La fuite des Syriens de Homs

À la frontière libano-syrienne, les réfugiés affluent. Ils viennent d’Homs, de Talqala ou de Zahra et ils témoignent de la sauvagerie de la répression. De notre envoyé spécial Jacques Duplessy.

Jacques Duplessy  • 22 mars 2012 abonné·es

En face de l’école Rama, à Wali Khaled, transformée en centre d’hébergement collectif pour les réfugiés syriens, une famille de Homs campe dans une maison en construction. Elle est arrivée dans cette petite ville frontière libanaise il y a six jours.

« Nous habitions le quartier de Bab Amro, près de la gare », raconte Farhan Abu Mouhamad, le chef de famille, un architecte de 65 ans. Ils ont vécu deux mois sous les obus. « Les explosions se succédaient non-stop de 5 heures du matin jusqu’au soir avec une régularité effrayante. Grâce à Dieu, personne n’a été blessé ! » La famille avait mis en place une stratégie pour se protéger. « Nous passions de rue en rue en fonction des zones de bombardement » , explique Farhan. Sa maison a été détruite par un obus. La famille a connu la faim, comme l’ensemble des habitants de Bab Amro. « L’armée syrienne empêchait la nourriture d’entrer dans le quartier. C’est l’armée syrienne libre qui nous ravitaillait. Ils allaient saisir des réserves de farine et d’huile dans les quartiers voisins pour les distribuer gratuitement. »

Farhan et les dix personnes qui composent sa famille ont quitté Bab Amro juste avant que l’armée syrienne n’investisse le quartier. « On craignait les représailles et notre maison était détruite.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Récit 12 mars 2026 abonné·es

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande

Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.
Par William Jean
Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron
Analyse 12 mars 2026 abonné·es

Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron

Avec la nouvelle dissuasion avancée, Emmanuel Macron met la doctrine française au cœur du débat stratégique européen. Dans un contexte géopolitique instable, cette évolution se veut être une garantie d’indépendance militaire. Une démonstration de force qui montre aussi ses fragilités.
Par Maxime Sirvins
« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »
Entretien 12 mars 2026

« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »

Dissuasion avancée, intérêts vitaux européens, armes tactiques, désarmement : la chercheuse, Maïlys Mangin, décrypte les ressorts et les limites d’une mise à jour stratégique majeure opérée par Emmanuel Macron dans son discours à l’Île Longue.
Par William Jean
Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump
Monde 11 mars 2026 abonné·es

Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump

Le 11 mars, le président sortant Gabriel Boric a passé officiellement la main à l’ultraconservateur José Antonio Kast, après une période de transition conflictuelle au sujet d’un projet de câble sous-marin avec la Chine. Avec ce nouveau gouvernement, Donald Trump renforce son influence en Amérique latine et accentue les conflits dans la région.  
Par Marion Esnault