Alexis Tsipras et Slavoj Zizek : « Ramener de la rationalité et de l’espoir »

Dans un entretien mené par le journaliste croate Srecko Horvat, Alexis Tsipras et Slavoj Zizek débattent du rôle de la gauche dans l’avenir de l’Europe.

Olivier Doubre  • 12 septembre 2013 abonné·es

Le 15 mai dernier, quelques semaines avant l’entrée officielle de la Croatie dans l’Union européenne, le 1er juillet, se tenait à Zagreb, en Croatie, le 6e Festival subversif, dirigé par le journaliste Srecko Horvat. C’est dans ce cadre qu’a eu lieu cette longue discussion dont nous publions ici des extraits [^2]. Elle fait écho à la publication d’un livre écrit à quatre mains par Slavoj Zizek et Srecko Horvat, Sauvons-nous de nos sauveurs, préfacé par Alexis Tsipras, membre de Syriza, où les deux auteurs analysent la crise grecque et dénoncent les politiques néolibérales qui détruisent les États providence, en particulier ceux du Sud du continent. Ils appellent notamment les peuples à se débarrasser de ces soi-disant « sauveurs » de leurs économies, en réalité défenseurs de l’orthodoxie austéritaire.

La Croatie va entrer dans l’Union européenne au moment où celle-ci traverse la pire crise qu’elle ait connue. Pouvez-vous, Alexis Tsipras, à partir de la perspective grecque, nous dire à quoi peut s’attendre la Croatie ?

Alexis Tsipras :  Après cinq années consécutives de récession sévère, la Grèce connaît une véritable dépression et une crise humanitaire. Durant cette période, le PIB a chuté de 25 %. Nous avons officiellement 30 % de chômeurs, et près de 60 % chez les jeunes. Cette situation provient des politiques imposées au pays en raison de la crise de la dette. Or, je voudrais souligner que, quand la « troïka » est arrivée à Athènes, la dette publique tournait autour de 110 % du PIB ; elle s’élève aujourd’hui à 160 % ! Voilà le résultat des programmes dits de « sauvetage » de la Grèce. Ils ont en fait sauvé les banques

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