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Par Claude-Marie Vadrot, Politis.fr - 27 avril 2008

Fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique

Devant le succès de l’article de Claude-Marie Vadrot sur les fraises espagnoles publié le 12 avril 2007, Politis.fr vous en propose une version actualisée en accès libre.

Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici de quoi vous en dégoûter à tout jamais…

D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 90 000 tonnes de fraises [1]. Enfin, si on peut appeler fraise ces gros trucs rouges, encore verts autour de la queue parce que cueillis avant d’être murs, et ressemblant à des tomates ; avec d’ailleurs à peu prés le goût des tomates. Si le seul reproche envers ces « fruits » était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre 2 et 3 euros le kilo dans les marchés et les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 kilomètres en camion. A dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 10 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux, migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors-saison, pour que commence à être révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques quand elle provient également de serres chauffées. Ce qu’on découvert les envoyés spéciaux du WWF et ce que confirment les écologistes espagnols illustre la mondialisation bon marché.

Cette « agriculture » couvre près de 6 000 hectares dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % seulement de ces cultures sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont enfournés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver pour avancer leur production. A l’automne, la terre sableuse est nettoyée, stérilisée, la microfaune détruite, avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les Iraniens pour le régime de Saddam Hussein, ce qui lui a valu l’année dernière une condamnation à la peine de mort…

Qui s’en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d’œuvre marocaine ou roumaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, se réchauffant le soir en brûlant les résidus des serres en plastique qui recouvrent les fraisiers au cœur de l’hiver. Un écolo de la région raconte l’explosion des maladies pulmonaires et de affections de la peau. Les plants poussent sur un autre plastique noir et reçoivent une irrigation goutte à goutte qui transporte les engrais, des pesticides et des fongicides. Pour le lecteur dont l’appétit ne serait pas encore coupé, continuons.

Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié a été installés de façon illégale et dont 80 % tirent plus d’eau qu’ils ne sont autorisés à le faire : en moyenne 4500 m3 par hectare. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine d’individus dans la région. Leur seule nourriture, les lapins, sont en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastiques, le noir et le blanc, sont soit emportés par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place. Et les ouvriers agricoles sont priés soit de retourner chez eux, soit de s’exiler ailleurs en Espagne. Pour se faire soigner à leurs frais après avoir respiré les produits nocifs.

La production et l’exportation de la fraise espagnole -l’essentiel étant vendu avant la fin de l’hiver et en avril- représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture et bouleverse ce qui reste dans le public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc où les industriels espagnols de la « fraise » commencent à s’installer. Avant de venir de Chine d’où sont déjà importés des pommes encore plus traités que les pommes françaises.

Dommage que les consommateurs se laissent prendre, comme ils se laissent prendre aux asperges « primeur » en provenance de la même région et bénéficiant des mêmes soins chimiques. Au lieu d’attendre quelques semaines que les producteurs de proximité offrent les mêmes produits sur des marchés de proximité.

[1] Pour une consommation française marchande annuelle de 130 000 tonnes

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Commentaires de forum
  • orsi 23 avril 2008 à 15:27

    si les fraises espagnole sont vraiment goût à tomate, c’est une bonne nouvelle, car il aussi devenu difficile aussi de trouver de bonnes tomates ayant du goût ...
    Les spagettis coulis de fraises espagnoles - basilic vont peut-être devenir à la mode.

  • 23 avril 2008 à 19:47

    Oui, mais le problème, c’est que de l’Andalousie, comme des Pays Bas ou de certaines exploitations françaises, proviennent des tomates produites dans les mêmes conditions que les fraises....

