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Par Erwan Manac’h - 16 janvier 2012

Triple A, « la France dans une machine infernale »

Trois jours après l’abaissement de la note de la France par Standard & Poor’s, Paul Jorion, anthropologue et économiste, estime qu’une spirale « imbécile » et dangereuse a commencé. Il en appelle à un « moratoire international » sur la dette.

Politis.fr : La perte du triple A est-elle un catastrophe ?

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Paul Jorion

AFP / Frank Perry

À l’intérieur du système tel qu’il est, oui. Mais la catastrophe est liée au pacte de stabilité européen. Parce que cette règle est écrite de telle manière que les taux exigés pour emprunter ne doivent pas être supérieurs au taux de croissance. Le déficit maximum est en effet calculé en fonction du PIB (3 %) et non pas des recettes de l’Etat. Si le taux d’intérêt s’élève au dessus du taux de croissance le rapport dette / PIB se dégrade inéluctablement. Avec la perte du triple A qui fera monter les taux d’intérêts, pour ne pas aggraver « l’infraction » par rapport au pacte de stabilité, la France devra connaître un taux de croissance encore plus élevé. C’est une imbécillité totale. Sans ce pacte de stabilité financière le coup serait beaucoup moins grave.

L’Italie, par exemple, est désormais à des taux de 5 ou 6 %, avec un exigence de croissance impossible à satisfaire. Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêts due à la perte du triple A va imposer un plan de rigueur qui va freiner la croissance. C’est ce que j’appelle l’effet ciseaux. D’un côté on fait baisser la croissance, ce qui conduit à une dégradation de la notation et la dégradation de la notation fait monter les taux d’intérêts. Plus il y a de rigueur, plus ça se dégrade. On a mis en place un machine infernale qui fait que ça ne peut qu’aller plus mal.

Quelle est la crédibilité d’agences de notations qui notaient déjà triple A les emprunts « pourris » qui ont provoqué la crise de 2008 ?

Elles sont crédibles aux yeux de la finance. Les financiers savent qu’on ne peut pas prévoir l’avenir et que la tâche d’une agence de notation est extrêmement difficile. Mais il vaut mieux qu’une évaluation soit faite plutôt que pas du tout. Les outils qu’utilisent les agences de notation sont assez statiques. Ils peuvent assez bien vous dire quelle est la situation aujourd’hui, mais il n’ont pas un grande « prédictivité ».

Les agences sont nées d’une exigence des États-Unis, qui en avaient besoin pour des fonds comme les assurances ou les fonds de pension, qui ont besoin d’une stabilité importante. C’est une bonne démarche. L’erreur qui a été commise est de confier cette mission d’évaluation au secteur privé. Parce que cela a généré des conflits d’intérêts. La loi de la concurrence joue aussi entre les différentes agences privées, qui se sont engagées à donner des notations dans des cas d’instruments financiers dont la complexité était telle que le calcul n’était pas faisable. Moody’s n’a pas voulu dire « je ne sais pas le faire » en se disant que S&P prétendrait qu’ils peuvent le faire, etc.

Mais les agences de notation représentent tout un système. C’est pour cela que je suis écoeuré quand je vois certains politiciens dire qu’ils veulent « déclarer la guerre aux agences de notation ». C’est affligeant. Le vrai problème, c’est le système lui-même et la mauvaise distribution de la richesse : le crédit a remplacé les salaires.

En pleine campagne électorale, la perte du triple A entraîne Sarkozy, Hollande et Bayrou dans une course à la « stabilité budgétaire ». Comment analysez-vous leurs positions ?

Mr Sarkozy a fait une analyse très juste en septembre 2008 en expliquant que le problème était que nous sommes dans une économie qui dépend trop du crédit car il y a une mauvaise répartition des richesses. Il avait parfaitement raison. Le problème est qu’il n’a pris aucune mesure par la suite, comme si il ne lisait pas ses propres discours.

Du côté de Sarkozy comme chez Hollande, le problème est qu’un plan de rigueur ne fait qu’aggraver la situation. C’est le contraire de la solution et cela enterre définitivement le système tel qu’il est. Il n’y a pas d’inéluctabilité, mais le « pacte de stabilité » a été inscrit dans les différents traités européens et l’Allemagne pousse les pays a l’inscrire dans leur constitution.

Plusieurs candidats défendent à l’inverse une monétisation de la dette, c’est à dire son rachat par la banque centrale qui émettrait pour cela de la monnaie (dans le cadre européen pour le Front de gauche ou à l’échelle française avec un retour au franc pour le Front national). Qu’en pensez-vous ?

