Les «indignés» veulent faire date

Une journée de mobilisation mondiale des indignés doit se tenir le 15 octobre, après plus de cinq mois de rassemblements sur les places publiques du monde entier. La « marche des indignés » est arrivée à Bruxelles et Wall Street est occupé.

Erwan Manac'h  • 14 octobre 2011
Partager :
Les «indignés» veulent faire date

Les centaines de groupes locaux des «indignés» ont les yeux tournés vers la date du 15 octobre depuis plusieurs semaines. À 24h de l’échéance, le site internet multilingue 15october.net, dédié à la mobilisation, annonçait 911 rassemblements dans 82 pays. Le 15 octobre, ou «#15o» pour les adeptes de Twitter, doit être une démonstration de force. L’ampleur de la mobilisation déterminera la suite d’un mouvement civique inédit, qui dure depuis le mois de mai 2011.

Illustration - Les «indignés» veulent faire date

Partie d’Espagne à la fin du mois de juillet, la « marche des indignés », rejointe depuis par des Français, a rallié Bruxelles il y a une semaine. Un forum se tient dans les locaux d’une université désaffectée et un « média center » a été installé. Tout est en place pour faire éclore la plus forte mobilisation possible ce samedi.

« Nous sommes les 99 % !»

Le salut des indignés européens, qui peinent à élargir leurs rangs, viendra peut-être des États-Unis. Ces derniers jours, le mouvement d’occupation de Wall Street a sorti les indignés de l’oubli. Derrière un mot d’ordre choc – « Nous sommes les 99% !» -, le mouvement « Occupy Wall Street » réunit des centaines de New-Yorkais contre la concentration des richesses entre les mains des 1 % des personnes qui « ont créé le système économique néolibéral qui attaque nos droits et détruit l’environnement ». Le campement installé dans un square le 17 septembre est aujourd’hui menacé d’expulsion. Le 5 octobre, 700 personnes avaient été interpellées.

–15october.net, site multilingue sur l’appel mondial à la manifestation.

-Depuis le « média center » des indignés à Bruxelles, Le Buvard Bavard, blog de Badi Baltazar

En France, depuis la mi-mai, les indignés ont pris le sillage des Espagnols qui occupaient la Puerta del Sol. Après dix jours de mobilisation, le mouvement parisien s’était prolongé autour d’un noyau, fragilisé, entre autres causes, par la dureté de la répression policière. Depuis, les actions se poursuivent en petit comité et s’installent dans la durée.

À Madrid, les indignés du campement de la Puerta del Sol ont décidé de constituer un « mouvement politique [Democracia real ya] *, indépendamment des partis et syndicats. »* Ils travaillent notamment sur la rédaction d’une nouvelle Constitution. Quelques indignés parisiens, de leur côté, ont annoncé sur le net un rendez-vous devant l’arche de la Défense, « au cœur des affaires financières » , le 5 novembre prochain.

Pour renforcer la mobilisation ce samedi 15 octobre, un collectif d’organisations a pris le pas sur l’appel des indignés, qui se veulent toujours « apolitique et asyndicaux ». Attac, le DAL, RESF, la Marche mondiale des femmes, SUD PTT, Solidaires, ou encore le NPA, le PCF, le PG, la Fase et les Alternatifs ont appelé à rejoindre la mobilisation.

Suivre la mobilisation sur Twitter :

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes
Violences • 13 octobre 2026

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes

Après plusieurs mutilations de lycéens, une pétition réclame l’interdiction de plusieurs armes et techniques policières lors des manifestations lycéennes. Une demande loin d’être récente malgré des avertissements répétés, jusqu’aux Nations unies.
Par Maxime Sirvins
OQTF : « Ma plus grande peur, c’était de savoir si j’allais sortir de ce commissariat »
Entretien • 13 octobre 2026 abonné·es

OQTF : « Ma plus grande peur, c’était de savoir si j’allais sortir de ce commissariat »

Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, Fatima a eu peur de porter plainte après une agression subie en octobre. Le rejet de l’article 62 de la « loi intégrale » contre les VSS, lequel visait à protéger les femmes étrangères, ravive ses craintes quant à son droit d’être protégée.
Par Kamélia Ouaïssa
« Loi intégrale » contre les VSS : les femmes étrangères rejetées du texte
Analyse • 13 octobre 2026 abonné·es

« Loi intégrale » contre les VSS : les femmes étrangères rejetées du texte

Le 9 octobre, à l’Assemblée nationale, l’article 62 de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, lequel visait à protéger les femmes étrangères victimes de violences, a été rejeté. Les associations de terrain, elles, encaissent le coup avec un goût amer : celui de la trahison.
Par Kamélia Ouaïssa
Mobilisation lycéenne : à Assas, un blocus et des étudiants divisés sur la loi « casseur-payeur »
Reportage • 8 octobre 2026

Mobilisation lycéenne : à Assas, un blocus et des étudiants divisés sur la loi « casseur-payeur »

Pour la première fois depuis le début du mouvement dans les lycées, l’université parisienne Panthéon-Assas a été bloquée. Parmi les étudiants en droit de la faculté historiquement marquée à droite, les débats ne manquent pas, dont le futur projet de loi du gouvernement.
Par William Jean