Michel Warschawski : « La gauche israélienne n’a plus d’adresse politique »

À trois mois des élections législatives, Michel Warschawski analyse le glissement à droite de la société israélienne. Un processus déjà ancien.

Denis Sieffert  et  Marie Roy  • 11 décembre 2014 abonné·es
Michel Warschawski : « La gauche israélienne n’a plus d’adresse politique »
© **Michel Warschawski** est militant anticolonialiste israélien, fondateur du Centre d’information alternative de Jérusalem. Photo : AFP PHOTO / JACK GUEZ

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, vient de dissoudre la Knesset pour provoquer des élections anticipées. Objectif : un nouveau coup de barre à droite.

Comment expliquer ce glissement général vers la droite extrême, non seulement du gouvernement mais aussi de la société israélienne ?

Michel Warschawski : Le glissement ne date pas d’aujourd’hui. Je pense qu’il remonte à 2000, au moment de Camp David et du suicide de la gauche avec Ehud Barack [^2]. Et je ne parlerais pas d’un glissement général vers l’extrême droite, mais plutôt de la disparition de la gauche comme force politique. En termes de société, les rapports sont plus ou moins restés les mêmes. Il y a effectivement un glissement de l’opinion publique à droite, mais il convient de ne pas l’exagérer. Il reste une forte minorité à gauche, mais qui n’a pas d’adresse politique et s’exprime soit par quelqu’un comme Yaïr Lapid [^3], soit en quittant le pays. Cette émigration

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral
Reportage 19 mars 2026 abonné·es

Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral

Hypermodernité, marketing d’État, nationalisme scénarisé et gestion hiérarchisée de l’immigration : Abu Dhabi a bâti un modèle stable et attractif. Derrière la réussite économique, se dessine un compromis social inégalitaire qui séduit une partie des élites occidentales tout en neutralisant la contestation politique.  
Par Rémi Guyot
Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Récit 12 mars 2026 abonné·es

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande

Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.
Par William Jean
Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron
Analyse 12 mars 2026 abonné·es

Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron

Avec la nouvelle dissuasion avancée, Emmanuel Macron met la doctrine française au cœur du débat stratégique européen. Dans un contexte géopolitique instable, cette évolution se veut être une garantie d’indépendance militaire. Une démonstration de force qui montre aussi ses fragilités.
Par Maxime Sirvins
« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »
Entretien 12 mars 2026

« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »

Dissuasion avancée, intérêts vitaux européens, armes tactiques, désarmement : la chercheuse, Maïlys Mangin, décrypte les ressorts et les limites d’une mise à jour stratégique majeure opérée par Emmanuel Macron dans son discours à l’Île Longue.
Par William Jean