Tout le monde à table

Dans le flot des programmes de Noël, une série documentaire à la fois gourmande et historique.

Jean-Claude Renard  • 19 décembre 2013 abonné·es

C’est un marronnier. Chaque année, en période de fêtes, le téléspectateur a droit à ses bêtisiers et à ses menus festifs. Avec plus ou moins de bonheur et d’intérêt. Arte se singularise avec une série documentaire originale. Réalisée par Matthieu Valluet, elle entend revisiter l’histoire de la gastronomie en France et dans le monde, à travers une poignée de repas emblématiques.

Un voyage dans le temps qui va d’un dîner sous Marie-Antoinette à un repas élyséen, d’un menu italien à la table allemande, en passant par une dégustation japonaise, les épices de la Louisiane et les palaces de la Belle Époque. Si la série manque d’unité et de cohérence éditoriale (pourquoi le Japon et pas la Chine ?, pourquoi la Belle Époque et pas les années 1960, bouleversées par une nouvelle cuisine inscrite dans le mouvement de Mai 68 ?), présentée et confectionnée par Michel Roth (chef du Ritz macaronisé au Michelin), elle possède néanmoins quelques volets bien nourris. Comme celui consacré aux mères lyonnaises, ces premières femmes à entrer dans l’histoire de la gastronomie, entre le milieu du XIXe siècle et l’entre-deux-guerres. Toute une succession de femmes, propriétaires de leur établissement, au caractère bien trempé, conjuguant simplicité et raffinement. Qui toutes avaient en commun d’être nées humbles paysannes, d’avoir travaillé comme bonnes à tout faire dans les familles bourgeoises, avant de s’initier aux fourneaux. Des fourneaux fonctionnant comme un ascenseur social, comme une revanche qui, finalement, les voit cuisiner artichauts et foie gras ou poularde demi-deuil pour des clients qui étaient autrefois leurs employeurs.

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