Les facs en ébullition

Alors que le gouvernement pensait avoir fait passer sans encombre sa réforme, le mouvement étudiant prend subitement de l’ampleur sur fond de violences et d’une large prise de conscience.

Michel Soudais  et  Olivier Doubre  et  Erwan Manac'h  et  Alexandra Scappaticci  • 4 avril 2018 abonné·es
Les facs en ébullition
© photo : Manifestation le 30 mars à Montpellier, suite à la mise en examen du doyen de la fac de droit pour l’agression du 22 mars.SYLVAIN THOMAS/AFP

La fronde contre la « loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants » (ORE), dite aussi loi Vidal, modifiant l’accès à l’université a subitement pris de l’ampleur la semaine dernière. À la veille du week-end de Pâques, près d’une quinzaine d’établissements universitaires étaient touchés par des rassemblements ou des blocages. Circonscrit jusque-là à quelques villes en régions – Toulouse, Montpellier, Nantes, Bordeaux… –, le mouvement a gagné la capitale, où le site de Tolbiac de l’université Paris-I est occupé depuis le 23 mars. Et s’est amplifié après l’expédition punitive survenue à Montpellier, pour laquelle le doyen et un professeur de la faculté de droit sont mis en examen.

À Montpellier bien sûr, où les étudiants étaient déjà nombreux parmi les 10 000 manifestants du 22 mars. Les assemblées générales (AG) qui ont suivi l’agression par un commando armé et masqué des quelque cinquante étudiants qui occupaient un amphithéâtre ce soir-là ont rassemblé autour de 3 000 personnes, essentiellement à la fac de lettres Paul-Valéry. Les étudiants mobilisés dénonçant un climat de peur et de tension. _« On suspecte d’autres professeurs présents parmi les membres du commando, notamment parmi ceux dont le visage n’était pas masqué. Mais c’est à l’enquête de police de le dire », explique Louise, étudiante en troisième année de science politique. « La situation est compliquée pour les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public
Analyse 10 juillet 2026 abonné·es

Règlement européen « Retour » : la timide irruption du terme « déportation » dans le débat public

Employé pour éviter l’euphémisation des termes utilisés pour qualifier les politiques migratoires européennes, ce mot, notamment associé à la Shoah, fait l’objet de débats.
Par Pauline Migevant
Pour que MeToo éclate dans la grève féministe
MeToo 9 juillet 2026

Pour que MeToo éclate dans la grève féministe

Dix ans après MeToo, alors que les violences continuent et que les réactionnaires s’arc-boutent sur leurs privilèges, ce texte appelle à refonder le féminisme comme force collective, décoloniale, transféministe et profondément démocratique.
Par Toni Viot
Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne
Exclusif 7 juillet 2026 abonné·es

Expulsion « imminente » d’un homme vers le Soudan : la justice l’interdit, l’administration s’acharne

Malgré l’annulation par le juge administratif d’un arrêté préfectoral fixant le Soudan comme « pays de renvoi », Politis révèle que la préfecture de police de Paris met tout en œuvre pour expulser un homme vers ce pays, en proie à une guerre civile. Son avocat craint une expulsion imminente.
Par Pauline Migevant