Le tournant risqué d’Ivan Segré

Le philosophe nous propose une analyse économiste qui absout la colonisation israélienne.

Talmudiste et révolutionnaire, proche de Daniel Bensaïd, qui fut son directeur de thèse, auteur en 2009 d’un livre courageux, La Réaction philosémite ou la trahison des clercs (éd. Lignes), Ivan Segré n’a pas craint de critiquer ces intellectuels communautaires – Adler, Bensoussan et quelques autres – toujours prompts à mener un travail d’ambassade en faveur d’Israël. Spinoziste (cf. Le Manteau de Spinoza, La Fabrique, 2014), il s’est fait le passeur d’un judaïsme du gai savoir. C’est au regard de cette œuvre, jusqu’ici singulière et cohérente, que l’on est dérouté par la lecture de son dernier ouvrage. On y retrouve certes un certain nombre d’invariants, comme la défense d’une laïcité vivante. Les pages qu’il consacre à la critique du philosophe Henri Pena-Ruiz, pape d’un laïcisme dogmatique, sont d’une grande justesse. Il égratigne Mélenchon pour son Hareng de Bismarck, moins pour la critique de la politique allemande que pour l’essentialisme de la formule « L’Allemagne ne pourra jamais… », qui semble arrimer pour l’éternité le pays de Goethe et de Nietzsche à une philosophie ethniciste. Plus discutable est déjà l’idée selon laquelle le marché, et même le « supermarché » (Segré semble vanter le cosmopolitisme du duty free d’aéroport), serait l’un des derniers espaces laïques.

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