Malika Hamidi : « Il y a un courant féministe musulman »

La sociologue Malika Hamidi observe l’émergence d’un mouvement qui voit dans la religion de nouvelles libertés, dans un contexte islamophobe et antireligieux.

Ingrid Merckx  • 13 septembre 2017 abonné·es
Malika Hamidi : « Il y a un courant féministe musulman »
© photo : FRED DUFOUR/AFP

Le 23 août, paraît dans Libération une tribune réclamant la fin du harcèlement islamophobe contre Lallab. Cette association située à Paris, qui se présente comme féministe et antiraciste, est l’objet d’attaques venues du site d’extrême droite Fdesouche, mais aussi du camp laïciste (notamment le Printemps républicain) et de certaines féministes. « Association islamiste ! », lancent ses détracteurs. « Apartisane », « areligieuse », « pro-choix », riposte l’association. Quelques jours plus tard, paraît Un féminisme musulman, et pourquoi pas ?, de Malika Hamidi. Face au racisme et au sentiment antireligieux, une identité et un mouvement émergent : des femmes musulmanes revendiquent leur libération à partir d’un paradigme religieux.

Votre ouvrage paraît dans un contexte polémique après l’affaire Lallab. Marianne a titré en une : « France : quand l’islam pourrit le féminisme ». Cela vous choque-t-il ?

Malika Hamidi : Ces polémiques sont récurrentes. Ce livre devait sortir en mars, mais, en raison de la campagne présidentielle, la parution a été reportée à fin août. Tiré de ma thèse doctorale, il est le fruit d’une réflexion personnelle et d’un voyage spirituel qui se sont politisés. En 2006, la commission Islam et Laïcité organisait un colloque à l’Unesco sur le thème « Existe-t-il un féminisme musulman ? », et Alain Gresh – journaliste et auteur de L’Islam, la République et le Monde (Fayard) –

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Société
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