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Par Michel Soudais - 22 août 2009

L’espoir d’une gauche ni « nouvelle », ni vraiment « à gauche »

La droite du PS a planté son drapeau à Marseille : « Le moment est venu de dire les choses sans arrière-pensées. » A l’intention de ceux qui ne l’avaient pas encore compris (peut-être parce qu’ils étaient un peu trop en vacances), Vincent Peillon a enfoncé le clou, hier, en marge de l’ouverture de la réunion du courant qu’il dirige au sein du PS. Une semaine avant l’université d’été du PS à La Rochelle, « L’espoir à gauche » [1] (un tiers du parti) tient cette fin de semaine à Marseille son université d’été. Ou plus exactement ses « premiers ateliers d’été », selon l’appellation officielle choisie à dessein en référence à la Fabrica de Romano Prodi. Objectif : « Accoucher d’une nouvelle gauche. » Pas moins ! Une nouvelle gauche qui inclurait... le MoDem.

Cette question des alliances , que l’on croyait tranchée depuis le congrès de Reims [2], fera l’objet d’un débat cet après-midi. Doivent y participer Daniel Cohn-Bendit, la vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez, Robert Hue, qui a récemment créé le Nouvel espace progressiste pour retrouver enfin une présidence, et Christine Taubira qui représente plus elle-même que le PRG.

Débat ! Le mot paraît toutefois (à cette heure) inapproprié tant les positions des organisateurs et des intervenants les plus remuants sont voisines. En tout cas, les responsables de « L’espoir à gauche » ont déjà largement exposé leur position.

C’est le 15 août que Vincent Peillon a ouvert le feu, dans un entretien au Parisien : « Toutes les grandes victoires politiques ont supposé l’invention d’un nouveau système d’alliance », y déclarait-il. « Aujourd’hui, nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire qui va des communistes au MoDem. »

Pour justifier ce rapprochement avec le MoDem, Peillon a avancé depuis trois arguments :
- Le MoDem «  a très nettement dit ne pas soutenir la vision de la France de Nicolas Sarkozy ». Il n’a toutefois pas dit soutenir une vision de gauche. En marge des travaux, un des vice-président du MoDem, Jean-Luc Bennahmias, qui participait à un atelier, a d’ailleurs tenu à préciser que son parti « ne fait pas parti de l’union de la gauche ».
- « Il a voté la motion de censure avec nous. » Et même plutôt trois fois qu’une. Et alors, est-ce que c’est vraiment un critère ? Entre 1986 et 1988, le FN, qui avait 35 députés, a voté aussi des motions de censure contre le gouvernement de Jacques Chirac avec le PS, le PCF et les radicaux ; nul à gauche n’en avait conclu que l’extrême droite pouvait être utile pour former une alternative au chiraquisme. Aujourd’hui, le MoDem c’est combien de députés à l’Assemblée nationale ? Une demi main devrait vous suffire à trouver la réponse [3].
- « Il dirige certaines municipalités avec nous. » Hélàs oui... Et les autres avec l’UMP, il ne faudrait pas l’oublier car c’est même la majorité des communes dans lesquels le MoDem est aux commandes.

Un autre argument plus délicat à manier perce dans le discours de Vincent Peillon et de ses amis royalistes : ce large rassemblement serait « indispensable aux réformes profondes et difficiles » que le PS aurait à « conduire demain » s’il arrivait au pouvoir. Parmi ces « réformes structurelles très importantes à faire », M. Peillon cite naturellement la protection sociale et l’école. Mais n’en dit pas plus.

De l’avenir des retraites, il était justement question dans un atelier, hier, à Marseille. Et la tonalité des propos tenus par les animateurs, notamment le député de l’Ardèche Pascal Terrasse, était assez en phase avec l’expert Jean-Michel Charpin qui avait ouvert la discussion par cette injonction : « Il faut dire clairement et sans état d’âme qu’il faudra travailler plus longtemps. »

S’agissant de l’école, Vincent Peilon s’est prononcé dans le Parisien pour « une refondation républicaine » de celle-ci. Avec Bayrou qui, quand il était ministre de l’éducation nationale, voulait réhabiliter la loi Falloux, le pari est osé.

Mais à « L’Espoir à gauche » on n’est pas trop regardant sur ce genre de détail.

