Raphaël Glucksmann annonce sa candidature aux européennes

L’essayiste a annoncé ce vendredi sur France Inter être candidat à la tête d’une liste de « rassemblement à gauche ». Le PS va probablement s’y rallier dès ce week-end.

Agathe Mercante  • 15 mars 2019
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Raphaël Glucksmann annonce sa candidature aux européennes
© Crédit photo : Theo Giacometti / Hans Lucas

Une nouvelle, mais pas une surprise. Cinq mois après avoir lancé son mouvement politique, Place publique, dans l’optique de rassembler la gauche autour d’une liste commune, Raphaël Glucksmann fera finalement cavalier seul… ou presque. Sur France Inter, ce vendredi matin, l’essayiste a annoncé se porter tête de liste pour les élections européennes « en tandem avec Claire Nouvian », militante écologiste et co-fondatrice de Place ublique.

À lire aussi >> Notre entretien et notre portrait de Raphaël Glucksmann

« On a tout essayé », explique l’essayiste pour justifier sa candidature alors que Génération·s, le PCF, et Europe Écologie-Les Verts lui ont opposé une fin de non-recevoir. Est-ce à dire que toute la gauche s’y refuse ? Non. Le Parti socialiste, qui ne s’est jamais caché d’observer l’initiative de l’essayiste avec intérêt, pourrait bien se rallier à la liste de Place publique. Et nul doute qu’au regard des précédents résultats des socialistes et des sondages – 5,5 % pour le PS, selon le dernier baromètre Ifop-Fiducial – qu’Olivier Faure, son premier secrétaire, parviendra à convaincre les socialistes les plus récalcitrants lors du conseil national du parti, qui se tiendra justement ce samedi 16 mars. Nouvelle donne, le parti de Pierre Larrouturou, devrait venir grossir cette liste aux contours flous, tant idéologiquement que politiquement.

Bal des égos

Celui qui s’était présenté comme un « Bisounours » ne baisse cependant pas les bras. Ultime tentative pour l’union, Raphaël Glucksmann espère rassembler plus largement que le PS et Nouvelle donne et affiche encore son volontarisme. « Dans quinze jours on se reparle et je suis convaincu que Génération·s nous aura rejoints », affirme-t-il. Bravache, idéaliste, trop optimiste ? L’essayiste, pour l’avoir expérimenté, n’ignore rien des difficultés inhérentes à une union de la gauche. Lors des réunions organisées par Place publique, il reconnaît même son impuissance face aux egos, à la « résilience des logiques d’appareil » et à « la mémoire » des membres qui les composent. Investi d’une « mission historique », Raphaël Glucksmann redoute que les électeurs de gauche se détournent des urnes, ou s’y rendent pour voter en faveur de la – probable – candidate de La République en marche, Nathalie Loiseau.

À gauche, ces menaces font pourtant peu d’effet. Interrogé simultanément sur RTL, Benoît Hamon, tête de liste de son mouvement pour le scrutin de fin mai, a d’emblée fermé la porte à ce rassemblement : « Aujourd’hui, un vote en faveur d’une liste socialiste est une voix perdue pour la gauche », a-t-il estimé.

Yannick Jadot, la tête de liste EELV, a confirmé sur CNews être aussi contre une alliance, précisant que son « seul sujet, c’est de sauver l’Europe pour sauver le climat », renouvelant ainsi son refus de sauver la gauche d’une défaite assurée… et d’elle-même. Ce refus, Raphaël Glucksmann peine cependant à l’entendre. « S’il y avait un rassemblement, il aurait été sous le logiciel écolo », expliquait-il avant de raconter avoir proposé à Yannick Jadot la tête de liste et le ralliement de tous les autres mouvements de gauche. « Moi, Raphaël Glucksmann, j’aurais été son chauffeur de salle », indique-t-il. Comme ailleurs à gauche, chez Place publique aussi il y a de l’ego, mais pas trop.

Politique
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