    CMV

  • klech 24 avril 2008 à 00:05

    la production est déjà en partie transferée au Maroc.
    les agro-industriels espagnols ont commencé à s’implanter en 2000 dans la région du Gharb sur une bande de 200 kms qui longe la côte atlantique marocaine de Tanger à kenitra. A l’époque la loi sur les baux agricoles interdisants aux etrangers d’acquérir ou de louer des terres agricoles, les agro-industriels espagnols se sont associés à des agriculteurs marocains. Ils fournissaient les semences et les moyens techniques en échange d’une mise à disposition des terres les plus fertiles. Mais Depuis 2004, la modification de la loi sur les baux agricoles donna la pssibilité aux agros-industriels espagnols de louer des terres agricoles avec avec des baux emphytéotiques
    (qui est un bail immobilier de très longue durée, dans le cas présent 30 ans et qui permet de bénéficier de prêts auprés de banques marocianes : donc les agro industriels espagnols sont 2 fois gagnants). Aujourd’hui on commence les mêmes effets devastateurs sur le sol marocain. D’ailleurs souvent la fraise dite made in Spain est plûtot made in Morocco sur le sol marocain avec la main d’oeuvre marocaine mais labellisée espagnole. De même qu’il y a une utilisation abusive de produits chimiques par les paysans marocains souvent à leur insu car majoritairement illetrés. Et qui donc n’ont auncune idée de la composition chimique de ces produits. Ainsi on commence à assister à la reproduction de la même catastrophe écologique et sociale.

    Abdessalam KLEICHE

  • 24 avril 2008 à 01:22

    Oui, je sais, mais je n’y ai que fait allusion car je ne suis pas allé vérifier

    merci

    cmv

  • Daniel DURET 24 avril 2008 à 08:50

    Cela fait plusieurs fois qu’on m’envoie votre ancien article... Mais moi cela fait des années que je dénonce ce phénomène d’abord dans mon catalogue ensuite grâce à ma newsletter(voir lien).
    Surtout l’utilisation du bromure de méthyle faite en france depuis plus de 30 ans et encore possible aujourd’hui, avec la bénédiction de services officiels...
    Si vous voulez de l’info de 1ère main, je peux vous aider...

    PS : je suis surtout dans la "framboise" et depuis plusieurs années j’ai perdu la majorité de mes clients français...Coop et groupements de producteurs !
    Tout se fait au Maroc et avec la bénédiction des autorités européennes, cela se vend sous l’origine espagnole jusqu’en scandinavie(bonjour le transport en camions frigos)

    Voir en ligne : Tout sur les Petits Fruits.

  • Hubert 24 avril 2008 à 12:09

    Je vous signale l’existence en Suisse d’une pétition signée à ce jour par environ 25’000 citoyens -consommateurs , parmi lesquels un bon nombre de français ; on peut la rerouver sur : www.raslafraise.ch.

    D’autre part je ne saurais trop recommander aux lecteurs de Politis la lecture du Forum Civique Européen (www.forumcivique.org ) qui appelle , entre autres , à un soutien au mouvement syndical (SOC) qui a pris la défense des travailleurs clandestins d’EL EJIDO

    Hubert

  • 24 avril 2008 à 19:38

    Merci. Et bravo pour cette lutte ancienne.
    Oui, nous sommes intéressés par plus d’infos sur le bromure de Méthyle.

    cmv

  • 24 avril 2008 à 19:39

    J’espére que les lecteurs de Politis s’en saisiront.

    CMV

  • zuzu 26 avril 2008 à 22:42

    C EST UNE NOUVELLE GUERRE BASTERIENNE PAR INSIMINATION DE POISON INVISIBLE MAIS TRES EFFICACE...
    C EST TOUJOURS EUX LES MEILLEURS.....
    PERSONNELLEMENT JE N ACHETE PLUS BEAUCOUP NI FRUITS NI LEGUMES ET SURTOUT PLUS DE TOMATES AU PRIX DU CAVIAR SANS GOUT PAS MURES PRESQUE DU PLASTIC ROUGE, IL N Y A DE NOM QUE LA COULEUR POUR LES FRAISES AUSSI.

  • 26 avril 2008 à 22:50

    Qu’ajouter à ce commentaire sinon qu’il est nécessaire d’être de plus en plus prudent. Mais les consommateurs ne sont pas raisonnables : ce matin, au marché de Gien, un producteur vendait ses asperges "sans traitement" indiquait une grande ardoise, à 4,5 euros le kilo. Ce qui n’empêchait pas des gens d’acheter des asperges à 6,5 euros le kilo dans la grande surface distante de 200 mètres. Mais il est vrai que celles du super-marché étaient lavées et "propres"....

