En Géorgie, la revanche du vote noir

C’est grâce à un travail de longue haleine pour inscrire les Afro-Américains sur les listes électorales que cet État a voté Biden. Le 5 janvier, il pourrait élire les deux sénateurs qui manquent aux démocrates.

Alexis Buisson  • 16 décembre 2020 abonné·es
En Géorgie, la revanche du vote noir
En 2018, Stacey Abrams fut empêchée de devenir la première femme noire gouverneure en raison de mesures de « suppression d’électeurs »
© Elijah Nouvelage / AFP

Un écart de 12 670 voix. C’est ce qui sépare Joe Biden et Donald Trump dans l’État de Géorgie à l’issue de l’élection présidentielle américaine. Les résultats ont été certifiés le 20 novembre, malgré les contestations désespérées du milliardaire et de son équipe d’avocats. Cette victoire de Joe Biden est aussi courte qu’historique. État du Sud-Est de 10 millions d’habitants, autrefois solidement républicain, la Géorgie ne sourit pas habituellement aux candidats démocrates à la Maison Blanche. Depuis 1964, seuls Jimmy Carter (originaire de Géorgie) et Bill Clinton ont remporté l’État et ses 16 grands électeurs, en 1976 et 1980 pour le premier, en 1992 pour le second. Après quatre tumultueuses années de Donald Trump, il est devenu un « État pivot » (« Swing State »), déterminant dans la course à la présidence, à la surprise de certains observateurs. Sur le terrain, cependant, ce statut n’a pas étonné. Depuis des années, la Géorgie est travaillée par des changements démographiques qui favorisent la gauche américaine. Elle est également labourée par une myriade de groupes civiques et politiques qui se battent pour faciliter l’accès au vote des populations exclues du processus démocratique et accroître les inscriptions sur les listes électorales. Les plus connus d’entre eux sont Fair Fight Action et le New Georgia Project (NGP), deux groupes fondés par

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre
Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »
Entretien 7 juillet 2026 abonné·es

Ghassan Abu Sittah : « Nous soignons aujourd’hui des enfants de trois guerres différentes »

Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël en mars, 4 319 Libanais ont été tués et 12 000 blessés. Le chirurgien britannique Ghassan Abu Sittah, d’origine palestinienne, revient sur les conséquences de la guerre au Liban et dresse un parallèle avec l’enclave de Gaza.
Par Hugo Lautissier