La guerre sociale de Macron

Derrière la mobilisation du 5 décembre, très fédératrice, se joue une bataille d’ampleur pour stopper l’offensive néolibérale sans précédent de l’actuel gouvernement.

Michel Soudais  • 4 décembre 2019 abonné·es
La guerre sociale de Macron
© Manifestation de pompiers et de personnels de santé le 15 octobre à Paris.Karine Pierre /AFP

C’est un détail parmi les nombreux marchés passés par l’État. Mais à quelques jours du déclenchement de la mobilisation sur les retraites, une information publiée au Bulletin officiel des annonces des marchés publics et aussitôt diffusée sur les réseaux sociaux, le 27 novembre, a pris valeur de symbole. Le gouvernement venait de passer commande de 1 280 lanceurs de balles de défense mono-coup et 450 lanceurs multi-coups auprès de deux entreprises françaises pour un montant de plus de 2,3 millions d’euros. Que l’exécutif, malgré les condamnations unanimes des médecins, des instances internationales et les trop nombreuses blessures infligées par l’usage de cette arme, ait décidé d’en acquérir une telle quantité n’est-il pas le signe d’un pouvoir en guerre contre son peuple ?

L’expression paraîtra sans doute excessive à des oreilles policées. Ce serait passer sous silence la « révolution » – titre de son livre-programme de 2016 – qu’Emmanuel Macron veut imposer à toute force au pays, en dépit des circonstances de son élection davantage due au rejet de son adversaire

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »
La Midinale 26 mars 2026

« Le macronisme se dissoudra dans la bonne vieille alternance gauche-droite »

Pour décrypter les résultats des municipales 2026 et se projeter dans la présidentielle 2027, John-Christopher Rolland, maître de conférences à l’université de Nanterre, est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite
Reportage 25 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite

À Limoges, la victoire a, pour la troisième fois d’affilée, échappé à la gauche lors du scrutin municipal. Une déception d’autant plus forte qu’insoumis, socialistes, écologistes et communistes s’étaient décidés à partir main dans la main pour ce second tour.
Par Alix Garcia
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian