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Par Sébastien Fontenelle - 4 décembre 2009

Repens-Toi, Musulman - Et Tu Auras Tes Croquettes

Après la votation raciste où les Suisses ont grogné (sous les applaudissement de nos cliques UMPénistes) que les mahométans leur inspiraient de l’aversion, le taulier de L’Express et fameux éditocrate Christophe Barbier, connu pour son audace, donne cette semaine son avis sur ce qu’il appelle une « querelle de minarets ».

Il commence par énoncer, rapidement - ça ne mange pas de pain -, que « cette votation en dit beaucoup sur la Suisse et les Suisses, chaque année (...) plus rétifs à l’hospitalité ».

Après quoi, il en vient au véritable motif de son intervention, qui est que cette votation « en dit aussi beaucoup sur l’islam et sa difficulté à être adopté par les sociétés occidentales ».

Par cette considération - qui nous en dit aussi beaucoup sur son paysage mental -, Barbier nous adresse, tu l’auras compris, deux messages.

Message numéro un : les musulmans d’Occident, quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils pensent, restent chez eux - chez nous - inadoptables, quand bien même ils seraient là depuis mainte génération.

Y a de la semoule dans ma soupe aux choux, mâme Dupont !

Y a des sourates dans mon psautier !

Vais-je longtemps le supporter ?

Message numéro deux : si les (authentiques) Occidentaux exhibent leur islamophobie, ce n’est tant parce qu’ils seraient « un peu » racistes, que parce que les mahométans ne font pas (du tout) l’effort de convivialité qui leur permettrait de se trouver enfin de gentils maîtres d’Occident disposés à les adopter.

Barbier nous livre là une déclinaison « nouvelle » [2] d’un thème ancien et particulièrement dégueulasse, où les victimes du racisme sont présentées comme les principales responsables des saloperies qui leur sont infligées.

Je vais maintenant te latter la gueule, Youssouf, et je te prie de croire que ça ne me fait pas spécialement plaisir - mais quelle idée, aussi, d’être si agressivement oriental.

Barbier nous dit que si les Suisses ont « l’hospitalité » moyennement trophiée lorsqu’il s’agit d’accueillir des musulmans, c’est parce que les musulmans sont des hôtes mal éduqués - le genre qui se tripote les couilles en plein dîner de gala de l’Association des blanchisseurs : vous conviendrez, mâme Dupont, que c’est pas des manières.

Après avoir ainsi établi que l’Helvète a des circonstances (très) atténuantes quand il excrète un vote raciste, Barbier nous révèle que les Suisses ne sont pas complètement seuls, dans leur souffrance, et que nous avons nous aussi, Français de souche, « un problème avec la religion musulmane », qui est foncièrement toxique.

Foncièrement ?

Foncièrement.

Barbier veut en effet qu’« on » cesse de nous dire,« à chaque fois qu’un problème surgit » (et Dieu sait si les problèmes surgissent nombreux, avec ces ******s de mahométans), « que ce n’est pas l’islam qui est fautif, mais des surgeons, des déviances, des interprétations de cette religion » : d’après lui, ce sont des menteries.

D’après lui, ça revient à « innocenter l’arbre quand les fruits sont empoisonnés ».

Je résume, pour le cas où tu n’aurais pas bien compris la prédication de Barbier : l’islam est un arbre empoisonné.

Il suffit de l’énoncer clairement, pour qu’aussitôt mâme Dupont comprenne qu’il faudra bien le tronçonner, un de ces matins, cet arbre vénéneux - comme les Suisses ont commencé à le faire avec leur votation raciste.

Le seul moyen d’éviter d’en arriver à cette pénible extrémité serait, d’après Barbier, que « l’islam » procède enfin « à une ambitieuse réforme de ses dogmes ».

Le big boss de L’Express, profondément pétri d’un admirable humanisme missionnaire, propose même que nous aidions la religion musulmane à se purger de son poison originel : il faut, écrit-il,« aider les musulmans à allumer » enfin « la lumière » au « sommet » de leurs minarets.

Light my fire, Youssouf : ce n’est qu’à ce prix que « les sociétés occidentales », où tu pensais être chez toi (je reconnais bien là ton arabique arrogance), accepteront enfin de t’adopter.

Ce n’est qu’en te réformant - d’abondance - que tu sortiras du chenil où tu attends un nouveau maître.

Parce que bon, les burqas ?

Les banlieues salafistisées ?

Franchement, ça commence à bien faire.

C’est pas Kaboul, ici, Youssouf.

C’est Le Plessis-Robinson.

T’es pas chez toi, ici, Youssouf.

Sinon tu t’appellerais Christophe.

Cependant, si tu es sage ?

Obéissant ?

Tu auras double ration de croquettes, affectueux et reconnaissant Youssouf.

(Lààààà, lààààà, fidèle Youssouf.

Qu’il est joueur, ce Youssouf - une fois qu’on l’a dressé.

Comme on a bien fait de l’adopter.)

Mais si tu persistes dans la voie de l’obscurantisme ?

Si tu continues à nous empoisonner la vie, alors qu’on a déjà été si gentils et si tolérants avec toi ?

Alors que ça ne fait que vingt ans qu’on te répète matin et soir que tu nous poses un grave problème ?

Alors que la droite régimaire t’a déjà fait tant de cadeaux ?

Faudra bien sûr pas t’étonner que « les sociétés occidentales » et leurs éditocrates de garde te lâchent sur le sommet du crâne des tombereaux de saloperie(s).

Notes

[1] Je me comprends...

[2] Je me comprends...

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