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Par Thierry Brun - 2 mars 2011

Le Medef veut brader (rapidement) les retraites complémentaires

Alors que les discussions sont toujours en cours, le Medef veut présenter le 9 mars un projet d’accord sur la réforme des régimes de retraites complémentaires. Mobilisations en vue.

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Le Medef fait monter la pression sur la réforme des régimes de retraites complémentaires des salariés du privé (Arrco pour les salariés non cadres et Agirc pour les cadres), qui est la suite logique de l’adoption en octobre 2010 de la loi Woerth de réforme des retraites. L’organisation patronale mettra le 9 mars sur la table des négociations en cours un projet d’accord, alors que les discussions n’ont pas avancé sur la question des ressources à trouver pour financer ces deux régimes.

Le 24 février, la cinquième réunion de négociations avait tourné court : patronat et syndicats se sont séparés en désaccord sur cette question des ressources de ces régimes dont le taux de rendement a baissé « ces 17 dernières années de 25 % à l’Arrco [salariés non cadre, 17,5 millions de cotisants] et de 30 % à l’Agirc [cadres, 3,7 millions de cotisants] », affirme Eric Aubin, négociateur CGT.

Les représentants de l’ensemble des organisations syndicales de salariés ont signifié à la partie patronale qu’elles s’opposaient à une nouvelle baisse de rendement de ces régimes. Et ils ont évoqué la possibilité d’une hausse des cotisations salariales et patronales, qui permettrait d’augmenter les ressources. Pour certains syndicats, les entreprises ont largement les moyens de financer les régimes de retraite par le biais d’une augmentation des cotisations, comme le montre le niveau des dividendes versés aux actionnaires en 2011, soit pas moins de 40 milliards d’euros.

Le Medef reste fermement opposé à cette idée, mettant en avant la nécessité de préserver la compétitivité des entreprises. L’organisation patronale exige toujours l’alignement sur le régime général de l’âge de départ à la retraite sans abattement, qui passerait de 65 à 67 ans et une ouverture des droits à la retraite à partir de 60 ans, voire 62 ans, au lieu de respectivement 55 et 60 ans à l’Arrco et l’Agirc. Ce qui reviendrait à baisser drastiquement une retraite complémentaire qui représentait en 2009 30 % de la pension globale des non cadres et 55 % de celle des cadres.

Les partenaires sociaux devraient camper sur leur position le 9 mars, lors d’une réunion de négociations qui planchera sur le projet d’accord rédigé par le Medef. On en saura plus sur les nouvelles règles de fonctionnement voulues par le patronat. Et sur le rapport de force syndical…

Car la CGT veut mobiliser ses troupes dès le 9 mars et la confédération a déjà annoncé qu’elle ferait du 28 avril, en lien avec la journée de l’Organisation internationale du travail (OIT), « un moment fort de mobilisation pour une véritable reconnaissance de la pénibilité » dans les réformes des régimes de retraite.

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Commentaires de forum
  • Rabida 2 mars 2011 à 16:49

    Bénéficiant du dispositif "carrières longues", je dois pouvoir partir en retraite au 1er août, à 60 ans (née en juillet 1951, après 43 années de cotisations.(confirmation de la CARSAT).
    Il devient urgent que le problème des complémentaires soit réglé très rapidement pour les gens qui comme moi sont les premiers "bénéficiaires" de la réforme !
    Je ne peux pas démissionner sans savoir si le régime complémentaire va suivre le régime de base !!!... et il faut 4 mois pour instruire un dossier de retraite !
    Alors Messieurs du Medef et des Syndicats, mettez vous d’accord pour prolonger, au moins de quelques mois l’accord AGFF pour permettre aux gens de partir quand ils en ont le droit...

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  • michad20 2 mars 2011 à 19:19

    je voudrais rassurer rabida et lui dire que tous ceux et celles qui ont choisi de partir le 1er juillet,aout,sept, oct ,nov 2010 qu’ils ne seront pas touchés par le nouveau dispositif des retraites complémentaires et ce quelle que soit l’issue des négociations.

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  • Rabida 3 mars 2011 à 11:35

    Merci de votre réponse, mais les accords AGFF prenant fin au 30 juin 2011,comment pouvez-vous dire avec certitude qu’ils seront reconduits et dans les mêmes conditions ?

