« La chasse aux syndicalistes est ouverte »

Pour réprimer les mouvements sociaux, le patronat n’hésite plus à assigner des salariés au tribunal et la justice à prononcer des peines sévères, comme en témoigne notamment l’affaire Goodyear.

Vanina Delmas  • 17 février 2016 abonné·es
« La chasse aux syndicalistes est ouverte »
© Photo : FREDERICK FLORIN / AFP

autocollants « Luttons tous ensemble pour nos emplois » recouvrent les voitures étincelantes du stand Ford. Une tradition pour quelques salariés et élus CGT de l’usine Ford Blanquefort, près de Bordeaux, qui s’invitent à chaque salon depuis 2008. Leur action pacifiste fait le tour des médias et fait sourire tout le monde… sauf leurs dirigeants.

Un an et demi plus tard, quatre militants syndicaux sont convoqués au commissariat du XV e arrondissement de Paris parce que leur grand patron a porté plainte deux fois pour « dégradation du stand ». « Ce qui nous interpelle, c’est que l’affaire Ford était en bas de la pile au commissariat. C’est le parquet qui a décidé de faire remonter les plaintes », explique Philippe Poutou, employé de l’usine et délégué CGT. Parallèlement, ces mêmes militants ont reçu un avertissement de la direction, qui affirme qu’une voiture a été abîmée en 2012. Ils saisissent aussitôt le conseil des prud’hommes. Après trois ans de procédure, ils viennent d’être déboutés. Et le ton du jugement est à charge : « À l’origine d’un préjudice financier modéré mais incontestable », « manquement à leur obligation de loyauté », « abus dans leur exercice de leur liberté d’expression »… « Nous avons l’impression que ça laisse un boulevard énorme

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Société Travail
Temps de lecture : 7 minutes

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