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Par Thierry Brun - Suivre sur twitter - 26 juillet 2011

Dette : une tragédie grecque

Une étude des économistes atterrés dresse un premier bilan de la stratégie du choc appliquée en Grèce. Il en ressort que ce pays est mis en coupe réglée, et que la crise de la zone euro est loin d’être achevée, tant que la finance restera dérégulée.

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Un an après la mise en place du plan d’aide à la Grèce, entériné par les ministres des Finances de la zone euro, et la signature d’un Mémorandum d’accord approuvé par le Parlement européen, la « très grande majorité des mesures ou réformes » ont bien été appliquées et l’exécution de ce plan est un… échec, peut-on lire dans la récente note des « économistes atterrés », rédigée par les économistes Benjamin Coriat et Christopher Lantenois [1].

L’analyse détaillées des deux économistes atterrés indique que les résultats sont édifiants. « Selon la Banque centrale de Grèce, le pouvoir d’achat a reculé en moyenne de 9 %, alors que l’inflation s’élève à 4 %. Conséquence, la demande interne est à l’agonie : la consommation des ménages a chuté de 4,5 % en 2010, alors que l’investissement est en chute libre (-16,5 % en 2010). Les exportations, malgré la baisse des coûts salariaux – le coût unitaire du travail a reculé de 1,1 % en 2010 –, continuent d’être entravées par un euro par trop surévalué pour l’économie grecque ».

« Tous les moteurs de la croissance sont au point mort. Conséquence, la récession s’est « structurellement » installée depuis deux ans (-2 % en 2009 et -4,5 % en 2010). Et les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour 2011 ne sont guère plus optimistes (-3 %). Les entreprises licencient en masse, les fermetures d’entreprises se multiplient. Il n’est donc pas surprenant de voir le chômage s’envoler à près de 16 %. Les jeunes plus encore que par le passé sont sacrifiés ».

Les auteurs de cette note en concluent que les chiffres attestent l’échec de la mise en œuvre du plan de 2010 : « Le Mémorandum en effet poursuivait deux objectifs : réduire le déficit public et l’endettement, et restaurer la crédibilité de la Grèce afin de lui permettre de “revenir sur les marchés” dès 2012, pour y emprunter les sommes nécessaires au paiement de ses échéances ». Aucun de ces objectifs ne sera atteint.

Le nouveau plan d’austérité adopté par le Parlement grec le 29 juin, à travers les privatisations et les plans de « réformes structurelles » prennent une ampleur inégalée, « une forte accélération de la marché forcée vers la libéralisation totale de l’économie imposée au pays. Comme si délibérément on appliquait là une “stratégie du choc” ».

La note ajoute que les « bricolages actuels ne peuvent permettre que de gagner du temps » et l’accord du 21 juillet conclut lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro est un « trompe l’œil qui marque une nouvelle avancée des marchés financiers ».

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Note-juillet 2011

Notes

[1] L’imbroglio grec, la dette souveraine grecque prise au piège de la zone euro, note des économistes atterrés, Benjamin Coriat et Christopher Lantenois, datée du 15 juillet 2011, et augmentée d’un Post Scriptum sur l’accord du 21 juillet 2011.

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