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  • Jacques 3 mars 2011 à 18:47

    Le prétexte "compétitivité" a bon dos...
    On voit de plus en plus de véhicules "haut de gamme"... les ports de plaisance sont saturés et pleins de luxueux bateaux... Les ventes immobilières à gros budget sont aussi dans la même dynamique d’évolution...
    TOUT CES CONSTATS ME LAISSENT À PENSER QU’IL Y A DE L’ARGENT EN FRANCE...
    L’AUTRE CONSTAT, C’EST QUE LES TRAVAILLEURS ET LES RETRAITÉS PERDENT DE PLUS EN PLUS DE POUVOIR D’ACHAT ET D’ACQUIS SOCIAUX SANS PARLER DES SALAIRES BLOQUÉS DEPUIS DES ANNÉES ET DES ANNÉES...
    ET CE NE SONT PAS EUX QUI PEUVENT S’OFFRIR TOUT CELA...
    CE SONT LES EMPLOYEURS ET LES INVESTISSEURS QUI PROFITENT DE LA DITE "COMPÉTITIVITÉ"...
    L’OBJECTIF DU MEDEF, C’EST DE FAIRE ENCORE PLUS D’ARGENT SUR LE DOS DES SALARIES !!!

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  • Les tentatives patronales de réduire autant que faire se peut toutes les charges salariales, y compris les retraites, ne vise qu’à rattraper des parts de marché déclinantes depuis des années. Ce patronat montre ce qu’il est : notoirement INCAPABLE en face de ses compétiteurs européens, notamment ceux des Pays Bas et de l’Allemagne. Ce patronat français essaye ainsi de mettre sur le dos du Salariat et plus généralement de l’ensemble de la population française, sa propre carence et son inadéquation face aux nécessités d’investissements dans les domaines de la Recherche, de l’Innovation, et des développements techniques. Mme Parisot, à la tête du Mouvement (sic) des Entreprises (sic) de France (sic) peut-elle se targuer d’une quelconque autorité morale en ce domaine, sinon revendiquer l’appui de ... l’UIMM et de se retourner une fois de plus vers l’Etat pour réclamer un appui financier.. au nom du libéralisme ?

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  • chriscool42 5 mars 2011 à 13:24

    Tout à fait d’accord avec ce message.
    Depuis 30 ans, le patronat français a fait la preuve de sa vison court termiste et sans aucun souci de la conservation de l’industrie en France (aujourd’hui, il est de plus en plus question de délocaliser le R&D dans certains grands Groupes !)
    Au contraire, en Allemagne, le patronat a le souci de privilégier et développer l’industrie allemande en priorité. Les constructeurs automobiles allemands sont intervenus à plusieurs reprise auprès de leur grands fournisseurs pour que ceux ci maintiennent des sites en allemage - pays "high cost". Je n’ai pas vu un tel comportement de la part des constructeurs français !

    Et que dire des banques et de leur absence de soutien aux PME ! Elles préfèrent spéculer !

    le résultat est effectivement une perte de marché, mais à qui la faute ?

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  • 8 mars 2011 à 18:05

    en effet, j’avais l’intention de prendre ma retraite à mes 62 ans en août prochain, et j’avais donc demandé une estimation de ma retraite complémentaire mais quand j’ai appris le coup qui se préparait avec les retraites complémentaires, d’estimation, je suis passée à la liquidation totale de mes droits car la personne que j’avais rencontré au CICAS m’avait prévenu qu’il fallait que je fasse au moins ma demande de retraite complémentaire 4 mois avant le date d’entrée en vigueur de la nouvelle réforme, c’est à dire, le 1er juillet 2011.
    donc je n’ai plus hésité et j’ai demandé ma retraite de base et complémentaire au 1er mai 2011 ; au moins je suis sûre de ne pas me faire rouler, déjà que l’on a ajouté une louche en prenant les 25 meilleurs années, il ne manquerait plus que j’y laisse encore des sous.
    quand on voit combien augmente le gaz, le pétrôle et tout ce qui s’ensuit, ce sera dur pour ceux d’en bas, pas pour tous hélas, il reste beaucoup de priviligiés et je plains tous ceux qui arriveront après nous car pour mettre des sous de côté, il faut en avoir déjà assez dans son porte monnaie et ce n’est pas le cas actuellement.

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