Annales de l’ignoble

Réalisé par l’association homonyme regroupant des chercheurs, des enseignants ou des militants associatifs, le premier volume de « Cette France-là » recense et analyse dans les moindres détails les effets de la politique française d’immigration depuis le jour de l’élection de Nicolas Sarkozy.

Olivier Doubre  • 12 mars 2009 abonné·es

Les élus, ministres, parlementaires, magistrats et fonctionnaires qui recevront le premier opus de Cette France-là iront-ils jusqu’au bout de leur lecture ? Oseront-ils seulement parcourir cette recension détaillée des effets de la politique de l’immigration qu’ils ont fait adopter ou mettent en œuvre ? Et si oui, comment se regarderont-ils ensuite, le matin en se rasant ? C’est une des questions que certains lecteurs ne manqueront pas de se poser au fil des pages de ce gros (et beau) livre relatant « cette France-là, la France qui prend forme depuis le 6 mai 2007 », c’est-à-dire depuis l’arrivée à l’Élysée de celui qui s’est « engagé à faire de la politique d’immigration et de l’identité nationale une clé de voûte de son mandat ».

Un des parcours présentés dans Cette France-là : William Opoku, 35 ans, Ghanéen expulsé le 17 juin 2008, ici en compagnie de sa femme Elise Maximin, de nationalité française. DR

Près de deux mille de ces responsables politiques ou administratifs devaient en effet recevoir gracieusement l’ouvrage la semaine dernière, en espérant qu’ils ou elles se demandent si cette politique menée par la France « mérite d’être soutenue, au risque d’en assumer la responsabilité historique ». C’est donc aussi pour l’histoire que les chercheurs, juristes, militants associatifs, philosophes ou journalistes réunis dans l’association Cette France-là (qui était en 2007 intervenue dans la campagne présidentielle par une série d’affiches avec la photo d’une personne expulsée sous-titrée « cette France-là, vous l’aimez ? Vous pouvez la changer » ) ont choisi de produire ce recueil de « contre-expertise », mobilisant les « savoirs et

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