L’État abdique devant Mittal
En refusant de nationaliser, fût-ce temporairement, l’aciérie de Florange, le gouvernement s’est rangé une fois de plus à l’avis des thuriféraires de la concurrence libre et non faussée.
dans l’hebdo N° 1230 Acheter ce numéro
Les hauts fourneaux de Florange, à l’arrêt depuis un an et demi, ne redémarreront pas. La reprise de leur activité constituait le principal enjeu du bras de fer avec ArcelorMittal depuis deux mois. Et le symbole de la volonté (ou non) de l’État de maintenir une industrie sidérurgique en France. De ce point de vue, le compromis annoncé précipitamment par Jean-Marc Ayrault vendredi dernier fait office de douche froide.
Confronté à la détermination de la multinationale luxembourgeoise de fermer définitivement les deux hauts fourneaux de Florange, qui constituent ce qu’on appelle la « filière liquide », tout en conservant les activités du site liées à la « filière froide » (transformation et finition de l’acier), le gouvernement avait semblé s’orienter vers deux solutions. Soit convaincre ArcelorMittal de vendre l’ensemble du site, aucun repreneur n’étant intéressé par une vente à la découpe. Soit nationaliser lesdites installations pour en préserver la pérennité. Jean-Marc Ayrault les a