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Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 15 juin 2012

Ces salauds de Grecs qui ne veulent pas "comprendre"

Les Grecs doivent revoter dimanche, sous la pression des dirigeants européens et de François Hollande qui leur a demandé de « comprendre ».

François Hollande a voulu « prévenir » les Grecs. Mercredi 13 juin, dans un entretien accordé à une chaîne de télévision grecque, il a expliqué que s’ils ne votaient pas comme les dirigeants et les marchés financiers européens l’attendent, « des pays de la zone euro préféreraient en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro ».

Un mois et demi après un premier scrutin qui n’avait pas permis de dégager de majorité et tandis que la crise de la dette souveraine s’enfonce dans un puits sans fond, les Grecs doivent revoter, dimanche. Et dans le ciel orageux de l’Europe, où la page de la Merkozy a été tournée dans un échange d’amabilités [1] entre la France et l’Allemagne ces dernières 48 h, il y a au moins un point qui fait l’unanimité : les Grecs ne doivent pas se tromper. À mots feutrés, les dirigeants européens visent Syriza, le rassemblement des 13 formations de la gauche de la gauche arrivée second le 6 mai (16 %).

« Ce que doivent comprendre les Grecs »

Le parti d’Alexis Tsipras entend revenir sur le plan d’austérité et « d’ajustement structurel » négocié avec Bruxelles et le FMI en échange d’une aide supplémentaire de 240 milliards d’euros. L’aide à la Grèce « ne sera pas renégociée avec le nouveau gouvernement », a ainsi prévenu vendredi le vice-chancelier autrichien Michael Spindeleffer (conservateur).

« L’abandon pur et simple du mémorandum serait regardé par beaucoup de participants de la zone euro comme une rupture », estime François Hollande. « Nous sommes déjà dans une autre étape. C’est ce que doivent comprendre les Grecs aussi ».

En lire plus : « Des efforts sont à faire »

« Ce que je demande » aux Grecs, « c’est d’avoir confiance dans ce que nous pouvons faire ensemble, d’avoir aussi le souci de la vérité, c’est-à-dire de faire le choix qui leur paraîtra le meilleur et s’ils veulent rester dans la zone euro, de savoir que l’Europe leur viendra en soutien parce que c’est nécessaire, et qu’en même temps des efforts sont à faire ».

Beaucoup moins subtil, l’édition allemande du Financial Times de vendredi appelle à « résister à la démagogie d’Alexis Tsipras », dans un double éditorial de Une, rédigé en grec et en allemand. « C’est seulement avec les partis qui acceptent les conditions des bailleurs de fonds internationaux que votre pays pourra garder l’euro », menace le journal.

Faire barrage à Syriza, quitte à remettre les conservateurs au pouvoir

Alexis Tsipras ne parle pourtant plus d’« annulation » de l’accord signé avec l’UE et le FMI, mais de le renégocier, sans remettre en question le principe d’un retour à l’équilibre. Ce sont le calendrier et les contours du plan de rigueur (protéger notamment les bas salaires et les petites retraites) qui sont avant tout contestés.

Ces critiques font d’ailleurs l’unanimité en Grèce jusqu’au parti conservateur « Nouvelle Démocratie » (sic), dont la politique a mené le pays dans l’impasse. Le parti, qui devancerait légèrement Syriza d’après des sondages officieux (les sondages d’opinion ne sont pas autorisés en Grèce dans les 15 derniers jours de campagne) prévoit lui aussi de renégocier le mémorandum avec l’UE et le FMI.

La formation qui arrive en tête bénéficie de 50 sièges au parlement. Selon les derniers sondages autorisés, datant donc de deux semaines, il est néanmoins plus qu’incertain qu’une majorité puisse se dégager de ce nouveau scrutin. Les ministres des Finances de la zone euro ont prévu une conférence téléphonique dès les résultats du scrutin grec connus.

Nota Bene :

Photo : LOUISA GOULIAMAKI / AFP

[1] Angela Merkel a déploré vendredi devant la fédération des entreprises familiales un « manque de confiance entre les acteurs » de la zone euro, tandis que Jean-Marc Ayrault lui avait reproché ses « formules simplistes » et qu’Arnaud Montebourg s’en prenait à son « l’aveuglement idéologique ».

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Commentaires de forum
  • En effet, les "Grecs ne doivent pas se tromper", ils doivent voter SYRIZA.

    Ils ont déjà la merde et l’argent de la merde et les fameux dirigeants européens leur en promettent encore plus.

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  • Siriza est le seul apte à épargner au peuple grec un suicide ordonné pas la finance.
    On ne peut pas obligé les Humains à chier de l’argent et à bouffer des cailloux ! Mais ça les salauds de financiers ne veulent pas "comprendre".

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  • La démocratie de plus en plus en danger en Europe. Où est la souveraineté des peuples quand on trahit leurs suffrages, quand on les contraint à revoter jusqu’à ce que le résultat soit conforme, quand on les menace ou quand on fait pression sur eux ? Le pouvoir (économico-financier) ne supporte plus d’être contrecarré. D’autre part, le suffrage universel n’est pas une preuve suffisante de démocratie (par exemple : le droit de choisir entre Medvedev et Poutine, entre les deux candidats égyptiens). Si les structures politiques et les processus d’accès à la candidature ne sont pas démocratiques, ce n’est pas la démocratie. (Se rappeler l’émoi de Mr Sarkozy, outré d’avoir été mis sur le même plan que les autres candidats à la présidentielle au premier tour)

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