mais ni Donald Trump ni Ted Cruz ne semblent avoir lu le rapport publié par Nature

Monde
Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre
Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »
Entretien 7 juillet 2026 abonné·es

Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »

Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël en mars, 4 319 Libanais ont été tués et 12 000 blessés. Le chirurgien britannique Ghassan Abu Sittah, d’origine palestinienne, revient sur les conséquences de la guerre au Liban et dresse un parallèle avec l’enclave de Gaza.
Par Hugo Lautissier
« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »
Entretien 29 juin 2026 abonné·es

« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »

Thierry Labica, enseignant au département d’études anglophones de l’université de Nanterre, revient sur les causes de la démission du Premier ministre britannique, ses promesses trahies, sa grande impopularité, son action au sein du Labour pour chasser toute son aile gauche. Et dresse le portrait ambigu du travailliste Andy Burnham, son probable successeur.
Par Olivier Doubre