« Les Combattants », de Thomas Cailley : L’amour en mode survie

Les Combattants, premier film réjouissant de Thomas Cailley.

Christophe Kantcheff  • 24 juillet 2014
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Un garçon tranquille, Arnaud (Kévin Azaïs), rencontre un casse-cou. Ou plutôt une casse-cou, Madeleine (Adèle Haenel). Une fille radicale, persuadée que la fin du monde est programmée et que la survie exige une préparation physique. C’est pourquoi elle nage avec un sac à dos rempli de lourdes tuiles dans la piscine de ses parents. C’est aussi pourquoi elle s’engage pour un stage d’initiation dans l’armée, elle qui ne répugne pas à faire le coup de poing contre les garçons. Arnaud n’a rien d’un dur à cuire, mais il est tombé amoureux de Madeleine, qui, elle, le traite de haut. Alors, au lieu d’aider son frère pour l’été dans l’entreprise familiale – leur père vient de mourir –, il s’engage lui aussi. Mais, des deux, le plus à même de s’adapter aux exigences militaires n’est pas forcément celui ou celle qui le désire le plus…

Les Combattants est une première œuvre réjouissante. Thomas Cailley filme avec prédilection la nature – les personnages sont sans cesse en entraînement à l’extérieur, puis Arnaud et Madeleine finissent par fuguer dans une forêt à la végétation épanouie. Sans les prétentions parfois pénibles des débutants voulant faire passer un message « social » ou « sociétal », Thomas Cailley rafraîchit le genre du film d’aventure, où le sentiment amoureux est aussi difficile à exprimer qu’un chemin dans la nuit noire à retrouver. Le film parvient à osciller entre différentes tonalités, celle d’un comique de situation quand Arnaud et Madeleine se soumettent aux rudes absurdités de la soldatesque, celle d’un lyrisme introverti et presque panthéiste quand ils se retrouvent seuls dans la forêt. Adèle Haenel confirme ici sa forte présence, et Kévin Azaïs est un doux amoureux non dénué de ressources. Les Combattants est une belle promesse.

Les Combattants , Thomas Cailley, 1 h 38. En salles le 20 août.
Cinéma
Temps de lecture : 2 minutes
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