« Le moratoire était possible depuis deux ans »

Le gouvernement a décidé vendredi d’un moratoire sur la culture du maïs OGM. Pour le biologiste Gilles-Éric Séralini*, c’est une conséquence du Grenelle de l’environnement, qui a changé les rapports de force.

Patrick Piro  • 17 janvier 2008 abonné·es

Le Comité de préfiguration [^2] s'est prononcé en faveur d'un moratoire sur la culture du maïs transgénique Mon 810 de Monsanto, au nom des risques environnementaux et sanitaires. Ses arguments n'étaient-ils pas connus de longue date ?

Gilles-Éric Séralini : L'avis délivré par cette instance est une réévaluation de l'étude menée en 1998 par la Commission du génie biomoléculaire (CGB), qui avait alors conclu à son innocuité malgré des doutes scientifiques sérieux. Dans cette commission, j'avais demandé dès cette époque des études à long terme, sans succès. Le moratoire était donc à mon sens plus que nécessaire : depuis 2006, on a mis en évidence d'autres effets négatifs, comme la dissémination de pollen OGM jusqu'à 100 kilomètres de sa source, ainsi que des impacts sur la vie dans le sol, notamment sur les vers de terre. Tout cela aurait pu être pris en compte, mais la CGB, qui avait pour mission de s'autosaisir sur tout sujet jugé pertinent par

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 4 minutes

Pour aller plus loin…

La paysannerie mondiale résiste encore
Reportage 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
En Suisse, avec le berger qui défend les loups
Portrait 17 avril 2026 abonné·es

En Suisse, avec le berger qui défend les loups

Dans le Jura vaudois, Fabrice Monnet a passé une grande partie de l’hiver à patrouiller dans les montagnes avec son association pour empêcher l’abattage du grand prédateur. L’homme est devenu une figure militante, non sans agacer éleveurs et pouvoirs publics.
Par Louis Bolla
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
Inondations : réparer ou prévenir ?
Parti pris 25 février 2026

Inondations : réparer ou prévenir ?

Alors que l’extrême droite impose ses thèmes dans le débat public, des inondations historiques frappent la France dans une indifférence inquiétante. Ces catastrophes, loin d’être de simples aléas, révèlent nos choix politiques, nos renoncements et l’urgence de changer de modèle.
Par Pierre Jacquemain