Notes

[1] C’est le nom de ce courant issu de la motion de Ségolène Royal au congrès de Reims.

[2] Benoît Hamon le rappelle ce matin dans un entretien au Parisien.

[3] Deux !! François Bayrou et Jean Lassalle.

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Commentaires de forum
  • C Morel Darleux 23 août 2009 à 13:06

    Et pendant ce temps, du côté des Verts, Cécile Duflot (in Libération, 29/07/09) entretient l’ambiguité : « Avec Europe Écologie, on sort du clivage traditionnel. Mais on n’oublie pas nos valeurs de gauche ; la justice sociale, l’égalité, la solidarité etc. »

    Ambiguité levée ce week end lors des journées d’été d’Europe Ecologie par Daniel Cohn Bendit qui déclare : « Vous voulez avoir une majorité, oui ou merde ? S’il faut ajouter le Modem, on ajoute le Modem. Si vous voulez une majorité, il faut aller chercher les gens où ils sont, et non pas là où vous êtes ! »

    Et même par José Bové : « Il faut qu’on soit capables de rassembler toutes les forces écolos de gauche et démocrate. »

    Rappelons enfin que le Parti Socialiste Européen, le 23/06/09, a changé de nom au Parlement Européen pour devenir l’ Alliance progressiste des socialistes et des démocrates.

    Sans commentaires...

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  • fortin claude 24 août 2009 à 15:04

    LA GAUCHE : Modem + Socialistes + VERTS + R. HUE + TAUBIRA = BOUILLIE DE CHAT !!
    Il est vraiment temps de ne plus se préoccuper de tous ces arrivistes !!! et surtout de ces "sourds" !!!

    en espèrant que le PCF ne tombe pas dans la soupe ? mais même celà j’en doute docteur !!! allez au boulot

    Claude Fortin ( courtry)

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  • Janick 24 août 2009 à 17:01

    Ah ! j’aime le "vous voulez une majorité oui ou merde" de D.Cohn Bendit.

    J’en ai rien à faire de ta majorité, ce que je veux c’est une société qui marche sur ses deux pieds et ne crée pas tant d’injustices, qui arrête de foutre en l’air ce que nous avions de mieux, la santé, les retraites, l’école, merde !

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  • C Morel Darleux 24 août 2009 à 21:15

    @ Janick

    ton indignation devrait être reconnue d’utilité publique...
    ça fait du bien, merci !

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  • David 24 août 2009 à 22:15

    Une belle usine à gaz en perspective...Pourvu qu’elle explose avant d’être terminée !

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  • michel 25 août 2009 à 09:34

    "La droite de la gauche" dites vous, ce n’est pas si sur !
    la difficulté à rassembler sous une bagnere, quelle qu’elle soit, ne suffit pas à aprehender l’orientation du contenu politique.
    Actuellement, on voit bien que ces orientations sont guidées par les opportunités et l’analyse immediate de l’actualité plus que par une analyse structurelle des besoins des Français. Il n’y a aucune raison objective pour que cela change, si ce n’est, par un profond mouvement populaire tel que l’a initié S. Royal et qui, malheureusement, est tenu en echec. Vincent Peillon peut il reprendre le flambeau ? rien n’est moins sur.

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  • José-Angel 27 août 2009 à 09:43

    Une alliance du PCF au Modem ... et surtout mes amis pas un mot sur les orientations politiques.
    C’est sûr que l’élan populaire qui arrive à 25,5% au premier tour des présidentielles s’est un sacré élan ... de prise de mur en pleine face avec dérapage incontrôlé sur la droite bigote

    Outre le baragouinage typiquement socdem pour ne rien dire, les primaires comme l’alliance de toute la gauche (sans certains tout de même) et touti cuanti sont le dernier avatar de ceux-qui-ne-pensent-plus qui s’adressent à ceux-qu’ils-veulent-qu’ils-ne-pensent-pas ... comme dirai l’autre j’m’comprends :)

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  • le Prolo du Biolo 29 août 2009 à 21:18

    Et tiens, si on rajoutait aussi l’UMP à cette bande de joyeux lurons, ça ne serait pas une belle union large et bonne ça ?

    L’union OK, mais pour quoi faire ?
    Pour tous foncer dans le mur ensemble ?

    L’union pour l’union et sans programme clair n’a aucun sens, ni aucune utilité.

    Mais ce que j’en dis...

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