Frontex, une troupe de choc en roue libre

Nombre de plaintes visent l’agence de gardes-frontières, sans que la Commission européenne trouve à y redire.

Olivier Cyran  • 15 juillet 2022 abonné·es
Frontex, une troupe de choc en roue libre
Des réfugiés afghans accostent sur l’île de Lesbos, en Grèce.
© Konstantinos Tsakalidis / SOOC / SOOC via AFP

Le 20 mars dernier, Frontex s’offrait une campagne de communication plutôt inattendue : une série de photos diffusées sur les réseaux sociaux montrait ses agents en uniforme distribuant des peluches à des enfants. « Un peu de joie pour les enfants ukrainiens », expliquait le community manager de l’agence, en précisant que cette « opération nounours » s’était déroulée dans la bourgade roumaine de Siret, à la frontière de l’Ukraine, et que les jouets destinés aux petits réfugiés de guerre provenaient d’une collecte de dons en Pologne. Apparemment, le budget pharaonique du corps européen de gardes-frontières ne lui permettait pas de se payer son propre stock de nounours.

En matière de changement d’image, il n’est pas certain que cette opération ait atteint tous ses objectifs. Elle n’a pas freiné, en tout cas, l’avalanche d’enquêtes, de plaintes et de témoignages exposant la complicité de Frontex avec les refoulements illégaux, violents et parfois meurtriers perpétrés par les gardes-frontières grecs contre les réfugiés arrivant de Turquie. Ces accusations de pushbacks ont abouti en avril à la démission de son directeur exécutif, Fabrice Leggeri, un énarque qui a suivi ses classes au ministère de l’Intérieur sous Jean-Pierre Chevènement.

En claquant la porte, Leggeri n’entendait nullement assumer sa responsabilité pour les violations massives des droits humains commises ou couvertes par Frontex depuis sa prise de fonction en 2015 : il s’agissait au contraire, a-t-il expliqué, de protester contre une réorientation de l’agence dans un sens trop favorable aux

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

La paysannerie mondiale résiste encore
Agriculture 20 avril 2026 abonné·es

La paysannerie mondiale résiste encore

Depuis 1996, le 17 avril marque la journée internationale des luttes paysannes. Face à la libéralisation des échanges et à l’accaparement des terres, le mouvement altermondialiste La Via Campesina coordonne la résistance de 200 millions de paysans à travers le monde.
Par Alix Garcia et Louis Meurice
Dans les hôpitaux de Beyrouth, une semaine en enfer
Récit 16 avril 2026 abonné·es

Dans les hôpitaux de Beyrouth, une semaine en enfer

Une semaine après la série de bombardements israéliens la plus intense depuis le début de la guerre, près de 100 frappes en moins de dix minutes à travers tout le Liban, les hôpitaux de Beyrouth ont absorbé l’afflux massif de victimes et tenu le choc, malgré un bilan de 357 morts et 1 223 blessés.
Par Hugo Lautissier
La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban
Reportage 14 avril 2026 abonné·es

La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban

Alors que l’armée israélienne avance au sud du Liban et cible massivement les civils, les habitants des villes et des villages craignent une « guerre finale » d’Israël pour occuper une partie du territoire.
Par Zeina Kovacs et Nissim Gasteli
Le Liban face à la machine de guerre israélienne
Analyse 14 avril 2026 abonné·es

Le Liban face à la machine de guerre israélienne

Depuis le 2 mars, le Liban est à nouveau plongé dans la guerre. L’armée israélienne semble plus que jamais inarrêtable et décidée à répéter une stratégie militaire déjà appliquée dans la bande de Gaza. Comme si l’enclave palestinienne avait été son laboratoire.
Par Céline Martelet