Oral, ô désespoir, au nouveau bac ?

Le « grand oral » prévu dans la réforme Blanquer a été maintenu malgré la crise sanitaire. Une épreuve destinée à favoriser l’aisance verbale mais qui met en exergue les inégalités sociales.

Malika Butzbach  • 23 juin 2021 abonné·es
Oral, ô désespoir, au nouveau bac ?
Manifestation le 10 mai 2021 à Bordeaux pour un bac entièrement validé par le contrôle continu.
© Bastien Marie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

J e vous signale tout de suite, mesdames et messieurs… que je vais parler pour ne rien dire. » Le défi de Louis*, pour son baccalauréat, sera de citer le sketch Parler pour ne rien dire de Raymond Devos. Pas dans sa copie, mais lors de l’épreuve du grand oral, qu’il passe le 25 juin. « Après tout, cet exercice est tellement flou que je vais vraiment parler pour ne rien dire », sourit le lycéen. Nouvelle épreuve prévue dans la réforme du bac, ce grand oral dure vingt minutes et compte pour 10 % de la note finale en filière générale et 14 % en filière technologique. Après avoir présenté durant cinq minutes une des deux questions qu’il a préparées durant l’année, en lien avec ses enseignements de spécialité, Louis devra échanger pendant dix minutes avec les deux enseignants du jury. Enfin, les cinq dernières minutes, il exposera son projet d’orientation.

Début mai, alors que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, présentait les aménagements pour la session 2021 du bac, à la fois première année de la réforme et première année passée entièrement en crise sanitaire, il a maintenu cette épreuve. « Ce serait plus facile, d’un point de vue pratique, de l’annuler mais je pense que c’est bon pour les élèves de s’exercer à cela. Si on a créé cet exercice, c’est précisément parce que cette compétence est fondamentale : savoir argumenter, savoir écouter, être capable de parler tout simplement », expliquait le ministre, repoussant ainsi la revendication de certains syndicats lycéens qui, dans le mouvement #BacNoir, demandaient l’annulation de la totalité des épreuves, au bénéfice du contrôle

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Une gauche minorée face à la poussée illibérale
Analyse 5 juin 2026

Une gauche minorée face à la poussée illibérale

Entre divisions stratégiques, héritage du social-libéralisme et tentations hégémoniques, la gauche se trouve confrontée à un défi historique : construire un projet de rupture capable de rassembler largement et de contenir le basculement vers une démocratie illibérale.
Par Roger Martelli
Verts populaires : « Nous rejoignons la campagne de Jean-Luc Mélenchon »
Entretien 4 juin 2026

Verts populaires : « Nous rejoignons la campagne de Jean-Luc Mélenchon »

Julia Mignacca, la porte-parole des Verts populaires, le collectif qui a quitté les Écologistes pour s’allier aux insoumis, constate l’impasse politique des défenseurs d’une primaire. Et espère que son ancien parti rejoindra la campagne de Jean-Luc Mélenchon.
Par Lucas Sarafian
Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut de son 4e tour
Analyse 4 juin 2026 abonné·es

Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut de son 4e tour

Le candidat insoumis et son armada promettent une campagne collective. Espérant le ralliement des écologistes et des communistes, ils veulent incarner un espoir après dix ans de macronisme. Sans abandonner la conflictualité.
Par Lucas Sarafian
Villes RN : un avant-goût de la mise au pas de la démocratie
Analyse 3 juin 2026 abonné·es

Villes RN : un avant-goût de la mise au pas de la démocratie

Le Rassemblement national ou ses alliés politiques n’aiment pas les organisations syndicales. Les 62 municipalités qu’ils contrôlent désormais sont des laboratoires où ils testent leurs méthodes contre les représentants des travailleurs et travailleuses.
Par Céline Martelet