C’est irresponsable, parce qu’il faut continuer quand même à maintenir un système en état de marche. Monétiser la dette c’est pousser le levier de l’hyperinflation. Le Wall Street Journal souligne aujourd’hui que la Banque centrale européenne (BCE) est déjà dans une situation assez précaire en raison de la mauvaise qualité des instruments financiers qu’elle a pris en pension. On ne peut pas continuer comme ça. C’est la BCE elle-même qui joue sa crédibilité. Il faut maintenant un moratoire sur la dette, qu’il soit simultané et international, au minimum à l’échelle de l’Union européenne.

Nota Bene :

Paul Jorion est auteur de nombreux ouvrage dont un de plus récents « Le capitalisme à l’agonie » (Fayard 2011) dessine la génèse de la crise de 2008 et avance plusieurs solutions.

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Commentaires de forum
  • Je partage le constat de Paul Jorion même si je le trouve limité sur le problème de la zone euro, il ne va pas assez au fond du problème et donc n’envisage pas la sortie de la France de l’Union Européenne et de l’euro.

    C’est non seulement la perte du triple A qui est une machine infernale, c’est la politique malthusienne de recours de manière permanente et indéfinie par les gouvernements à l’endettement. Cela dure depuis plus de trente années que ce soit la droite ou la guche même si depuis l’instauration de l’euro comme monnaie unique les choses se sont encore plus compliquées. De plus, les cinq dernières années de la mandature du Président Sarkozy, de part de politiques fiscales et économiques inadaptées bien souvent soutenues par des lois aberrantes (loi tepa, bouclier fiscal,...).

    La dégration de la note de la France mais aussi celles de nombreux pays de la zone euro (dont certains de deux crans) montre que la situation de la dette publique de nombreux états de l’UE n’est plus maitrisée. Ce que beaucoup de politiques oublient c’est que de l’endettement inconsidéré, du surendettement est une perte considérable de souveraineté, d’indépendance et de liberté pour les Etats-Nations et une remise en cause des acquis et des protections pour les générations futures ! Une dette c’est une dette et elle doit-être remboursée selon un échéancier au taux fixé par le marché selon la durée, le service et le risque. La seule possibilité de ne plus payer c’est soit que les créanciers annulent une partie de la dette soit que le débiteur fasse un défaut partiel ! La banqueroute n’est pas permise et autorisée pour notre pays et cela depuis le IXXème siècle et surtout nos textes actuels constitutionnels et organiques ne nous le permettent pas.

    Je ne crois pas aux appréciations morales et moralisatrices à fortes teneurs idéologiques qui séparent la dette en dette légitime, illégitime, odieuse et autres foutaises ! Toutes ces manipulations verbales ne reposent sur aucune réalité juridique ni économique !

    Comme le dit Paul Jorion, les taux d’intérêt vont mécaniquement augmenter que se soit les taux à trois ans, le spreads à 10 ans ou les taux à 20 ans. Ces taux d’intérêt vont allourdir la charge de la dette dans le budget de l’état.

    La dégradation de la note de la France va aussi affecter et aussi géner des organismes tels que la sécurité sociale, les caisses de retraite et de prévoyance mais aussi les collectivités locales ou des entreprises publiques comme la Poste ou la Sncf qui ont recours à l’endettement et dont l’Etat est le garant. Il va en être de même pour les entreprises dont l’Etat est actionnaire majoritaire ou minoritaire ou en minorité de blocage telles que France Télécom, Aréva ou Renault. Donc l’effet de dégradation va s’amplifier et devenir l’effet de déflagration.

    Oui les agences de notation sont crédibles aux yeux des marchés et des organismes prêteurs. Elles doivent être entendues par les politiques.

    Rien ne sert de les constester, de vouloir leur fermeture ou encore de les accuser de tous les maux actuels ! Je dirai même que poltiiquement c’est une erreur et juridiquement infondé ! Aller faire le "cirque" médiatique devant les agences de notation, comme le font mes amis du Parti de Gauche et du Front de gauche ne rime à rien ! Je dirai même que c’est totalement improductif et surtout démontre beaucoup de puérilité !

    La Cour des comptes, notre plus haute juridiction financière ne manque pas de rappeler les politiques, les gouvernants et le législateur sur l’état d’endettement du pays. Leur dernier rapport annuel public 2011 le précise clairement : "La situation préoccupante des comptes publics, dans un contexte marqué par de fortes tensions au sein de la zone euro, impose d’accorder une attention particulière à la trajectoire des finances publiques décrite dans les lois de programmation. La dette publique dépasse 1 600 Md€14 et le chemin pouvant conduire d’un déficit de l’ordre de 7,7 % du PIB en 2010 selon la prévision du Gouvernement, à un déficit de 3,0 % en 2013, puis à l’équilibre des comptes, impose de réaliser un effort deredressement considérable."

