La révolution bolivarienne au pied des urnes
En dépit de nombreuses réussites sociales, la précarité et l’insécurité peuvent faire basculer certains électeurs au moment du vote.
dans l’hebdo N° 1221 Acheter ce numéro
Le centre de Caracas bat au rythme de la campagne présidentielle. Sur des étals de marché de couleur rouge, des fruits et des légumes sont vendus à « prix socialiste », tandis que des militants distribuent des posters du Président souriant devant le drapeau vénézuélien. La « mission 7 octobre » continue son travail de persuasion. Ce jour-là, le Comandante se présentera pour un quatrième mandat. Depuis treize ans au pouvoir, il affrontera Henrique Capriles Radonski, le candidat d’une vaste coalition allant des déçus du chavisme à la droite. Hugo Chávez est toujours populaire, comme le démontrent la plupart des sondages, proches de l’opposition ou du gouvernement, qui le donnent gagnant. L’Institut Datanálisis, qui ne peut être soupçonné de rouler pour le pouvoir, donne 49,4 % des intentions de vote au président socialiste (contre 39 % pour Henrique Capriles) [^2]. « Hugo Chávez demeure puissant dans les sondages, mais c’est bien plus serré que lors des élections présidentielles précédentes » assure le président de l’institut, Luis Vicente León. 11,6 % des interrogés n’ont pas souhaité répondre. Pour la MUD (la Table de l’unité démocratique, la coalition d’opposition), ces indécis se reporteront sur Capriles. Quoi qu’il en soit, l’élan ne semble pas s’être brisé dans certains quartiers populaires comme à Catia, en banlieue de Caracas. Dans l’un de ses barrios, ces quartiers pauvres semblables aux favelas brésiliennes, à Tamanaquito, les portraits d’Hugo Chávez sont partout, accrochés comme des étendards aux fenêtres. Des