Au risque de Jacob Zuma

Le nouveau président de la République affirme vouloir continuer l’œuvre de Nelson Mandela, mais ses opposants le peignent comme autoritaire et démagogue. Tribune de Denis-Constant Martin*.

Denis Constant-Martin  • 4 juin 2009 abonné·es
Au risque de Jacob Zuma
© * Directeur de recherches à l’université de Bordeaux, Sciences-Po Bordeaux (CEAN), spécialiste de l’Afrique du Sud.

Costume sombre, parole ferme et digne, Jacob Zuma, élu le 7 mai à la présidence de la République d’Afrique du Sud, s’est présenté lors de sa prestation de serment en homme d’État. Il a insisté sur sa volonté de remettre à l’honneur les idéaux de la lutte incarnée par Nelson Mandela et s’est projeté comme un homme du renouveau ayant pour priorité la lutte contre la pauvreté. Son gouvernement, a-t-il affirmé, sera au service de tous les Sud-Africains, de quelque origine qu’ils soient ; il devra être travailleur et honnête. En ce 9 mai, devant la foule assemblée, sa gravité presque raide contredisait les images le plus souvent montrées pendant la campagne électorale : en militant portant T-shirt et blouson de cuir, orateur flamboyant, chanteur et danseur convaincant ; en traditionaliste zoulou, polygame, danseur encore mais vêtu de peaux de léopard. De toute évidence, une fois élu, il a d’abord voulu désamorcer les inquiétudes qu’il n’a cessé de susciter depuis plusieurs années.

Jacob Zuma fut vice-président de Thabo Mbeki, ce dernier l’ayant contraint à démissionner en juin 2005, arguant des présomptions de corruption qui pesaient sur lui. Les procédures se sont

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