    Quand je vois que certains politiques constestent même la réalité des dettes et bien je me dis qu’un épais brouillard d’inepties a envahi de nombreux cerveaux . C’est un peu habituel en période de crise et aussi en période électorale surtout présidentielle mais là c’est tout les records d’inepties qui sont battus !

    Le problème de la dette c’est que les Etats conduisent des politiques sans aucune vision macro économique et sans stratégie fiscale et sociale. Depuis que la France a accepté le tout européen et donc a abandonné une grande partie de sa souveraineté et en premier lieu sa monnaie et que l’unicité monétaire puis budgétaire à succéder à l’unicité économique et bien la France est en perdition. Le règne du marché libre et du libre échange voilà ce qu’est l’Europe du Traité de Rome, de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, de Lisbonne ! Bref, l’UE est totalitaire dans son processus de réalisation et de finalité comme dans le système de résolution des crises. De plus, l’UE et l’euro sont les nouvelles prisons des peuples, fossoyeurs de la souveraineté des Etats-Nations et des économies productives.

    La France s’est aussi désindustrialisée et cela depuis le milieu des années 70. Le 6ème plan en est le tournant dramatique ! La part de l’industrie ne représente plus que 12,5% et l’agriculture à peine 3 % ! Comment voulez-vous que notre pays s’en sorte, redevienne conquérant, regagne son marché intérieur et crée massivement des emplois ? Toutes les politiques actuelles de gauche, de droite, du centre ou de l’extrème droite passent à côte de sursaut de réindustrialisation et de souveraineté à faire !

    Nous devons (re)constituer notre capital industriel et protégé nos marchés. Tout l’argent doit aller à l’investissement productif et notamment industriel !

    Pourquoi l’Allemagne, s’en sort mieux que nous parce qu’elle a encore une forte industrie lourde, manufacturière et exportatrice d’une part et surtout elle a crée "in europe" sa zone d’influence tant économique que politique (ex pays de l’est, pays du centre et du nord de l’europe) d’une part et recherche le "grand large" à l’est avec les accords d’ouverture de marché que lui offrent la Russie et l’Ukraine.

    La seule issue pour notre pays c’est la sortie négocié de l’UE sur la base de l’article 50 du TSUE(vc) et selon les dispositions prévues à l’article 218 paragraphe 3 du TSFUE(vc) et sur une sortie de l’euro concertée (système de démontage progressif, double monnaie puis monnaie nationale avec à côté une monnaie de réserve et d’échange l’euro).

    Une fois que la France sera sortie de l’UE et de l’euro, elle retrouvera des marges de manoeuvre, une liberté et une souveraineté tant monétaire que budgétaire sans oublier qu’elle pourra mettre en place une politique économique notamment industrielle souveraine et protégée.

    L’urgence doit être à la (re)constitution de notre capital industriel, au désendettement et au plein retour à notre souveraineté d’Etat-Nation tant sur la monnaie, que sur les marchés.

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    •  

      Ah ! Sonnia Bastille...Toujours des longts discours aveugle et cet enfermement dans les lois ! Mais vous oubliez toujours qu’elles peuvent êtres changées. Vous êtes la main des marchés ? En tout cas, dans la pensée embrigadée, vous êtes leur protecteur.

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      •  

        @laforcedupeuple

        J’aurai aimé que vous argumentez ... mais hélas encore une fois c’est toujours l’anathème et la volonté de disqualifier les propos des autres !

        "En tout cas, dans la pensée ambrigadée, vouas êtes leur protecteur." Je pourrais vous retourner ce compliment... ! Mais je ne le ferai pas...

        Non, je constate et j’analyse ! A l’inverse de nombreux militants du FdG, je ne suis absolument pas moutonnière et aussi contrairement à eux, je ne me réfugie pas dans un caisson idéologique où duquel on laisse échapper des vapeurs à base de slogans, de phrase idéologique du prêt en penser tout faits etc...

        Les lois peuvent-être changées oui tout à fait... Mais tant qu’elles ne le sont pas et bien nous devons tenir compte des lois actuelles ! Et toute loi doit être conforme à l’état de droit et à notre constitution, au bloc de constitutionnalité devrais-je dire et aussi à nos engagements internationaux et traités.

