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16 février, par Christophe Kantcheff
Certes, les mots sont importants. Parfois même, ils sont chargés d’explosifs. « Civilisation » et « populisme » ont ainsi fait pas mal de bruit ces derniers temps. Mais il semble que les mains qui en ont allumé la mèche n’assument pas vraiment, profitant de la malléabilité du sens de ces termes pour prétendre que ce que beaucoup ont compris n’est pas ce qu’ils voulaient dire…
Inculture ou, plus vraisemblablement, mauvaise foi ? Les linguistes le disent depuis longtemps : il n’y a pas de sens fixes aux (...)
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16 février, par Christophe Kantcheff
Soixante-quinze ans après, la Grande Illusion , de Jean Renoir, ressort sur les écrans dans une version restaurée.
Le cinéma est « un métier provisoire, parce que, malgré l’effort énorme et dévoué des cinémathèques diverses, les copies disparaissent ». Ainsi s’exprimait Jean Renoir en 1954, et il n’avait pas tort. Impossible de comptabiliser le nombre de négatifs engloutis ou endommagés, de films invisibles ou tronqués depuis les débuts du cinéma. D’où l’importance du travail de recherche des copies et de (...)
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16 février, par Elodie Corvée
Pierre Terzian donne à voir un monde âpre pour qui n’est pas bien né.
« Une trace que la montagne efface. Tu disparais. Sous la neige. Dans la roche, et, couvert de silence, tu deviens secret. Au fond d’une crevasse, la plus belle manière de crever. » Les premières lignes du récit de Pierre Terzian, Crevasse, auraient pu être les dernières. D’emblée, l’auteur donne la mort à son personnage principal comme signifiant qu’aucun espoir n’est possible. Car la suite n’épargne pas ce « tu », qui n’a eu de cesse (...)
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16 février, par Ingrid Merckx
Le festival Sons d’hiver achève sa XXIe édition. Entretien avec Fabien Barontini, son directeur.
Loin des sirènes estivales, Sons d’hiver poursuit depuis vingt ans une ambition éclectique et audacieuse en Val-de-Marne. Une trentaine de concerts programmés depuis le 27 janvier, de Cachan à Fontenay-sous-Bois en passant par Vitry-Sur-Seine, avec des musiciens et des groupes comme Pura Fe, La Rumeur, Ursus Minor, Élise Caron, le Surnatural Orchestra, Craig Taborn… Des noms connus ou moins connus, dans (...)
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16 février, par Jean-Claude Renard
Une histoire sociale de la gastronomie rhodanienne.
C’est une fille de paysans pauvres, contrainte de quitter la maison paternelle pour avoir donné naissance en octobre 1914 à un môme sans père. Pataquès et branle-bas dans la cambuse. Mère célibataire : un statut difficile à assumer. Eugénie Brazier quitte son village de l’Ain pour Lyon, laisse son mioche en nourrice avec une promesse de retour. Dans l’entre-Rhône-et-Saône, elle marne dans une famille d’industriels versée dans les pâtes alimentaires. (...)
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16 février, par Gilles Costaz
Des saynètes drôles et mordantes de Jean-Claude Grumberg.
C’est presque un jeu. Un couple est en scène, chacun commence sa saynète par « Moi je crois pas ! », et son partenaire réagit. Lui ne croit pas au « 11 Novembre » (il s’est trompé, il voulait dire « 11 Septembre »), elle le rembarre et il renchérit. Lui ne croit pas à l’existence du yéti. Ils s’enflamment, dévient, finissent par s’en prendre à un groupe ethnique. Lui ne croit pas – en général, c’est l’homme qui attaque, la femme ne lance le débat (...)
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16 février
Il y a des cinéastes qui ne vous laissent pas en paix. Lars von Trier est de ceux-là. Plus exactement son dernier film, Melancholia. Celui-ci laisse une impression à double vitesse. La première est immédiate et peut être négative. La seconde est à plus long terme. Le film chemine en vous, insidieusement, et appelle finalement à être revu. Les beautés de Melancholia ne se dévoileraient-elles qu’après quelque insistance ? Son édition en DVD tombe donc à point nommé pour retrouver les deux sœurs du film, (...)
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16 février
Le mardi 21, le journaliste et philosophe Robert Maggiori est l’invité du séminaire « La Critique impossible ? » à l’Institut français de presse à Paris, consacré à la critique des œuvres dans les médias, et animé par Christophe Kantcheff, de Politis, et l’écrivain Bertrand Leclair. Robert Maggiori a publié l’an dernier le Métier de critique – Journalisme et philosophie (Seuil).
