Le fantasme du sauvage

Des rapaces accusés de dévorer des vaches vivantes, des castors soupçonnés d’engloutir le poisson… Certaines espèces sont menacées par les hommes en raison des légendes qu’elles suscitent.

Claude-Marie Vadrot  • 9 juillet 2009 abonné·es
Le fantasme du sauvage

Quand les vautours fauves pyrénéens sont accusés d’attaquer puis de dévorer des vaches et des chevaux vivants, les protecteurs de la nature sentent poindre la hantise du « sauvage » qui gagne peu à peu une partie de la France, alors que la biodiversité a tendance à se réduire. Deux mondes aux contours mal définis s’opposent : celui qui ressent le « sauvage » comme une gêne, un désordre insupportable, et celui pour lequel les espèces sauvages suscitent une curiosité et une demande grandissantes, un attrait pour une biodiversité non réductible aux ours et aux loups enfiévrant les imaginations, les légendes, les politiques et les chasseurs… Ces derniers ne raisonnant qu’en fonction du « sauvage » qu’ils peuvent pointer avec leurs fusils : des sangliers apprivoisés et proliférants aux faisans élevés au grain. Une version de la nouvelle lutte entre l’écolo des villes et l’écolo des champs. Pour une part de notre société en voie de sécurisation, ce qui échappe à notre contrôle – les animaux qui n’en font qu’à leur tête – suscite méfiance ou désir de destruction. Et les élus privilégient ceux qui peuvent se voir et attirer les touristes. Les animateurs de réserves naturelles ou de parcs nationaux étant fermement priés d’organiser des

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Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

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