À Paris, les syndicats de police se mobilisent : les contre-manifestants aussi

Ce lundi 2 mai, à Paris, s’est tenue une manifestation de policiers venus soutenir leurs collègues mis en examen après la mort de deux personnes le 24 avril dernier. En marge de ce rassemblement, familles de victimes et militants ont organisé une contre-manifestation, rapidement muselée par les forces de l’ordre.

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Une estrade. Des ballons de syndicats. Des journalistes partout. Et une sono qui diffuse une playlist de musiques actuelles. On se croirait un 1er mai. Sauf qu’en ce lundi 2, ce sont les policiers qui investissent la place Saint-Michel, à Paris. À l’appel du syndicat d’extrême-droite Alliance, ils sont ici pour protester contre la mise en examen de leur collègue ayant abattu deux personnes sur le Pont-Neuf au soir du second tour de l’élection présidentielle, le 24 avril. Olivier Varlet, le secrétaire général de l’UNSA Police, parle d’une « incompréhension totale » et préconise la « présomption de légitime défense et des magistrats spécialisés » dans le domaine de l’usage d’armes à feu. Une proposition qui figurait dans les programmes de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour.

« Se dresser pacifiquement »

C’est précisément pour dénoncer ces revendications qu’une contre-manifestation se déroule à quelques mètres de là. Mais la cinquantaine de personnes présentes ont à peine le temps de scander quelques slogans qu’au moins autant d’uniformes les chassent et les encerclent. « C’est toujours pareil. Ils nous entourent, nous bousculent, nous frappent un peu. Je ne sais pas si c’est très légal, mais je vais m’en remettre. Ce n’est pas ça qui va nous arrêter », assure Nadia, du collectif Vérité pour Souheil, prise au piège dans la nasse. Pour cet autre manifestant, qui se fait appeler « Le S », il est nécessaire de « se dresser pacifiquement et politiquement, leur dire qu’ils doivent arrêter leur racisme, leur violence. Et de nier l’état de droit ». Et d’ajouter que les policiers « n’ont pas à s’extraire du processus judiciaire ».

135 € d’amende

Ce que pointent les militants encerclés, c’est aussi l’article 435-1 du Code de la sécurité intérieure (depuis 2017, les policiers sont autorisés à faire usage de leurs armes dans les mêmes conditions que les gendarmes) : « Depuis la modification de la loi, on observe une nette augmentation des violences à la suite de contrôles routiers. Les policiers n’hésitent pas à tirer sur une voiture qui fait marche arrière », dénonce Amal Bentounsi, dont le frère a été tué par un policier en 2012 (lire ici et ).

Après une demi-heure d’encerclement, les manifestants sont exfiltrés un à un de la nasse. Suit un contrôle d’identité. À la clé, une amende de 135 € pour ne pas avoir déclaré le rassemblement : « Certes, on n’a pas les mêmes idées qu’Alliance. Mais on a répondu à leur appel. On nous en a empêché, mais on voulait se joindre à leur manifestation qui est tout à fait légale ! », ironise une militante.


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