        La dérive verbale, empêche de voir que l’agence de notation Standard and Poor’s a émis un avis qui si on se donne la peine de lire l’intégralité du rapport et bien montre que cette agence ne prone pas l’austérité et aussi avance un avis qui pourrait-être partagé par Jean-Luc Mélenchon.

        L’agence montre que c’est le différenciel de compétitivité entre certains pays du Sud de l’UE tel que la France et certains pays du nord de l’UE tel que l’Allemagne qui est la conséquence de nombreuses difficultés de l’économie française. C’est ce dfiférentiel qui amène la dégradation de la note !

        La France a perdu en 30 ans plus de la moitié de son captial industriel, de sa richesse industrielle suite à des politiques malthusiennes. L’Allemagne a un secteur industriel supérieur à 2 fois le nôtre et je ne parle même pas de sa forte capacité à exporter.

        Au lieu d’aller crier contre les agences de notation ou d’aller réclamer une guerre à la finance (là nous tombons dans la gloriole et le comique même pas troupier ! :-) ) et bien les politiques ,quelqu’ils soient, devraient se pancher sur la (re)constitution du capital industriel de notre pays et aussi sur son capital agricole et d’économie rurale. Mobiliser, l’argent des banques, l’épargne des français, redevenir souverain tant monétairement qu’économiquement en sortant de l’UE et de l’euro et en protégeant nos marchés et en premier lieu en procédant à la reconquête de notre marché intérieur.

        Pourquoi ne pas envisager la constitution de fonds d’investissements d’entreprise abondés par leurs réserves ? Pourquoi ne pas envisager la constitution de fonds d’investissement salariaux abondés par une part de salaire ou de primes ? Ces fonds d’investissement seraient placés auprès d’une banque nationale d’investissement qui financerait de manière mutualisée les investissements dans le cadre des contrats de plan.

        La crise actuelle est due à un surendettement et aussi à la disparition des économies productives (industrielles notamment) pour de nombreux pays européens du sud. Mais aussi en raison du fort différentiel entre la compétitivité de l’économie Allemande et celle de l’économie Française notamment dans l’industrie.

        Deux solutions sont possibles pour ajuster au niveau de la compétitivité :

        Nous restons dans l’euro et l’UE et bien l’ajustement se fera par les politiques d’austérité.

        Nous sortons de l’euro et de l’UE et bien l’ajustement se fera pas des dévaluations et des souplesses monétaires (comme dans l’ancien SME). Nous pourrions alors gérer notre monnaie nationale, le Franc, en fonction de nos politiques économiques et financières. De plus, redevenir souverain sur la monnaie fait que nous pourrions injecter de l’argent dans l’économie à hauteur de 3,5 % du PIB et éviter toute dérive inflationniste. La (re)constitution de notre capital industriel et la protection de nos marchés en sera que plus facilitées !

        Vous voyez, je suis Magistrat mais aussi j’ai des propositions... j’attends les vôtres !

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        •  

          Je partage votre analyse Sonia Bastille...
          Cet UE est devenue le piège des petits salariés , des paysans .
          L’indépendance de la BCE ? Foutaise : n’empêche même pas les dérives budgétaires , les gaspillages ,(vous citiez Aréva : une bévue à 2 MM d’euros...cf MdP)les balances commerciales abyssalement déficitaires .
          Nous refusons tout protectionnisme ? Toutes nos entreprises ferment et délocalisent .
          On nous raconte qu’un emploi sur 4 est lié à l’exportation .
          Les chiffres sont truqués mélangent chiffres d’affaire et plus values, PIB et taux d’ouverture .
          Ainsi Singapour exporterait 359 MM$ pour un PIB de 182MM$. ! (cf le Diplo)
          Seule l’Allemagne largement hégémonique et exportatrice et ses rentiers profitent de l’euro et de sa gestion ...Nous , nous sommes dans le cas de figure grec ce qui risque de nous projeter dans le fascisme à plus ou moins court terme .
          Alors qu’en protégeant nos frontières c’est le contraire qui se passe : les multinationales n’ont d’autres ressources que d’installer dans notre pays des centres de production ....Et nous de redémarrer notre économie .
          Vous avez raison mais je ne suis pas du tout optimiste : nous allons nous prendre la cata en pleine figure et malheureusement ce sont les couches modestes de la société qui trinquent et vont continuer à payer .
          Mais que sont elles pour ces élites gavées et bornées ?
          Gm.

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          •  

            @ Gros minet

            L’UE est non seulement un piège pour les petits salariés, les paysans... Je pense que l’UE et l’euro sont les nouvelles prisons des peuples, les fossoyeurs de la souveraineté des Etats-Nation et du peuple citoyen mais aussi de l’économie productive.

