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Par Denis Sieffert - 13 juin 2012

De Valérie Trierweiler au duc d’Edimbourg…

Voilà une affaire extrêmement fâcheuse pour François Hollande. Car, au-delà même de ses conséquences électorales, l’intrusion brutale de Valérie Trierweiler sur la scène politique ruine tout le discours si méthodiquement élaboré par le président « normal ». C’est la promesse tant de fois réitérée de rompre avec ce mélange entre vie publique et vie privée, apanage du sarkozysme, qui perd ainsi de sa crédibilité. On aura en effet du mal à se convaincre que le soutien apporté par Valérie Trierweiler au dissident socialiste Olivier Falorni a d’autres motivations que celle d’un règlement de compte avec la femme qui l’a précédée dans la vie de François Hollande. Le tweet assassin a fait deux victimes : Ségolène Royal, bien sûr, mais plus encore, François Hollande lui-même. Evidemment, on ne manquera pas de poser la question du « statut » de « la Première dame de France ». Mais, doit-elle avoir un « statut » ? Son obligation de réserve et de discrétion n’est-elle pas déterminée par cette évidence démocratique : ce n’est pas elle que les Français ont élue.

Avant d’user d’une parole publique dans un combat qui implique directement le président, ne doit-elle pas s’interroger sur les raisons qui donneront de la résonance à son propos ? Si le malheureux tweet fait tant de bruit, ce n’est évidemment pas parce qu’il provient d’une journaliste de Paris-Match, ou de Mme Treiweiler, femme dont l’influence personnelle serait reconnue en raison de son œuvre ou d’une qualité d’analyse depuis longtemps démontrée. C’est exclusivement parce qu’elle est la compagne du président de la République. C’est donc la légitimité d’un autre, et pas n’importe quel autre, qu’elle détourne consciemment à son profit. Et, qui plus est, pour régler une affaire privée. Certains voudront voir dans cette « indépendance de pensée » la manifestation d’une émancipation. C’est tout le contraire. C’est l’expression d’une extrême dépendance dévoyée : l’écho que reçoit la prise de position de Valérie Trierweiler résulte uniquement de la notoriété de son compagnon.

Faut-il alors pour autant que la femme du Président, ou sa compagne, s’impose le silence ? En France, on a coutume de citer l’exemplarité parfaite d’Yvonne de Gaulle. On pourrait inverser les rôles en citant le mari d’Angela Merkel, un certain Joachim Sauer. Ou, pourquoi pas, le Duc d’Edimbourg, toujours trois pas derrière la Reine, et impeccablement muet… N’y aurait-il donc d’autre voie pour une femme de Président (ou un mari de présidente) que l’effacement ou l’abus d’un pouvoir qui n’est pas le sien ? L’effacement, ou à tout le moins la discrétion, est sans aucun doute un devoir démocratique. Mais il ne signifie pas l’inexistence. Danielle Mitterrand ou Sylviane Agacinski ont l’une et l’autre « existé » fortement alors qu’elles étaient femme de président de la République ou de Premier ministre. La première a toujours eu un engagement militant qui faisait d’elle une conscience, mais elle ne s’est jamais mêlée de cuisine électorale, ni n’a jamais été influencée dans son action par des histoires d’alcôve. Elle aurait pourtant eu matière, avec François Mitterrand… Et elle n’a jamais fait taire ses convictions, même quand on pouvait supposer que son président de mari ne les partageait pas. La seconde est une philosophe qui publie ses travaux. Elle a « existé » par son œuvre avant, pendant et après le passage de Lionel Jospin à Matignon. Là est la véritable indépendance.

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Commentaires de forum
  • Mim31 13 juin 2012 à 15:31

    Face à la pléthore d’articles hypocrites se délectant de ce déplorable tweet, tout en disant combien c’est déplacé, je suis satisfait de lire enfin une analyse juste et intelligente

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  • Janick 13 juin 2012 à 16:40

    Ouf, comme tout ça est bien dit et bien pensé. Merci.

    Il semble évident que Mme Trielweiler n’est ni Danièle Mitterand, ni Sylviane Agacinski.

    (zut, voilà que je fais de l’UMP avec mon "ni...ni- tant pis).

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  • Ch’Ban 13 juin 2012 à 19:25

    Quel beau journalisme !! Qu’en pensent ceux qui en sont morts, d’investiguer, au péril de leur vie !

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  • Thomas 14 juin 2012 à 10:08

    C’est l’inconvénient de baser toute sa crédibilité sur une image - morale, psychologique - au lieu de convaincre par ses choix politiques et ses résultats ; cette image est forcément très fragile et mise à bas par des événements mineurs. (le précédent président en sait quelque chose) Je dirais même que c’est une erreur de la part d’un socialiste, selon moi, de procéder ainsi. Je crois que les Français préfèrent les personnalités fortes aux personnalités floues.

