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2 février, par François Cusset
Qu’on veuille bien me pardonner. Paraphraser le titre idiot d’un livre idiot écrit par un odieux idiot n’est pas le meilleur moyen d’introduire à l’œuvre d’un génie, puisque c’est d’un génie qu’il s’agira ici. Mais c’est une façon comme une autre d’appeler à désherber nos vieilles têtes pour y faire pousser à nouveau les mille fleurs de l’esprit critique… Car on en a tellement besoin aujourd’hui, dans notre inexpérience, de ce Benjamin d’un autre siècle, de ce moustachu de Weimar, cet obsédé des passages (...)
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26 janvier, par Alain Cangina
La vie de Martin allait cahin-caha, jusqu’au jour terrible où, à l’aube, une troupe de soldats casqués avait surgi en défonçant sa porte pour le saisir et le jeter dans un cul-de-basse-fosse. Il avait vaguement compris qu’il était accusé de larcin, de bagarre ou de menace. Il ne savait plus très bien ce qu’il avait répondu au flot de questions hurlées sous les coups. Le choc, la violence, l’impuissance avaient paralysé sa compréhension, sa mémoire et sa capacité de parole, anéanti qu’il était par ce (...)
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19 janvier
Depuis que la radio existe, la pub radio existe, et la pub radio a toujours été l’enfant maltraité des fils de pub. Ici, point de voitures atterrissant sur la muraille de Chine arrimées sous un parachute, point de contre-jour esthétisant sur un top-model qui nous donne à sentir je ne sais quel parfum pour porteuses de Rolex. Non, ici on fait dans le basique ; le lieu commun et le cliché règnent en maîtres. Samedi 17 décembre, suspense insoutenable. Cela fait maintenant près de deux jours que nos (...)
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12 janvier, par Dominique Dhombres
Je me suis toujours demandé qui pouvaient bien être ces pêcheurs à la ligne qu’on voit, tôt le matin, sur les bords de la Seine. À Paris, capitale. Comme je n’ai strictement plus rien à faire de mes journées, ce dont je remercie quotidiennement la Cnav (Caisse nationale d’assurance vieillesse) et quelques autres vieilles complémentaires qui ont la bonté de payer pour tous mes services rendus, je vais maintenant vous révéler le secret le mieux gardé de Paris, son arcane la plus cachée.
Vous êtes prêts ? (...)
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5 janvier, par Dominique Vidal
« Annus horribilis » : ainsi Elisabeth II avait-elle qualifié 1992, pourtant quarantième année de son règne. Elle déplorait alors trois divorces et un incendie . Richard Prasquier pourrait paraphraser la reine pour définir « son » année 2011 : il a lui aussi divorcé – d’avec l’opinion française – et il y a le feu à la maison Crif, qu’il préside.
Janvier : Prasquier fait interdire une conférence de Stéphane Hessel à l’École normale supérieure et s’en vante dans un éditorial. Résultat : 1 500 personnes, au lieu (...)
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22 décembre 2011, par Christophe Alévêque
Nous voilà déjà à quatre mois de l’élection. Et pour cette campagne présidentielle, j’ai choisi un hymne, celui de « Super Rebelle président, président pour la France, Super Rebelle président, président des Français », sur l’air de « Tata Yoyo ». C’est donc l’hymne avec lequel je suis reçu à chaque meeting, dans un lieu de convivialité, c’est-à-dire sur scène ou dans les cafés. C’est un moment important : la politique est devenue un spectacle, l’emballage a donc pris le pas sur le contenu.
Pour cet hymne sur l’air (...)
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15 décembre 2011, par Joseph Beauregard
En 2004, tu as été nommé au gouvernement. Pour nous, c’était une catastrophe locale ; pour toi, une opportunité nationale.
Xavier, arrive ici, il faut que je te parle deux minutes. Sache mon cher Xavier que j’étais subjugué jusqu’au vertige quand tu as adhéré à l’âge de 16 ans au RPR. On était en 1981, nous étions jeunes et cons, nous ne pensions qu’aux filles et tu as été le seul du lycée à lutter contre les chars soviétiques. Xavier, merci d’avoir été là. Après le lycée, tu as obtenu une maîtrise de droit (...)
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8 décembre 2011, par Émile Kusturica
C’est l’histoire d’un mec. Y bosse. Mais pas n’importe où. Dans une mairie. Et pas n’importe laquelle. Une mairie communiste. Là où, a priori, l’homme est au cœur du système et non l’inverse. Pas con, le mec ! Quoique… Contacté à l’été pour un CDD d’un an au service communication, il est recruté quelques mois plus tard en qualité de vacataire, entendez par là avec un salaire a minima. Car, avant d’obtenir son CDD, il se doit de justifier de tout, le mec, s’il veut embarquer pour un an dans le grand vaisseau de (...)