    CMV

  • 28 avril 2008 à 18:30

    Y’aurait pas un abonné pour mettre en ligne la version à jour sur hoaxbuster.com, pour l’instant il y à un hoax qui circule, personne ne sait dire si c’est vraiment de l’info ou de l’intox parce que politis fait de la rétention d’information alors que visiblement le sujet prend de l’ampleur et pourrait avoir un impact réel (faut pas réver, tout le monde ne va pas s’abonner à politis)

  • 28 avril 2008 à 18:38

    La version Hoax qui circule :

    Bonjour,

    En cette période où l’on voit des fraises partout sur les étals, le rappel utile de cet article de Claude Marie Vadrot paru il y a un an dans Politis.

    Quatre minutes pour le lire et l’assimiler plus une minute pour le diffuser. Et il reste tout le week end pour aller au marché acheter des pommes.

    D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates... Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe. **Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF-France s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
    **Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national.
    Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.**Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires*.*

    ** Qui s’en soucie ? **

    **La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l’hiver. **

    **Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.**Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place.
    ** Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s’exiler ailleurs en Espagne. ****Remarquez : ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu’ils ont respiré ...
    **La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises... **

  • 28 avril 2008 à 19:06

    Tout est juste. Il s’agit d’une enquête (à l’initiative de WWF-France) et d’un reportage sur les lieux. Voir la version mise à jour sur le site de Politis il y a quelques jours.

    CMV

  • Carole 29 avril 2008 à 13:32

    bonjour

    vous dites que cet article est en accés libre mais je n’ arrive pas à le lire, toujours accés réservé. Dommage , je l’avais lu et voulais l’envoyer à des personnes mangeant des fraises espagnoles ....

  • 29 avril 2008 à 13:43

    Il est vraiment en libre accés (celui de 2008)

    cmv

  • Xavier Frison 29 avril 2008 à 16:04

    Bonjour,

    Une regrettable erreur de manipulation a remis derechef cet article en accès réservé : l’impair est réparé et l’article est désormais en accès libre. Pour de bon. Avec toutes nos excuses !

  • Juan Rodriguez 29 avril 2008 à 19:38

    1. Se puede llamar fresas a las fresas ; desde un punto de vista biológico y filológico, lo mejor es llamar a las cosas por su nombre.

    2. Si usted considera que las fresas españolas saben a tomate,es que usted no ha comido tomates en condiciones en su vida ; le aconsejo que por una vez se olvide del Club Med y se venga de vacaciones gastronómicas a Andalucía.

    3. En efecto, los camiones emiten CO2, transporten fresas de Huelva, flores de Holanda o vino de Francia ; pero estos productos no caminan solos, y ellos no tienen la culpa. Tampoco el consumidor de fresas debe sentirse culpable. Creo que esta manipulación de argumentos resulta un poco zafia.

    4. No existe el delta del Guadalquivir. No obstante, por una vez tengo que darle la razón : el parque nacional de Doñana es la mayor reserva natural de Europa, la primera zona que obtuvo tal consideración y grado de protección en el continente, y un modelo de autogestión, ya que es administrado por un patronato independiente de las autoridades políticas ; Andalucía es la región europea con mayor superficie de espacio protegido de toda Europa, además de la región europea de mayor biodiversidad, con entornos que van desde el desierto de Almería a las nieves perpetuas de Sierra Nevada, pasando por la Marisma (que no delta) del Guadalquivir ; las fresas no se cultivan dentro del parque.

    5. Las fresas de Huelva no se recolectan fuera de temporada ; el clima en Andalucía es más cálido que en Francia, y aquí las cosechas se adelantan, al igual que la floración. En esto los franceses pagan lo que en marketing se llama coste de oportunidad, al no poder materialmente salir al mercado los primeros. Quien escribió esto debería saber que no todas las regiones de la Tierra tienen el mismo clima.

    6. Si la fresa de Huelva asfixia a la de Francia en los mercados, lo más probable es que sea porque la francesa no es de mejor calidad. Si alguien quiere argumentar que no puede competir en precio, le recuerdo que un principio esencial del marketing es que dos productos que compiten en precio es que pertenecen al mismo segmento ; si uno de ellos pretenciosamente se presenta como de mayor calidad entonces el precio elevado no es una barrera, puesto que su nicho es otro ; a no ser que esto último no sea cierto, y sea percibido así por los consumidores, que entonces rechazan el argumento de la calidad y se decantarán siempre por el de menor precio. Si los productores franceses quieren competir en precio, que espabilen ; en Huelva tienen a su favor a la naturaleza, que busquen ellos algún elemento que les permita competir.

