Dominique Schnapper : une sociologue au Conseil constitutionnel

Dominique Schnapper relate dans un livre ses neuf ans passés au Conseil constitutionnel. Elle revient
ici sur son expérience d’intellectuelle parachutée dans l’univers politique,
et livre son regard
sur le fonctionnement
de notre démocratie.

Olivier Doubre  • 20 mai 2010 abonné·es
Dominique Schnapper :  une sociologue au Conseil constitutionnel
© Une sociologue au Conseil constitutionnel, Dominique Schnapper, Gallimard, « NRF essais », 464 p., 22,50 euros.PHOTO : SAGET/AFP

Politis : Comment vous êtes-vous retrouvée membre du Conseil constitutionnel et quelle a été votre première impression lors de votre arrivée ?

Dominique Schnapper : Comme je le raconte dans le livre, ç’a été le fruit d’une série de hasards. Une sorte d’accident biographique puisque rien ne me préparait à cette fonction. Mais l’expérience a été passionnante. Nommée par le président du Sénat, Christian Poncelet, en mars 2001, je suis arrivée au Conseil intimidée, avec beaucoup d’humilité devant le travail qui m’attendait, et le sentiment de mon incompétence puisque je ne suis pas juriste. Je dois être la première conseillère qui ait entamé son mandat en étudiant les manuels de droit de première et deuxième année de licence ! Certains de mes collègues, qui s’en amusaient avec gentillesse, ont bien voulu reconnaître au bout d’un certain temps que j’étais devenue un peu juriste, du moins suffisamment pour participer pleinement aux décisions du Conseil et comprendre ce qui se passait.

Vous écrivez avoir adopté une position de « participation observante ». Qu’est-ce que cela signifie ? Et quelles sont les limites d’une telle position ?

Dans leur travail de terrain, les sociologues parlent

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Temps de lecture : 7 minutes

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