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  • Tonton Roland 14 juin 2012 à 10:23

    C’est fatigant ! Quand arrêtera t’on de parler de "Première dame...", c’est l’épouse, la compagne, etc... Point !
    La politique se fait-elle au niveau des "gazouillis" ? Tout un symbole. Il faudrait également revoir les sémantiques utilisées - "salaire" pour des ministres —> donc profession ... , etc

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    •  
      pagnon chantal 14 juin 2012 à 17:57

      nous arreterons seulement quand les premieres dames ne se mèleront pas des affaires de l état pour la simple raison qu’elles n’ont aucun statut juridique qu’elles n’ont déjà pas quand elles sont mariées et encore moins quand elles sont compagne rien empèche par ailleurs de s’affirmer madame mitterand chirac bruni sarkosy avait et ont beaucoup de caractères mais savaient rester digne et surement conseiller leur president de mari dans la discretion la plus total bravo a ces femmes droites dans leurs bottes et qui de surcroit ne mettaient pas le president dans l’embarras à j’oubliais madame de gaulle

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  • le journal de personne 14 juin 2012 à 15:14

    Je suis bien obligée de tenir des propos vulgaires, rien que pour me démarquer de la vulgarité des manières :
    Vulgarité des manières qui ne datent pas d’hier
    Le premier homme n’a qu’une couille
    On croyait qu’il n’en avait pas assez avec deux
    Nous voilà rassurés... il n’en a qu’une. Parce qu’il ne peut en avoir qu’une
    En revanche, la première dame qui a prétendu n’en avoir aucune... elle en a trois sous le pied (Trierweiler)
    Et elle vient de le prouver, s’il vous plaît
    En damant le pion à son double... à la face du monde entier
    Faut-il s’en réjouir ou maudire ce couple président sans ciel
    Où la première dame joue les surhommes.

    Non, mon intention n’est pas de sauver le soldat Royal
    Mais de dénoncer ce royaume délétère
    Où seul l’instinct grégaire légifère...
    Tout à l’égo... l’égotisme le plus vulgaire
    De madame... Rottweiler !
    Elle ne peut pas être plus socialiste que les socialistes, tout de même,
    ni plus royaliste que le roi
    Et pourtant, elle l’est... et vient de l’étayer
    C’est elle qui va gouverner au nez et à la barbe de tous les français
    On ne le savait pas, maintenant on le sait. Nous sommes faits !

    Une femme peut en détruire une autre
    Une femme peut nuire plus qu’aucun autre
    Une femme peut tromper tous les hommes du premier jusqu’au dernier... faut-il le rappeler ?
    Cette Valérie me rappelle Salomé
    Celle qui a demandé la tête de Jean le Baptiste et l’a obtenu sur un plateau doré...
    Parce que c’est le moment de se demander
    Si notre élu est un homme pour de vrai
    Avec une couille en moins et une embrouille en plus !

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  • Gilbert Duroux 15 juin 2012 à 02:24

    Il y a une hypothèse qui n’a pas été envisagée par tous les commentateurs de cette lamentable histoire de tweet. Et si, au fond, Valérie Tweetveiler était tout simplement bête à bouffer du foin ? Hollande est-il responsable s’il est amoureux d’une dinde ? Les élans du cœur sont parfois mystérieux...

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    •  
      Janick 15 juin 2012 à 14:14

      J’y ai songé,mais pas osé le dire.

      Cette histoire peut servir dans un feuilleton à la "Nous Deux"

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  • Ali 15 juin 2012 à 10:36

    Oui, Danielle Mitterrand a existé et Sylviane Agacinski existe, chacune conformément à leur culture et leur personnalité. Et la dinde aussi existe à sa façon. Avec "le poids des mots et le choc des photos", et conformément à la culture "Paris Match".

    Elle avait déjà "brillé" par son faux reportage sur la "rencontre" de Jean-Luc Mélenchon avec la chef des fachos dans les travées de l’Assemblée Européenne. Et avec ses nouveaux exploits elle promet de devenir "le premier dam" du quinquennat.

    Quand on a l’ambition de présider à la destinée d’une nation on ne va pas chercher sa compagne chez la presse poubelle.

    Et il n’est pas encore trop tard pour limiter les dégâts.

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  • valere 15 juin 2012 à 14:07

    Tour ce qui peut contribuer à débarrasser la France de Royal et de ses ambitions ridicules de Présidence de l’Assemblée est globalement positif...

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  • liberté d’opinions cons et sensuelles 21 juin 2012 à 02:51

    Vraiment, tout le monde s’en fout de cette histoire hormis les médias qui n’ ont apparemment rien d ’ autre à faire.decu de trouver un ’ article si inintéressant sur ce tres bon site.

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