Police : Quand la maison enquête sur la maison

Dépendantes du ministère de l’Intérieur, les inspections générales de la police et de la gendarmerie sont accusées d’organiser l’impunité. Pas toujours vrai… sauf sur les violences.

Nadia Sweeny  et  Romain Haillard  • 22 juillet 2020 abonné·es
Police : Quand la maison enquête sur la maison
Lors d’un hommage à Toulouse à Steve Maia Caniço, tombé à l’eau après une charge de police la nuit de la Fête de la musique, le 21 juin 2019 à Nantes.
© Alain Pitton/NurPhoto/AFP

L’IGGN est indépendante, mais pas déloyale », expose calmement le général Pascal Segura, responsable des audits internes pour l’institution militaire. Si la charte de déontologie du « gendarme des gendarmes » pose ce principe d’indépendance comme valeur cardinale, l’IGGN dépend organiquement du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN). Cette autorité hiérarchique a même son mot à dire dans la composition de l’équipe de 20 enquêteurs, appelée le bureau des enquêtes judiciaires (BEJ).

« Pas besoin de formation spécifique pour intégrer le BEJ », assure son responsable, le général Thierry Caer. « Le DGGN affecte les officiers au bureau des enquêtes, les commandants territoriaux fournissent les sous-officiers. » Les critères : « expérience, discrétion, impartialité », énumère-t-il. Le plus gros contingent provient des sections de recherche, « le haut du spectre judiciaire ». Une fois sélectionnés, les enquêteurs du BEJ restent trois ou quatre ans avant de retourner dans la maison.

Même passage éphémère du côté police, où l’IGPN est, en fait, un service comme un autre. À tous les niveaux, on y vient et on en part. Un frein à la volonté de coincer d’éventuels futurs collègues ?

Pour Christophe Korell, ancien de la brigade de répression du banditisme (BRB), « il faut un corps d’inspection unique police-gendarmerie-justice, composé d’agents de ces milieux parce qu’on ne naît pas enquêteur, mais il faut éviter ce retour dans les services ». Soit permettre une carrière dans un corps d’inspection à part entière et, surtout, « indépendant du ministère de l’Intérieur », précise-t-il. À l’IGPN

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Police / Justice
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Au Sénat, la tentation d’une superpolice municipale
Analyse 25 février 2026 abonné·es

Au Sénat, la tentation d’une superpolice municipale

Amendes forfaitaires délictuelles, drones, accès aux fichiers, contrôle renforcé : le texte adopté par le Sénat élargit nettement le champ d’action des polices municipales. Pour certains ce texte risque de transformer ces agents en « auxiliaires de police nationale ».
Par Maxime Sirvins
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain
Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne
Reportage 24 février 2026 abonné·es

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne

Alors que la campagne des élections municipales débute officiellement dans quelques jours, le thème de la sécurité s’impose comme l’une des priorités des Cayennais. Neuf ans après le mouvement social historique de 2017, l’insécurité continue de structurer le débat public et de façonner les programmes des candidats.
Par Tristan Dereuddre