Israël-Palestine : briseurs de silence

Ancien soldat de l’armée israélienne, Yehuda Shaul a fondé l’association Breaking the Silence, réunissant d’anciens militaires qui dénoncent les « techniques » de contrôle des Palestiniens.

Émilie Baujard  • 1 novembre 2018 abonné·es
Israël-Palestine : briseurs de silence
La couverture du hors-série Politis-Orient XXI, paru en octobre-novembre 2018.
Un hors-série Politis et Orient XXI

Dans ce hors-série paru en 2018, Politis et Orient XXI retraçaient l’histoire complexe des relations entre Israël et Palestine. Un numéro exceptionnel à retrouver sur notre boutique.

Le Livre noir de l’occupation israélienne : les soldats racontent (éditions Autrement, 2013) donne un aperçu des neuf cent cinquante histoires collectées par l’association Breaking the Silence (Briser le silence) depuis 2004. Yehuda Shaul, soldat de l’armée israélienne entre mars 2001 et mars 2004, a voulu montrer le vrai visage de l’occupation militaire : ses buts véritables, ses exactions et son inefficacité. Une démarche compliquée dans un pays où le service militaire est obligatoire et dure deux ans pour les filles, trois ans pour les garçons. Au mieux, les briseurs de silence sont traités de menteurs, au pire de traîtres.

Est-il facile de critiquer l’armée israélienne en Israël aujourd’hui ?

Yehuda Shaul : Au sein de la société israélienne, l’armée a un rôle très important. Elle est très respectée : c’est sûrement l’une des institutions les plus respectées dans notre pays. Et ce pour plusieurs raisons, liées à notre histoire et à la façon dont elle a défendu notre pays dans le passé. C’est ce qui rend la critique difficile. Quand vous parlez des exactions de l’armée, personne ne veut vraiment voir ni écouter.

Les témoignages du Livre noir de l’occupation israélienne couvrent une période qui va de 2000 à 2010. Certains soldats ont attendu dix ans avant de parler…

Beaucoup de soldats ont servi dans les territoires palestiniens et se rendent compte aujourd’hui que ce qui s’y passe est moralement condamnable. Une fois que vous y réfléchissez, que vous êtes de nouveau un civil, vous voyez les choses de manière différente. Vous ne les envisagez plus à travers le prisme du cercle militaire. À ce moment-là, de nombreux soldats, moi compris, ne peuvent plus cautionner ce qu’ils ont fait. La terminologie militaire qu’on nous a rabâchée n’a soudain plus aucun sens. Et on se met à parler.

Vous décrivez plusieurs tactiques militaires qui permettent à l’armée de « contrôler » les Palestiniens. Pouvez-vous donner un exemple ?

Tous les jours, les soldats sont envoyés

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