Politis : Un journal en mouvement

L’AG de l’association Pour Politis, qui s’est tenue le 7 février, à la Maison des métallos devant près de cent adhérents, a été l’occasion d’un débat sur la situation et l’avenir de notre journal.

Denis Sieffert  • 19 février 2015
Partager :
Politis : Un journal en mouvement
© Photo : Michel Soudais

Comme chaque année, l’assemblée générale de notre association Pour Politis, qui rassemble lecteurs et salariés du journal, a été l’occasion de dresser un état des lieux et de présenter nos projets. Mais les débats ne pouvaient échapper au contexte particulier né de l’actualité tragique du mois de janvier. Le choc émotionnel ressenti par tous a notamment fait resurgir avec un sentiment de plus grande urgence la question de la liberté d’expression et du pluralisme de la presse. Politis a évidemment pris sa part dans ces débats, en exprimant à la fois sa pleine solidarité et l’originalité de ses analyses. Une prise de conscience générale a aussi conduit à accélérer les différents projets d’aide à la presse. Ainsi, l’amendement « Charb » permettant de défiscaliser les dons directs à des entreprises de presse, relancé au Sénat par le groupe communiste, a été rapidement adopté. La ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, a également annoncé la prochaine parution d’un décret visant à étendre aux hebdomadaires et aux mensuels le bénéfice d’une aide aujourd’hui limitée aux quotidiens à faibles recettes publicitaires. Il s’agirait plus généralement de recentrer sur les médias qui assurent une véritable information citoyenne un système d’aide qui profite aujourd’hui à des grands groupes et à une presse people mue par le seul appât du gain.

Nous sommes évidemment particulièrement attentifs à l’évolution de ces dossiers, au-delà des effets d’annonce. Nous avons pu constater que plusieurs parlementaires allaient dans le même sens. Le sénateur EELV André Gattolin a notamment évoqué en séance le cas de notre journal. S’agissant de notre bilan, nous avons fait le constat, après la forte progression des années 2007-2010, que nous butions sur une sorte de taquet invisible. Stabilité de bon aloi selon les uns, stagnation inquiétante pour les autres… Nous ne pouvons en tout cas nous résigner à ce constat. D’où la nécessité de repenser tout notre système, et de le repenser comme un véritable bimédia. Côté « papier », davantage d’articles longs, propices à la réflexion, aux reportages, au décryptage des événements ; côté Web, un traitement réactif de l’actualité, sur tous les supports, et une place plus grande à l’interactivité avec nos lecteurs et des blogueurs invités. À ce sujet, une lectrice a relevé la nécessité de bien modérer le site afin d’écarter tout risque de dérive par des interventions extérieures. Enfin, il a été souligné la nécessité de mieux différencier les blogs, qui, souvent, ne reflètent pas du tout les positions de notre rédaction, mais sont référencés « Politis » sur les réseaux sociaux.

De nouvelles maquettes sont en préparation. Nous avons pu présenter à l’assemblée générale le futur visage du site et informer d’une hausse spectaculaire de fréquentation de Politis.fr [^2] dans sa formule actuelle. Nous l’avons dit : les évolutions souhaitées entraîneront nécessairement des changements, mais toujours dans le respect de l’identité de Politis. Des efforts seront faits pour renforcer la participation de correspondants régionaux et à l’étranger, et pour multiplier dans nos pages les débats qui permettent des approches pluralistes des problèmes politiques et de société. Il s’agira pour nous de fidéliser un nouveau lectorat plus attiré par Internet, tout en offrant toujours à tous un hebdomadaire de qualité. À juste titre, un lecteur a pu noter que cette double formule permettait de dépasser les clivages générationnels. Prendre en compte les nouveaux comportements est en effet pour nous impératif. Nous avons notamment constaté avec notre campagne d’abonnements combien il était difficile de conserver les nouveaux lecteurs, désormais habitués à une sorte de « nomadisme » dans leur rapport aux médias. Nous travaillons également à l’amélioration de nos outils commerciaux, jusque-là, il faut le dire, peu « adaptés ». Nous devons faciliter l’abonnement en ligne et favoriser la formule « Tout Politis », papier et Web, en encourageant le prélèvement automatique.

C’est donc un journal en mouvement que nous avons présenté à nos lecteurs. Et une équipe pleine de projets et d’espoirs pour les prochaines années. Sans que nous ignorions pour autant que Politis reste toujours sensible au climat politique. Nous savons par exemple que le sort de cette « révolution démocratique » qui se joue en Grèce, et plus globalement de la question grecque en Europe, ne sera pas sans impact sur nos ventes. Au total, Politis devrait se trouver profondément changé quand nous nous retrouverons l’an prochain. Mais, pour cela, nous aurons impérativement besoin de l’aide de nos lecteurs, sous toutes les formes : abonnements nouveaux, dons, et sans doute participation à une recapitalisation dont ils peuvent être les acteurs directs ou les vecteurs. Chacun d’entre nous peut être amené à prendre contact avec des soutiens et – qui sait ? – des investisseurs évidemment compatibles avec les orientations de notre journal et attachés à une structure qui conserve à l’association sa majorité dans le capital, gage de notre indépendance. Enfin, j’ai eu l’occasion, au nom de toute notre équipe, de rendre hommage au travail accompli par les responsables de l’association, qui n’a jamais été aussi active. C’est pour nous un fort encouragement.

P.-S. : Un grand merci à Marie-Édith Alouf et à Paule Devillaine qui m’ont aidé à restituer fidèlement nos débats. Le président réélu de Pour Politis, Jean-Claude Blondeau, rendra compte ici même dès la semaine prochaine du fonctionnement de l’association et de ses nouvelles instances.

[^2]: Quelque 900 000 pages vues en janvier, en hausse de 42 % par rapport à novembre, fréquentation mensuelle de 300 000 à 400 000 internautes, 87 800 abonnés Facebook, 11 420 followers sur Twitter.

Une analyse au cordeau, et toujours pédagogique, des grandes questions internationales et politiques qui font l’actualité.

Temps de lecture : 5 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don