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Par Erwan Manac’h - 8 novembre 2011

Les « Indignés » à la Défense

Malgré le froid, une poignée de militants a passé, le 8 novembre au soir, une 4e nuit au pied des marches de l’arche de la Défense, dans le quartier des affaires de la capitale. Reportage.

Ils sont glacés et peu nombreux, mais ils ont répondu présent. Pour le symbole, plusieurs centaines d’« indignés » ont installé vendredi 4 novembre un campement au pied des marches de l’arche de la Défense, dans le quartier des affaires du même nom (Hauts-de-Seine).

Le froid et la pluie, les premières nuits, n’ont pas dissuadé quelques dizaines d’ « indignés », venus de loin pour une bonne partie, d’assurer la permanence sur le campement. Après la marche des Indignés partie d’Espagne en juillet, qui a convergé vers Bruxelles le 15 octobre, beaucoup s’étaient retrouvés la semaine dernière à Nice pour le « forum des Peuples » contre le G20 de Cannes. À Paris désormais, pendant la journée, ils reçoivent le soutien de quelques centaines de personnes réunies en assemblée générale.

La police occupe elle aussi ostensiblement l’imposante dalle de béton au cœur du quartier des affaires. Elle empêche par la force (voir l’édifiante vidéo en fin d’article) toute tentative d’installation de campement ou abris de fortune, en confisquant systématiquement les tentes. Vendredi, la charge des forces de l’ordre a fait deux blessés parmi les manifestants ; la nourriture a été confisquée le premier soir. Le campement s’organise désormais à même le sol sur des dizaines de cartons, que la police confisque également lorsque l’installation devient trop imposante. « Nous sommes obligés d’avoir de la chaleur humaine, vu le froid qu’il fait ici la nuit, raconte « Satorumono », Lillois d’origine. Alors on dort "collé serré", nous essayons de nous protéger. »

« "Si faire l’amour tous les cinq ans ce n’est pas une vie sexuelle, voter tous les cinq ans ce n’est pas une démocratie", reprend Maéva, citant un slogan espagnol pour expliquer l’aspiration du mouvement pour une « démocratie réelle ». La démocratie représentative est une démission, nos rêves ne tiennent pas dans leurs urnes. Nous voulons construire ensemble une alternative, en dehors du pouvoir. »

Les regards sont désormais tournés vers la date du vendredi 11/11/11. Une journée mondiale de mobilisation a été annoncée après le succès symbolique de la journée du 15 octobre.


L’intervention policière du 4 novembre, par neorush2011 :

Nota Bene :

Photo : AFP / Johanna Leguerre

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Commentaires de forum
  • S’unir ou subir

    L’attention politique et médiatique portée en France sur « le Printemps Arabe » est proportionnellement inverse à celle portée sur les quartiers populaires et les populations qui y vivent. Les peuples arabes qui étaient présentés comme pris entre le marteau islamiste et l’enclume des régimes autoritaires démontrent la possibilité de tracer d’autres chemins autonomes...

    En Europe on s’extasie sur ces soulèvements populaires qui reprennent en partie des mots d’ordre d’inspiration démocratique. Les quartiers populaires qui depuis des décennies n’ont pas cessé d’être le lieu de luttes sociales et politiques réclamant l’Égalité réelle, la Justice et la Dignité ont été à l’inverse, et sont toujours, la cible d’une répression politique aussi violente qu’absente de la Une.

    La politique classique et efficace du « diviser pour mieux régner » est devenue la Loi des Quartiers : Hommes/Femmes, Musulmans/non-musulmans, Noirs/Blancs, Noirs/Arabes, Chômeurs/Salariés, Jeunes/Vieux, Français/Étrangers...les affrontements font plus de morts que la Police nationale.

    Face au clientélisme politique et à sa comparse idéologique « la diversité », face à la politique sécuritaire comme seul service public, nous réaffirmons la possibilité d’autres chemins, d’autres politiques, d’autres discours.

    Le racisme et la xénophobie d’état s’expriment et s’appliquent sans complexe à travers un arsenal de lois aussi répressives que médiatiques,
    les classes populaires sont désignées comme le nouvel ennemi intérieur que l’Etat s’est donné pour mission de mater et dresser. Quant à la Gauche et son extrême, elles n’ont fait que creuser un fossé avec les quartiers populaires tout en se gaussant de les représenter du fond de leur centre-ville. La droitisation de la société française rend acceptable une politique de criminalisation de la pauvreté. En somme le contexte politique se prête au mieux, à un abandon des quartiers , au pire à punir les classes populaires. L’assignation des mouvements issus des quartiers et de l’immigration à une position de contestation vaine et infantile a pour but de décrédibiliser et d’étouffer toutes initiatives politiques qui pourraient émerger de ces territoires. Il n’est pas anodin qu’à l’approche des prochaines échéances électorales les petites mains jaunes de SOS racisme, les appels et les déclarations de bonnes intentions en direction des quartiers, soient de retour avec leur démarche folklorique, bon enfant et avant tout électoraliste. La Responsabilité comme langage et pratique dans nos quartiers nous incombe de réaffirmer que le changement est ailleurs. Dans les quartiers, au sein des classes populaires et non pas dans les états-majors politiques de centreville.

    Les émeutes de 2005, et celles plus proches, ne sont qu’une illustration des plus tragiques de l’échec de la politique de la Ville en oeuvre depuis trois décades en France. C’est aussi et en partie, le reflet de notre impossibilité à imposer à l’échelle nationale la question des quartiers populaires comme priorité nationale et non pas seulement sous l’angle du faits divers et de la réserve électorale pour la Gauche.

    La réponse se trouve tout comme les soulèvement de l’autre coté de la Méditerranée en notre sein : les habitants des quartiers qui sont les plus à même de maitriser leur destin et leur territoire. L’autonomie des luttes, la responsabilité de nous-mêmes et de nos proches sont les premiers pas de ce chemin que Nous tracerons. La quatrième édition du Forum Social des Quartiers Populaires entend à sa hauteur contribuer à ce Printemps qui ne fait que commencer, en d’autres termes deux issues se profilent à l’horizon de nos banlieues : s’unir ou subir.
    www.fsqp.fr

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  • un dessin pour tenir dans le froid

    http://www.olivox.com/bd/w70/index4.html

    à force de refuser de nous donner des miettes, on pourrait bien repartir avec la boulangerie...

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