    7. Si realmente existe un delito ecológico, lo mejor es que lo denuncie en un Tribunal. O igual es que no existe tal delito, lo mismo que no existe el delta del Guadalquivir ; lo mismo es que todo esto sólo es contaminación y calumnia, y por eso no se puede denunciar ante un Tribunal.

    8. La técnica de cultivo a la que parece referirse con la expresión in vitro es la del cultivo hidropónico. Esta técnica se desarrolló y se utiliza, por motivos ecológicos y económicos, en Almería, pero no en Huelva. La principal razón de ser de esta técnica es que se puede mantener una planta viva durante todo su ciclo de desarrollo mediante una especie de alimentación asistida, con un importantísimo ahorro de agua y sin necesidad de que esté plantada literalmente en la tierra. Si las fresas de huelva se cultivaran así, entonces no ocuparían tantísimas hectáreas de tierra del parque nacional como usted denuncia.

    9. Lo de los frigos es, permítame la expresión, simplemente una fantasía y un diparate completamente increíble. Es cierto que en Almería se cultivan plantas en atmósferas controladas, pero no mediante frigos, porque esto incrementaría los precios de coste hasta niveles que harían insostenible el negocio. La técnica es mucho más simple : invernaderos ; por cierto, que los invernaderos no los han inventado tampoco en Almería.

    10. La Unión Europea es la zona de mayor seguridad alimentaria del mundo entero. El menor rastro de un producto no autorizado es detectado inmediatamente, como quedó claro con la crisis de los pimientos almerienses en Alemania, y más recientemente con el aceite de girasol procedente de Ucrania.

    11. Andalucía ya no es la región que describió Washington Irving. Los jornaleros marroquíes vienen con contrato en origen, visado por las autoridades marroquíes. Sus jornales están pactados y son más que dignos en función del nivel de vida nativo, ya que ellos no vienen a quedarse, sino a hacer la temporada. En efecto, el coste es más barato, y por eso compiten y obtienen los contratos, pero sobre todo porque los españoles ya no quieren hacer ese trabajo. Y por si quedaba alguna duda, sólo tengo que añadir que el sistema por el que trabajan los jornaleros marroquíes en Andalucía es un calco del sistema por el que durante décadas se han trasladado generaciones de andaluces a hacer la vendimia en Francia. Una última cosa : no hay un solo jornalero marroquí al que se le ocurra encender un fuego para calentarse en Andalucía en primavera, por razones que cualquier persona que sepa algo de geografía puede comprender.

    12. No voy a negar que ingerimos con los alimentos cosas que no deberíamos, pero no de manera particular con las fresas andaluzas. Insisto : los alimentos contaminados con productos no permitidos son detectados inmediatamente, y los productores saben que una alarma de las autoridades alimentarias puede arruinar su negocio, y son los principales interesados.

    13. Es objetivamente falso que las aves migratorias no paren de Doñana, y que los conejos estén en extinción. Los australianos llevan décadas intentando controlar a esta especie, sin éxito, así que le aseguro que en Andalucía no tienen un método secreto. El lince ibérico es una especie endémica que ha pasado grave riesgo de extinción, como tantísimas otras especies en todo el planeta, y que actualmente se encuentra en recuperación gracias al trabajo de protección de la especie que se ha desarrollado en la Estación Biológica de Doñana, bajo la dirección de Miguel Delibes, hijo del celebre escritor español del mismo nombre.

    14. Yo no diría que forêt sea el término adecuado para definir el ecosistema de la zona de Huelva. Infórmese mejor al respecto.

    15. Respecto a los plásticos abandonados, no creo que tal idea merezca mayor comentatio. Me limito a preguntar al lector si honestamente cree que kilómetros y kilómetros cuadrados de plástico han sido dejados a merced del viento, en el mismo sitio, durante años y años ; y si no cree que esto hubiera sido ya motivo de atención por parte de medios de comunicación y medios especializados, de sanciones de la Unión Europea, etc.