            L’exigence et l’urgence d’un sursaut doit être en faveur de notre souveraineté nationale et monétaire et en faveur de la (re)constitution de notre capital industriel ! Si l’on n’entreprend pas ce sursaut et bien, c’est peine perdue pour la suite et la France ne sera plus grand chose et surtout ne pourra ni affronter économique et financièrement l’Allemagne mais sera aussi dépassée par des pays comme le Brésil, l’Inde, la Russie, le Canada ou encore la Corée du Sud qui eux développent une industrie lourde et exportent !

            Les politiques parlent de re-industrialisation mais de manière tellement détachée, sans avoir pris la mesure de l’urgence et de l’importance et bien cela est franchement désespérant. L’air du temps est à l’idéologie facile et au refus de la production donc, le sursaut n’est pas pour demain. Les politiques d’ajustement par l’austérité continueront et feront les dégats que l’on connait !

            Quand je vois que des responsables du Front de GAuche et son candidat Jean-Luc Mélenchon qui ont- à juste titre - des critiques dures et acerbes contre le système économique et financier mais qui sont totalement timorés (ou alors tellement ambigüs) sur les questions européennes et sur la crise de la zone euro et bien je me dis que la gauche dite "radicale" n’est pas prêt à reconquérir l’électorat populaire, les ouvriers, les paysans qui soit s’abstiennent soit votent Front national. Je vous rejoins donc sur l’issue pessimiste par rapport à l’UE.

            Je pense que l’urgence pour que notre pays puisse sortir de la crise et se ré-industrialiser et bien, c’est que la France quitte l’UE et l’euro et entreprenne la reconquête de sa souveraineté et engage un processus de reconstitution de son capital industriel.

            L’urgence c’est à Investir pour produire afin de redistribuer et partager pour consommer et faire solidarité demain.

            je ne me préoccupe absolument pas de ceux qui me lancent des anathème ou qui m’étiquettent "conservatrice", "infiltrée", "extrème droite", "troll", "pas digne d’être du Front de Gauche" et j’en passe et des meilleures. Je n’y réponds pas vu que mes zélés pourfendeurs n’argumentent jamais et lorsqu’ils y essaient et bien c’est pas tristounet ! Il faut bien rire un peu en ces temps de morosité, d’inquiétude même si je pense que le militantisme nécessite un peu d’effort, un travail rigoureux de recherche argumentaire et aussi de point de vue qui tient compte du réel. Jean-Jaurès disait "Aller à l’idéal mais comprendre le réel" . j’ai bien peur que certains commentaires militants(?) veulent aller à l’idéal (quel idéal d’ailleurs ? le savent-ils ?) mais semblent ignorer le réel ! Pour ma part, je me situe toujours dans un processus d’intellectualisation et d’action que l’on pourrait résumer ainsi : rechercher, étudier, analyser, comprendre, vouloir, proposer, agir et après confronter à la réalité et ajuster ! Un processus rationnel et réaliste au service d’un idéal et d’un projet.

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  • Au de la des justifications techniques et des explications systémiques, tout se passe comme si, inconsciemment, les agences de notations sanctionnent la politique menée depuis plusieurs années par le locataire de l’Élysée parce qu’elle ne satisfait pas le marché financier dans son attente.

    Ainsi chacun découvre que la règle d’or n’est pas suffisante si elle n’intègre que la diminution des dépenses et que les recettes ne suivent pas.

    Le bon sens voudrait que c’est l’équilibre d’un budget et la fiabilité de la capacité à rembourser la dette qui sécurise les prêteurs et pas seulement l’idéologie de la réduction des budgets de l’état et du nombre de fonctionnaires.

    Ainsi, l’Allemagne est plus endettée que la France, mais la balance commerciale de nos voisins et clients est excédentaire, ce qui présente une garantie vis-à-vis des créanciers, car l’argent rentre et comme le dit l’adage populaire : « on ne prête qu’aux riches ».

    Une des conséquences supplémentaires est qu’indirectement, les acteurs du marché financier ont décrédibilisé un peu plus celui qui s’est donné tant de mal à leur complaire pendant toutes ces années.

    Effet induit de la décision des agences de notations, François Hollande, héritier politique socialiste de D$K, devient implicitement le favori de l’économie financiarisée et de son oligarchie qui semble "lâcher" son idole.

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  • ne jamais oublier qu’une crise économique peut amener une crise politique catastrophique. Voir les années 30.
    En attendant, le bonimenteur en chef de l’Elysée joue à l’artificier mais ces artifices sont grossiers ; seuls les gogos et les amnésiques peuvent encore se laisser berner.

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