Biélorussie : « C’est une révolution menée par des gens ordinaires »

Alors que la population semblait soumise à la dictature de Loukachenko, la mobilisation biélorusse se révèle largement partagée et résiliente face à la répression, constate la sociologue Ioulia Shukan.

Patrick Piro  • 7 octobre 2020 abonné·es
Biélorussie : « C’est une révolution menée par des gens ordinaires »
Une famille manifeste à Minsk, le 30 août 2020.
© Sidney Léa Le Bour/hans lucas/AFP

Maîtresse de conférences en études slaves (université Paris Nanterre) et chercheuse (Institut des sciences sociales du politique), Ioulia Shukan n’a pas choisi la voie facile en orientant ses premiers travaux sur les acteurs politiques en Ukraine et en Biélorussie, alors captifs du modèle post-soviétique. Depuis la « révolution orange » et Maïdan, elle est devenue l’une des meilleurs spécialistes de l’action collective en Ukraine. Sa dernière étude sur la Biélorussie traite du monde rural face au socialisme de marché (2016). Depuis août dernier, elle a pu se rendre à deux reprises dans le pays pour analyser les ressorts de la mobilisation populaire.

L’intense mobilisation de la rue a surpris la plupart des observateurs, qui jugeaient la population biélorusse résignée sous la poigne de fer de Loukachenko. Comment l’expliquer ?

Ioulia Shukan : Le sentiment perçu d’une apathie de la population tient d’abord à la grande difficulté rencontrée par la recherche en sciences sociales pour travailler dans ce pays, petit à petit

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Le cercle des poètes de Gaza
Reportage 21 juillet 2026 abonné·es

Le cercle des poètes de Gaza

Ils ont entre 18 et 25 ans. À l’appel de l’Institut français de Gaza et de l’ONG Academic Solidarity with Palestine, une soixantaine de jeunes Gazaouis ont envoyé des poèmes et des vidéos en français pour dire la guerre, les absents ou encore l’avenir qu’ils tentent d’imaginer.
Par Alice Froussard
Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre