Un horizon afroféministe radical et combatif
Au-delà de l’autodéfense, un mouvement grandissant de femmes noires et afrodescendantes oppose un contre-récit au roman national français qui les efface constamment.
Article paru
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N ous ne nous laisserons pas massacrer, renvoyer, enfermer, assimiler, assister, marchander, ethnologiser, anthropologiser, exotiser, exploiter : nous allons faire notre histoire différemment. » Ces mots apparaissent en lettres majuscules dans une brochure rédigée en 1978 par la Coordination des femmes noires pour « briser l’isolement des femmes noires où qu’elles se trouvent ».
Plus de quarante ans après, on retrouve ce même besoin de rendre visible l’articulation des oppressions raciste et sexiste subies par ces femmes et les afrodescendantes en France. Pour lutter contre, une myriade de collectifs, d’artistes et d’intellectuelles imposent petit à petit un mouvement afroféministe. C’est l’ambition de la militante et universitaire Fania Noël, cofondatrice du collectif Mwasi, qui a largement contribué à ce que l’afroféminisme émerge dans le paysage politique français. Ses années d’expérience dans la sphère des luttes lui ont permis de penser les rapports de force et une politique afroféministe dans ce contexte français, qu’elle détaille dans son essai très dense Et maintenant le pouvoir. Un horizon politique afroféministe (1).
« La première étape de tout groupe visant un changement radical est de se construire, former un ersatz de programme et se définir. Depuis une quinzaine d’années, nous avons vu des personnes se dire afroféministes, puis des organisations politiques et des productions, créant ainsi un mouvement. Maintenant, on peut passer à la suite », glisse celle qui revendique d’appartenir à la branche « radicale, révolutionnaire et anticapitaliste » de cette mouvance.
« Grandir dans une minorité en France hexagonale implique de vivre le racisme au quotidien, de ne pas se voir représenté ou seulement dans
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