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Par Christine Tréguier - 17 octobre 2012

Open Data, le ferment d’une révolution ? 

« Open Data La Conférence », le premier colloque autour des enjeux de l’ouverture des données sur internet, s’est tenu à Bercy le 27 septembre.

L’Open Data (OD) ou ouverture des données publiques (et privées) est l’un des derniers gros enjeux posés sur la table de la société numérique. « Open Data La Conférence », le premier colloque du genre, s’est tenu à Bercy le 27 septembre, et a permis de faire un point sur les conséquences de ce mouvement (irréversible ?) et sur les nombreuses questions, problèmes et attentes qu’il suscite. 

Très succinctement, de quoi s’agit-il ? De libérer (rendre publiques) les données des administrations, agences d’état, collectivités locales, etc. Objectif côté État : se moderniser, offrir aux citoyens données utiles et nouveaux services, et y intégrer les informations qu’ils peuvent fournir en retour. Mais l’OD change aussi considérablement la donne. L’État va devoir faire la transparence sur son fonctionnement, pas seulement sur les données qu’il génère mais aussi sur les budgets, les contrats passés, ou les frais des parlementaires, pour ne donner qu’un exemple très médiatisé. Adieu la bureaucratie à la Kafka, bonjour l’« open État » respectueux du citoyen. Comme l’a fort bien expliqué Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFrap), on en est encore loin, parfois, et les administrations ne s’ouvrent pas toujours aussi spontanément que le souhaiteraient les citoyens. Exemple : Fourmi Santé. En mettant en ligne un comparateur pour choisir son médecin en fonction du tarif, la jeune start-up a déclenché l’ire de la Sécu, qui lui a illico intenté un procès pour « concurrence déloyale » et usage de fichier propriétaire. 

Sur le web :

- Le site « Open Data la conférence »

- Le site deFourmi Santé

- Tout savoir sur l’Open data(en anglais)

Si le droit d’auteur est un obstacle qu’il va bien falloir lever, les us politiques en sont un autre. La transparence n’y coule pas de source. «  Lorsque nous avons commencé à publier certaines datas du gouvernement, a raconté Nigel Shadbolt, pionnier anglais de l’OD, c’était illégal et nous avons eu les pires ennuis. » Puis le gouvernement a compris tout l’intérêt de la chose, grâce à quelques succès – comme la réduction des maladies nosocomiales dans les hôpitaux ou les programmes locaux anti-obésité –, et l’équipe de Shadbolt s’est retrouvée aux manettes des sites (souvent expérimentaux) de l’OD anglais. Pourvu que la France suive l’exemple. Le troisième gros écueil est la protection de la vie privée lorsqu’il s’agit de données personnelles, voire sensibles. Un code strict et des sanctions en cas de non-respect vont devoir être définis. La Cnil veille mais, selon les camps, on la trouve trop laxiste ou trop rigide. 

Autres acteurs intéressés, les entreprises. Le marché de la sous-traitance des datas, de leur mise en forme et en graphiques pour qu’elles soient compréhensibles pour tous est énorme. De même que le marché des futurs services et applications pour les usagers. On parle là de Big Data, d’informatique en nuage (cloud), et de milliards d’euros de profits espérés. On trouve donc de grandes entreprises comme IBM, Orange ou Thalès, en première ligne aux côtés des collectivités et même des associations, pour expérimenter et comprendre à la source quelles sont les données et les services utiles, donc bankables.

Les intérêts se croisant, tout le monde semble d’accord pour que la révolution advienne. L’OD étant intrinsèquement viral, les vieux verrous pourraient sauter. Optimisme béat ? Peut-être pas. On en veut pour preuve les vidéos diffusées lors du premier Open Government Data – à Varsovie, en octobre 2011, qui a réuni 400 participants et 40 pays. Elles émanent de l’Open Knowledge Foundation, une ONG plutôt radicale qui œuvre au partage des savoirs libres dans la société digitale.

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