« La bio, oui, mais pas à n’importe quel prix »

Philippe Baqué* a rassemblé une série d’enquêtes sur le « bio business » et propose une réflexion sur l’agriculture paysanne.

Thierry Brun  • 30 août 2012 abonné·es

Les auteurs de la  Bio entre business et projet de société   sont agriculteurs, journalistes, sociologues, militants et sont concernés par le devenir de l’agriculture biologique. Au travers de leurs enquêtes dans une dizaine de pays, dont la France, ils montrent qu’existe toujours une agriculture biologique fidèle à ses principes. Ils ont également rencontré des acteurs du marché industriel de la bio qui ont des pratiques très éloignées de ces principes. Le livre, coordonné par Philippe Baqué, ouvre un débat plus que jamais nécessaire : quel sens faut-il donner à la bio ?

Les enquêtes publiées dans votre livre mettent en doute un mode de développement de l’agriculture biologique. De quoi s’agit-il ?

Philippe Baqué : L’agriculture biologique ne peut se réduire à une agriculture certifiée, à un label et à un cahier des charges tel qu’il existe aujourd’hui. La réglementation européenne, qui la régit depuis 2009, s’appuie sur des critères purement techniques qui sont controversés. Il y manque la question sociale et un aspect véritablement environnemental.

Le travail collectif de ce livre est porteur d’autres valeurs, celles d’une agriculture paysanne qui fait référence à la charte de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (Ifoam), adoptée en 1972, et reprise par un certain nombre d’organisations de la bio. Elle définit des principes agronomiques, sociaux, environnementaux et politiques. Il y est question de solidarité et non de compétition ; d’agriculture

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