Dossier : Macron : le choix du désastre écologique

Emmanuel Macron : Le faussaire de l’écologie

Tout au long de son mandat, Emmanuel Macron a jonglé avec les effets d’annonce et les reculs. Sous emprise des lobbys.

Vêtu d’une tenue de ski bleu-blanc-rouge, Emmanuel Macron parade dans le massif du Mont-Blanc. Nous sommes le 13 février 2020. Sourire figé ou regard se voulant inquiet, il pose aux côtés de scientifiques pendant la visite du tunnel bleu creusé dans la roche de la mer de Glace, puis devant ce joyau naturel autrefois immaculé de neige l’hiver. Car le plus long glacier français peine à survivre au réchauffement des températures et perd inexorablement du terrain chaque année : il a reculé de deux kilomètres depuis 1850. « Le glacier rend visible l’invisible », souffle au président le glaciologue qui l’accompagne. « C’est impressionnant. On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là », répond le Président, attaquant l’air de rien les mandats de ses prédécesseurs. Cette séquence résume à elle seule le quinquennat d’Emmanuel Macron en matière d’écologie.

L’illusion écolo

L’histoire commençait pourtant bien. Dès l’été 2017, Emmanuel Macron s’installe en leader international sur la question climatique en clamant « Make our Planet great again » (Rendons sa grandeur à notre planète) aux scientifiques états-uniens désemparés face à un Donald Trump voulant quitter l’accord de Paris sur le climat. Il crée également le « One Planet Summit », nouveau rendez-vous annuel des chefs d’État et de gouvernement et des acteurs privés en mal de reconnaissance sur l’écologie, dont le premier est consacré à la finance verte. En 2018, le Programme des Nations unies pour l’environnement l’auréole du prix de Champion de la Terre.

Sur la scène nationale, le Président mise également sur l’illusion et les grandes annonces. L’écologie n’étant pas centrale dans son logiciel politique, il opte pour des tactiques classiques, en débauchant des écologistes comme Pascal Durand, Pascal Canfin ou Barbara Pompili. Des personnalités passées par Europe Écologie-Les Verts (EELV) pendant de longues années mais incarnant l’aile libérale du parti. La véritable prise de guerre d’Emmanuel Macron aura sans conteste été Nicolas Hulot comme ministre de la Transition écologique et solidaire.

« Hulot incarne une politique de casting, une écologie médiatique. Macron a fait de la politique à la papa, qui fonctionne auprès d’une population qui n’est certainement pas proche d’une écologie de gauche et populaire », analyse Vanessa Jérome, politiste spécialiste de l’écologie politique et du parti Les Verts. Mais Nicolas Hulot démissionne avec fracas quinze mois après sa nomination, après avoir avalé trop de couleuvres face aux lobbys, particulièrement celui des chasseurs, qui ont toujours l’oreille du Président.

Ce ne sont pas les citoyens qui bloquent la transition écologique.

Dans la première phase de son mandat, l’autre tactique d’Emmanuel Macron aura été de multiplier les espaces de concertation avec la société civile : états généraux de l’alimentation, assises nationales de la mobilité, débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie… « Les discussions avec les ONG et les citoyens arrivaient à chaque fois à des conclusions qui n’allaient pas dans le sens des grandes entreprises. Les lobbys ont donc repris la main sur les projets de loi en exerçant un chantage à l’emploi. Sans surprise, les lois ont toujours été très décevantes », se remémore Anne Bringault, du Réseau action climat.

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