Genou à terre

La mort de George Floyd, sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis, a déclenché une explosion de colère partout dans le monde.

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La mise à mort de George Floyd, sous le genou d’un policier blanc de Minneapolis, a déclenché une explosion de colère partout dans le monde devant le déni des pouvoirs face au racisme, aux violences policières, à certaines pratiques des forces de l’ordre, à l’impunité pour leurs actes.

Il n’est pas surprenant qu’une des fortes répliques au soulèvement états-unien se situe en France. L’affaire Adama Traoré, très similaire à celle de Minneapolis, est devenue l’emblème de la version nationale du problème.

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Le gouvernement rejette la comparaison : la France n’est pas les États-Unis. Pourtant, on y est parfois au-delà. Le député Éric Ciotti (LR), avec 28 collègues, a déposé, fin mai, une proposition de loi menaçant de 15 000 euros d’amende et d’un an de prison la divulgation d’images sur la police. 

À Minneapolis, la jeune fille qui a témoigné de l’agonie de George avec son mobile a été félicitée. Les autorités se sont engagées à réformer la police avec l’appui de la population pour élaborer un nouveau modèle de sécurité publique. À Paris, on en est bien loin. 

À part l’aveu qu’il existe un problème, Christophe Castaner s’en est tenu à quelques aménagements (pratiques de la police, contrôles internes). Pour le ministre de l’Intérieur, et tout autant pour le président Macron, retranché dans un silence impuissant, l’institution n’est pas en cause, seulement quelques brebis galeuses à sanctionner. Aux États-Unis, des fonctionnaires de police ont mis un genou à terre, reproduisant le geste de protestation contre le racisme. La République française, elle, reste droite dans ses bottes.

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