    16. La deslocalización no la han inventado los freseros. No obstante, la producción de la fresa no pertenece a una multinacional que pueda trasladar la producción conservando el negocio, sino a pequeños productores agrupados en cooperativas, cuya base de negocio está vinculada a la posesión del propio terreno, y a la recolección a bajo coste. Por eso traen la mano de obra al terreno en lugar de trasladar la producción a donde reside la mano de obra ; no creo que sea factible trasladar la producción con esta estructura económica.

    17. Para finalizar, sólo puedo añadir una cosa : durante décadas los agricultores franceses han asaltado, volcado y quemado los camiones que transportaban las fresas españolas en la frontera. La causa de este comportamiento es que, ante su imposibilidad de mantener la viabilidad de su producto frente a la comptencia, y ante la imposibilidad de ser amparados por la protección de las autoridades (ya que el mercado libre impide las medidas proteccionistas en la Unión Europea) no han dudado en recurrir al único argumento que tienen : la violencia. Pero como todo el mundo sabe, la razón es enemiga de la barbarie, luego es evidente de qué lado está la razón.

  • carole 30 avril 2008 à 20:54

    oui ça y est, j’ai pu le relire et retransmettre le lien ;o)

    merci ! et bon anniversaire pour le n° 1000 !

  • carole 30 avril 2008 à 20:56

    quelqu’un peut il traduire le message en espagnol svp ?

  • 1er mai 2008 à 20:12

    Je suis l’auteur du message en espagnol. Je voudrais m’excuser mais, en effet, je ne parle pas sufissament français pour le traduire moi meme. Mais j’ai voulu précisser quelques informations de l’article, et si quelqu’un veut le traduire et repondre, moi je suis pret à vous écouter.

  • 1er mai 2008 à 20:58

    Je parle couramment votre langue et je compte bien vous répondre. Para decirle que fui en Andaloucia, que me gusta mucho esa provincia y que no hay confusion entre esa provincia y algunas "industriales" de frutos...

    CMV

  • 1er mai 2008 à 21:13

    Je ne comprends pas bien ce dernier message...

    CMV

  • 1er mai 2008 à 21:16

    ...les fraises espagnoles ont le gout de tomate et alors vous voudriez qu’ils ayent le gout de quoi et de qui ? le gouut de Carla ? le gout de Rachida ? vous perdez votre temps. soyez content qu’ils nont pas le gout de pétrole,le gout de la guère et enfin le gout de misère.

    HOU.R

    Voir en ligne : les fraises d’espagnoles

  • Hervé 6 mai 2008 à 19:47

    "... y un modelo de autogestión, ya que es administrado por un patronato independiente de las autoridades políticas." Me parece que esto cambio últimamente, y que a día de hoy, es un junta nombrada por la junta de Andalucía que gestiona el parque. Lo que cambia poco, están haciendo una labor maravillosa.

    "Si realmente existe un delito ecológico, lo mejor es que lo denuncie en un Tribunal." De echo, últimamente fue denunciado el delito de los pozos furtivos y condenado.

    Par ailleurs, je ne crois pas que notre devoir de préservation de l’environnement puisse être limité régionalement. La belle Andalousie, comme de nombreuses autres régions fait un travail remarquable dans la protection de la nature. Par contre, peut on en dire autant de la cupidité de certains industriels ou cultivateurs d’ou qu’ils viennent ?

  • Daniel DURET 10 mai 2008 à 10:14

    Les délicieuses Gariguettes périgourdines, vantant le terroir des environs de Vergt(24), ont été et sont encore cultivées sur des terres désinfectées au Bromure de Méthyle...
    Avec la bénédiction des services de protection des végétaux...

    Actuellement les rayons des Leclerc regorgent de melons Marocains à 1,99€...
    Et tout le monde se précipite dessus !

    La bêtise humaine est sans limites !!!

    Voir en ligne : 30 ans que ça dure...