La Critique impossible ?, Institut français de presse, 4, rue Blaise-Desgoffe, 75006 Paris. (...)
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9 février, par Christophe Kantcheff
Une série malheureuse s’abat actuellement sur les affiches. Après celles du prochain spectacle de Stéphane Guillon empêchées par la régie publicitaire de la RATP (voir Politis la semaine dernière), c’est au tour des affiches de deux films d’être dans le collimateur. Le premier, les Infidèles, un film à sketches (sortie le 29 février) avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche, a vu ses deux affiches retirées à la demande de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). On voit sur l’une Jean (...)
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9 février, par Éric Tandy
Événement itinérant, les Nuits de l’alligator défendent les nouvelles musiques inspirées de la musique noire, folk et country.
Le blues, musique du moment… L’affirmation peut faire sourire ceux qui pensent que le genre n’a pas survécu à la disparition de la plupart de ses grandes figures historiques (John Lee Hooker est décédé en 2001) ou qu’il n’existe plus que sous une forme aseptisée dépossédée de son esprit roots de départ.
En réalité, depuis que Fat Possum, un petit label de disques d’Oxford, dans le (...)
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9 février, par Jacques Vincent
Les Américains de Guided By Voices sont de retour. Foisonnant.
Guided By Voices, c’est essentiellement Robert Pollard, seul élément stable de ce collectif à géométrie variable apparu sur la scène américaine en 1986, néanmoins doté de signes particuliers intangibles qui dessinent une personnalité singulière. Dont cette constance à sortir des disques rassemblant un nombre important de morceaux à la durée disparate.
Un trait qui tient à l’un des principes de base de son leader dans sa façon de composer : (...)
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9 février, par Christophe Kantcheff
Quatre films et des « Écrits » du cinéaste et de sa femme, Danièle Huillet.
Imaginons une jeune fille ou un jeune homme, amoureux du cinéma mais étranger à la communauté vulnérable des cinéphiles (pour qui le cinéma est encore une raison d’être), pénétrant par hasard dans une salle où serait projeté l’Inconsolable, le nouveau « programme » – un ensemble de quatre courts-métrages – signé Jean-Marie Straub. C’est peu de dire que la découverte risque d’être déroutante. Ce n’est pourtant pas une si mauvaise manière (...)
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9 février, par Anaïs Heluin
Une fable d’Israël Horovitz sur le pouvoir. Humour grinçant.
Casquette à l’envers, survêt’ bien large et balle de baseball à la main, un individu mal dégrossi attend de pied ferme. Qui, quoi ? Peut-être ne le sait-il pas lui-même. Qu’importe, il campe sur sa position, juste derrière le seul élément qui habille une scène tout à fait nue : une ligne blanche. Il est le premier et compte bien le rester. Quitte à lutter contre tous ceux qui tenteront de lui prendre sa place, contre les autres personnages (...)
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9 février, par Christophe Kantcheff
« My Land », de Nabil Ayouch, documentaire subtil sur le conflit israélo-palestinien.
Avec My Land, le cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch met à mal les certitudes et les modes de représentation habituels sur le conflit israélo-palestinien.
Contrairement à d’autres, Ayouch ne défend pas une cause même s’il ne cache pas l’orientation de son regard, ni n’entonne l’air consensuel de la réconciliation à tout prix. Il s’inscrit plutôt dans le prolongement d’une démarche personnelle, celle d’un homme (...)
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9 février
Pour casser le mythe du cinéaste difficile et inaccessible qui lui est trop souvent accolé, l’édition en DVD de tous les films d’Andreï Tarkovski tombe à point nommé. C’est l’occasion de prendre son temps pour (re)visiter une œuvre lyrique et symbolique, qui imprègne le spectateur de visions renversantes d’intensité.
Traversée par un questionnement sur l’homme et sa finalité, l’œuvre d’Andreï Tarkovski, né en 1932 en URSS et mort en 1986 en France, témoigne également d’une relation forte avec l’histoire russe (...)
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9 février
Ne se souvenir de Ben Gazzara, décédé le 3 février à 81 ans, et dont la carrière s’étale sur près d’un demi-siècle, qu’à travers les rôles qu’il a tenus dans trois films de John Cassavetes, est sans doute injuste.
Pourtant, c’est grâce à Husbands, Opening Night (deux films où il jouait aux côtés de Peter Falk, décédé l’an dernier) et Meurtre d’un bookmaker chinois, où il est absolument fantastique, que l’on retiendra toutes les qualités du comédien et sa silhouette nonchalante de latin (...)