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1er décembre 2011, par Alain Cangina
Je suis toujours sidéré quand je découvre les réactions et les commentaires au détour d’un article sur les prisons. Des propos haineux et vengeurs qui me laissent sans voix et instillent en moi une douleur teintée de révolte où je perçois la tentation du face-à-face tout aussi destructeur.
Malgré la récurrence de ces circonstances, je continue à rester pantelant et ulcéré. Je me rassure en pensant que ceux qui osent proférer ou écrire de tels propos ne représentent qu’une minorité qui veut se faire (...)
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24 novembre 2011, par Sébastien Fontenelle
Je sais pas si tu suis de près l’actualité du feu d’origine criminelle, mais pour le cas où tu aurais été ces jours-ci occupé(e) ailleurs, je voulais te signaler quatre incendies récents.
Le premier a été déclenché le 24 octobre par un lancer de cocktails Molotov contre la Maison des Roms, à Paris. Bilan : un mort. Un Rom, bien sûr – sans quoi, tu penses bien : t’en aurais entendu parler. Ion Salageon, il s’appelait. (Il aurait mieux fait d’écouter Claude Guéant et de rester chez lui, hein ?)
Le deuxième (...)
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17 novembre 2011, par Thierry Illouz
C’est une sorte d’amie, comment dire les choses autrement, ou mieux ?… Une sorte d’amie, une femme croisée un été en Italie, l’amie d’un ami pour être exact, mais vous conviendrez que cette formule, précise pourtant, n’est pas satisfaisante, « l’amie d’un ami », cela ne dit pas ce qui m’a rapproché d’elle, ce que j’ai partagé avec elle.
Gina est une femme opulente dans la cinquantaine, une femme massive, une femme excentrique aux mèches blondes, aux bras chargés de bracelets fantaisie, au cou lesté de larges (...)
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10 novembre 2011, par Joseph Beauregard
Édouard, arrive ici, il faut que je te parle deux minutes. Tu es blafard ! Je sais que tu déambules à présent dans ta vie comme une putain dans une ville sans trottoirs, malheureux comme une voiture au fond d’un ravin. Tu me fais penser à un vieux chef de gare qui regarderait passer les trains en rêvant de les voir dérailler. Dans le Tout-Paris, c’est ta belle réputation qui dégringole, ta stature d’homme d’État qui s’écroule, ton image de romantique qui vole en éclats. Et Scarface qui se débine, se (...)
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4 novembre 2011, par Dominique Dhombres
Je n’étais pas retourné en Chine depuis la mort de Mao. Il a fallu que ma belle-mère meure pour que j’y remette les pieds. C’est une histoire bizarre que je vais vous raconter. Ma belle-mère, donc, qui est japonaise, meurt. L’enterrement (entièrement bouddhiste, avec une pointe shintoïste cachée aux profanes, comme de juste) est fixé au mardi à 11 heures du matin. Manque de bol, le délai est extrêmement court. Ma femme était déjà sur place pour soigner sa mère malade. Je précise, comme le lecteur l’aura (...)
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27 octobre 2011, par Jean-Michel Véry
« Gérard, ta mère en a trouvé dans tes poches et tu nous empestes les cabinets. » À l’époque, Coluche faisait marrer tout le monde sur le sujet, à caution, comme disait le juge d’instruction. Aujourd’hui, Jean-Michel Baylet prend le relais, en moins drôle, et s’attire les foudres de ses partenaires mais aussi de la future opposition. Son idée qui déplaît ? La légalisation du cannabis. Comme avant lui Nöel Mamère, Daniel Vaillant ou Stéphane Gatignon. Nouveauté : loin des « cannabistrots » de Mamère, le (...)
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20 octobre 2011, par Christophe Alévêque
L’aventure a donc commencé le 6 mai 2011 devant le Fouquet’s à Paris. Super Rebelle a fait sa déclaration d’amour aux Français : j’ai choisi, la volonté chevillée au corps, d’être candidat libre à la prochaine présidentielle. Un seul mot d’ordre : redonner du sérieux à la politique. Quant aux revendications, elles sont claires et se résument en un seul slogan : nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes.
Trois constats m’ont dicté ce solennel choix, primordial pour l’avenir de la nation.
La politique est (...)
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13 octobre 2011, par Hervé Bompard-Eidelman
Finalement, quel est le problème de fond en France ? Le problème des problèmes, celui qui crée tous les blocages, toutes les emmerdes, tous les ras-le-bol-à-la-fin, qui fait dire aux dirigeants politiques que c’est un pays impossible à réformer ? Qui fait de nous des planqués, des privilégiés, des sans-scrupule, des grincheux, des réacs, des intolérants, des fatigués, des carpettes face au pouvoir, des craintifs genre coin de rideau qui se lève, des à plat-ventre devant les puissants, les Importants et (...)