  • wintorp 13 mai 2008 à 20:56

    Bonjour,

    Il ne faudrait manger que des fruits et légumes de production locale, car les fruits et légumes vendus dans le sud de l’Espagne en Extremadure est Andalousie sur les marché sont vraiment extraordinaires en goûts et parfums, la fraise Gariguette ces de la rigolade, et je suis d’Antibes, je connais très bien les produits locaux de Provence qui sont excellents, c’est à croire qu’il y a de la production spécialement réservée au grandes surfaces, da basse qualité et trés peu de goût. A part cela je sais le trafic qui se fait dans la vente on deblisterise les conserve de fruits de mer en provenance d’Espagne et on les fait passer pour des produits Français de haute qualité, idem pour l’huile d’olive et la Tapenade.
    Alors c’est comparaisons ne mènent à rien. Il y d’excellents produits dans les 2 pays, le problème étant l’agriculture intensive pleine de pesticides et d’ogm, les centrales d’achat contrôlent tout et pressent les producteurs comme des citrons et les pousse a faire du bas de gamme.
    A +

  • 14 mai 2008 à 00:00

    Nous sommes d’accord, je ne m’attaque qu’aux fraises espagnoles produites hors saison, en Andalousie (comme les asperges et quelques autres fruits ou légumes) et dans des conditions dangereuses pour les ouvriers comme pour les consommateurs. Et de surcroit dégueulasses. Mais bon, même si l’agriculture bio n’est pas ce qui s’y porte le mieux, en Espagne il y a des choses mangeables. Et sans oublier que "des" producteurs français nous concoctent les mêmes saloperies.

    CMV

  • 19 mai 2008 à 11:34

    Des choses "mangeables"... ? Qu’est-ce que vous etes génereux !!! Vous etes pas objectif auparavant los produits provenants de hors la France, ça se voit et vous nie votre credit en partie.

  • 19 mai 2008 à 12:22

    Quand des produits sont bons ou "mangeables", je ne me préoccupe pas de connaitre leurs provenances. Le problème, pour les fraises ou pour d’autres fruits et légumes, c’est qu’il y a aussi mauvais en France. Avec une différence à mes yeux essentielle : il est écologiquement stupide (émission de gaz à effet de serre, par exemple) de faire faire des milliers de kilomètres à des fruits (fraises ou autres) pour consommer des produits "hors saisons".

    CMV

  • Eric 20 mai 2008 à 09:11

    Il n’y a certainement pas que les Fraises. Impossible de trouver de l’aubergine française. Impossible de trouver du poivron français. Presque impossible de trouver de la courgette française. Où va-t-on ?
    Sitôt la fraise espagnole terminée, on trouve de la fraise belge.
    On trouve aussi de l’aubergine hollandaise !
    Que fait la grande distribution française pour valoriser nos propres filières ?

  • 20 mai 2008 à 09:32

    Vous citez là des légumes qui, en ce mois de mai, ne sont pas de saison et ne devraient donc pas être consommé, qu’ils soient français ou d’origines étrangères. Pour les fraises, les françaises (bonnes ou plombées aux fongicides) sont présentes partout et de saison ;et il est regrettable que des consommateurs préfèrent un produit pollué et parcourant 1500 kiliomètres en camion.

    CMV

  • landaluze lucena 26 mai 2008 à 18:38

    “ Bravo et merci pour votre artcle très documenté. Juste une remarque : je pense que l’argument du goût n’est pas du tout efficace auprès des consommateurs pour justifier l’agriculture bio. Les chimistes sont capables aujourd’hui de fabriquer des produits correspondants exactement aux goûts (variables) des clients. J’ai personnellement goûté des fraises espagnoles d’une très grande saveur, bien plus goûteuses que des bio. Je suis certains qu’elles étaient bourrées de pesticides et autres poisons. Les enfants, en particulier, sont la cible principale des empoisonneurs. Les parents doivent prendre leurs responsabilités : on est capable aujourd’hui de fabriquer de très "bons" fruits plein d’ogm, de pesticides et autres poisons. Le prix ? dans le non-bio, vous payez 80% d’eau ! à 2€ le kilo ça fait cher le litre d’eau empoisonnée !!! ”

  • 26 mai 2008 à 18:54

    Je n’évoquais que le gout de ces fraises espagnoles forcées. Pour le reste, je sais que "le gout fraise" (ou autre) peut se recréer chimiquement.

    CMV

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