Montargis refuse d’être le laboratoire du Rassemblement national

Un mois après un scrutin particulièrement serré qui a vu la ville passer à l’extrême droite, les oppositions et associations rejettent les stéréotypes qui résument leur commune à une conquête du parti lepéniste.

Bérénice Paul  • 22 avril 2026 abonné·es
Montargis refuse d’être le laboratoire du Rassemblement national
Le canal de Briare à Montargis.
© Florian Pépellin / Wikipédia / CC BY-SA 4.0

Traversée par le Loing, également longée par le canal de Briare, Montargis offre l’image d’une ville presque bucolique, traversée par des ponts suspendus et des chemins bordés de platanes centenaires. La tranquillité des lieux est néanmoins éclipsée par l’obsession sécuritaire. En effet, depuis les émeutes de juin 2023 suite à la mort de Nahel Merzouk, la « Venise du Gâtinais » est régulièrement citée comme le symbole d'une « France en crise » dans laquelle l’insécurité et le délitement urbain seraient rois.

Un fantasme volontairement instrumentalisé par le candidat du Rassemblement national, Côme Dunis, qui a remporté cette ville jadis communiste aux dernières municipales, et qu’il n’hésitait pas à qualifier, pendant la campagne, de « capitale des violences urbaines ».

Soutenu par Thomas Ménagé, député de circonscription très impliqué dans la structuration du RN dans le secteur, l’ancien gilet jaune d’à peine 36 ans a été condamné en 2018 à trois mois de prison avec sursis pour le murage de l’entrée du centre des impôts de la ville. Il dénonçait « le matraquage fiscal ». À peine élu, il a pourtant décidé de mettre à l’ordre du jour l’augmentation de son indemnité, fixée à 2 705 euros mensuels, soit une hausse de 80 %. Un montant auquel s’ajoute son indemnité de vice-président de l’agglomération.

Dans son programme, Côme Dunis insiste sur les thèmes chers au RN : la sécurité et l’ordre public avec le renforcement de la police municipale et de la vidéosurveillance. « Ce qu’il faudrait plutôt, ce sont des éducateurs de rue », tranche Bruno Nottin, 52 ans, élu d’opposition au Parti communiste français (PCF) à Montargis depuis 2008. « Je ne pense pas que ces mesures suffisent à répondre aux besoins sociaux de la ville. Montargis compte 42 % de logements sociaux et 34 % de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit plus du double de la moyenne nationale », précise-t-il.

Arrivé deuxième au second tour avec 33 % des voix, Bruno Nottin, tête de liste d’Ensemble pour le changement à Montargis, a échoué de

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