Geoffroy de Lagasnerie : « La gauche s’est interdit de penser le néolibéralisme »

Le philosophe Geoffroy de Lagasnerie se penche sur les études de Michel Foucault pour réfléchir à une nouvelle politique de l’émancipation.

Olivier Doubre  • 31 janvier 2013 abonné·es

Que Michel Foucault se soit intéressé à la fin de sa vie, dans ses cours au Collège de France, aux théoriciens du néolibéralisme lui a valu nombre d’accusations de conversion à cette pensée. Geoffroy de Lagasnerie dément avec force cette interprétation tenace et répandue, et montre comment Foucault a utilisé la pensée néolibérale pour pointer les limites de la philosophie politique classique.

En quoi Michel Foucault a-t-il fait preuve d’audace en travaillant sur le néolibéralisme, dont la gauche méprisait, voire ignorait, les écrits des théoriciens ? Pourquoi cela lui a-t-il été tant reproché ?

Geoffroy de Lagasnerie : Le néolibéralisme occupe une position particulière dans l’espace intellectuel. Fonctionnant comme un repoussoir, il est constitué comme l’ennemi principal, le négatif de notre système de pensée. Depuis une trentaine d’années, il s’est construit une sorte de mur entre l’espace légitime de la réflexion et les auteurs néolibéraux, qui apparaissent comme étrangers au champ des références possibles. Foucault s’est affranchi de cette frontière. Il a décidé de lire les auteurs néolibéraux, de comprendre ce qu’ils ont essayé de faire. Au lieu

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier
La « nouvelle France », un débat qui vient de loin
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

La « nouvelle France », un débat qui vient de loin

De la pensée révolutionnaire au nouveau slogan des insoumis, l’universalisme français n’a cessé de muter selon les contextes, révélant une contradiction entre tentation hégémonique et volonté d’ouverture.
Par Juliette Heinzlef et Alix Garcia
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet